Description historique
L'existence du premier logis de la ferme est attestée à partir de la fin du 16e siècle : la cheminée à écu millésimé de l'étage situe sa construction en 1586 et témoigne du statut social assez élevé de son propriétaire.£Les sources d'archive de cette époque font mention d'un certain Guyon de Maleville, riche tenancier qui s’intitule « sieur de Couderc » (Aquioupou 2002, p. 90). A la fin du 16e siècle, il marie sa fille avec un notable issu d’une famille d’hommes de loi de la région de Sousceyrac qui compte plusieurs notaires, juges, avocats ou procureurs. C’est sans doute à cette héritière des Malleville et à son époux, Jean de Venrias, qu’il faut attribuer la construction de la demeure à cheminée ornée. Le domaine passe ensuite à l'une des branches de la famille noble d'Araqui, qui compte parmi les plus importantes du nord-est du Quercy. Vassaux et proches des vicomtes de Turenne, les d'Araqui détenaient initialement des droits sur la coseignerie de Sainte-Spérie (nom ancien de l'actuelle ville de Saint-Céré) et se placent ainsi comme des successeurs ou descendants probables du lignage des chevaliers de Saint-Céré (Pressouyre 1979, p. 251-252). C'est dans le premier quart du 17e siècle que l'un des membres de cette famille, noble Guyon d'Araqui, écuyer et sieur de Bargade, s'installe à Couderc suite à son mariage en 1623 avec Rose de Venrias, petite fille du sieur de Maleville (Aquioupou 2002, p. 90-91). Au début du 19e siècle, le domaine est la propriété de Jean-Pierre d'Araqui, dit "sieur de Couderc" ou "Monsieur de Couderc". Outre la vieille demeure familiale, ce dernier possède une deuxième maison plus récente dans laquelle il aurait établi sa résidence principale (Aquioupou 2002, p. 93). Elle figure au cadastre de 1826, associée à l'ancien manoir, à un fournil et à une vaste grange-étable.£Les édifices qui composaient la ferme en 1826 ont conservé leur emprise spatiale et une grande partie de leurs élévations, à l'exception du logis principal, ou manoir, qui subsiste à l'état de vestiges au sein d'un jardin d'agrément (ruines actuellement stabilisées et protégées). Le bâti ancien témoigne de plusieurs phases de construction qui remontent à la période moderne. Les cheminées du premier logis, engagées dans le mur latéral est, appartiennent à un même état datable du dernier quart du 16e siècle. En revanche, la tour circulaire hors-oeuvre, qui confère à l'édifice une allure de petit manoir, est une adjonction ultérieure venant s’appuyer contre le mur est du corps de logis. Les baies et canonnières conservées en place attestent d’une campagne de construction probablement réalisée au 17e siècle, laquelle aurait peut-être transformé l’ancienne maison de notable en demeure fortifiée. Il semble raisonnable d'établir un lien entre cette transformation et l'installation d'un membre de la famille noble d'Araqui dans les années 1620.£La structure d’époque moderne a fait l'objet d'importants remaniements avant le début du 19e siècle : en témoignent les vestiges de la façade principale, partiellement reconstruite en moellons équarris de granite, et ceux de la façade postérieure qui conservent les restes d’une souillarde hors-œuvre. Ces éléments pourraient êtres issus d’une même campagne de travaux intervenue au 18e siècle.£La grange-étable associée au manoir date également de la période moderne. Elle comporte une partie nord plus ancienne, prolongée vers le sud dans un second temps. La forme des ouvertures chanfreinées et le volume général du bâtiment, initialement pourvu d'un toit en pente raide, plaident en faveur d'une datation du 17e siècle. L'extension sud, difficilement datable, est réalisée avant le deuxième quart du 19e siècle.£Le fournil conserve un linteau millésimé "1770" couvrant la porte d’entrée. Cependant, il est difficile d'exclure l'hypothèse d'un remploi ou d'un remontage tardif. A défaut d'autres éléments déterminants, et à l'appui du cadastre de 1826, on peut tout au plus situer l'aménagement du four avant le deuxième quart du 19e siècle. Le comble et la toiture ont été remaniés après cette date.£La maison construite à proximité du manoir apparaît avec son emprise actuelle sur le plan cadastral de 1826. Le millésime "1817", relevé sur la porte bâtarde du premier niveau, pourrait correspondre à la date de construction. C'est du moins ce que laisse entendre le testament olographe de Jean-Pierre d'Araqui, rédigé peu avant sa mort en 1833, par lequel il lègue sa "maison neuve" de Couderc à la fabrique de Calviac (Aquioupou 2002, 94). Cependant, si l'édifice présente des caractères architecturaux du début du 19e siècle (plan double en profondeur, forme des baies), des travaux réalisés dans le courant du 19e siècle ont partiellement modifié la façade principale (fenêtre de l'étage) et le volume global de la structure. Ils ont notamment consisté à aménager un comble à surcroît, par le rehaussement des murs gouttereaux et l'arasement des pignons d'origine en pente raide (traces de reprise des maçonneries en partie haute). Ces remaniements sont sans doute consécutifs à la vente, vers 1863, de l'ancienne maison d'Araqui par la fabrique de Calviac, pour financer la construction d'une école primaire (A.D. Lot, 2O68/1). Cédé à un certain Pierre Asfaux, en échange d'un bâtiment situé dans le bourg de Calviac, l'édifice a probablement été restauré et modernisé après cette date. Il a enfin été agrandit vers l'est à une période récente.