Description historique
Le projet de cette voie remonte à la Révolution. Cependant, son percement ne s'est effectué qu'au 19e siècle, en quatre phases successives. ££Le premier tronçon, du boulevard Bessonneau à la place du Pilori, est prévu dans les ventes des biens nationaux, sur les jardins des couvents des Ursulines et des Cordeliers. Commencé vers 1802, il est effectif sur le plan d'Angers dû à Rudemare en 1813. Les édifices alors construits en bordure n'obéissent pas à des prescriptions particulières : ce sont presque exclusivement des hôtels particuliers établis sur des parcelles importantes, comme l'hôtel Joubert (12, rue Chevreul) , dont les plans sont datés de 1808.££Le deuxième et le troisième tronçon, de la place du Pilori à la rue du Cornet et de celle-ci à la rue Boisnet, sont décidés en 1829. Contrairement à la première partie, le percement s'effectue dans un tissu bâti préexistant (habitat de notable d'après le parcellaire). L'opération devait être prise en charge par la municipalité, mais cette dernière tergiverse devant le coût des expropriations. ££Les travaux commencent en définitive vers 1832 par le troisième tronçon, entre rue du Cornet et rue Boisnet, que réalisent deux personnes privées, l'orfèvre Jules Bordier et l'architecte Mathurin Binet : un ensemble concerté d'immeubles derrière une façade uniforme, dont l'étroitesse de gabarit (pour la plupart) est certainement à relier au caractère spéculatif de l'opération. L'angle nord avec la rue Boisnet (25 à 29 rue du Mail) sera entrepris ultérieurement, vers 1848 : une rupture d'épannelage est observable au n° 29, où la façade - s'interrompant au-dessus de l'entresol - habille les communs d'un hôtel de la rue Boisnet (n°25). Une interruption du front sud sera opérée en 1876 lors de la prolongation de la rue Parcheminerie.££La municipalité prend finalement en charge le deuxième tronçon vers 1836 : cette partie entre la place du Pilori et la rue du Cornet est réalisée avec façades imposées par l'architecte de la ville, Bienfaisant Thierry, et s'achève vers 1839 (date portée sur l'immeuble d'angle avec la rue des Poëliers, 64 rue du Mail) , à l'exception de l'immeuble d'angle avec la place du Pilori qui n'est édifié qu'en 1867 (65, rue du Mail - 8, place du Pilori). ££Mais les deux opérations menées séparément ont engendré des problèmes de nivellement au point qu'un pont avait même été envisagé pour enjamber la rue du Cornet ; encore observables aujourd'hui à ce carrefour, les différences de pentes attestent la mauvaise coordination entre les protagonistes. ££Le quatrième tronçon de la rue du Mail, entre la rue Boisnet et le quai Gambetta, est entrepris à partir de 1852 dans le cadre de la création du quartier des Luisettes - triangle constitué par la rue Boisnet, le quai Gambetta et le boulevard Ayrault - sur d'anciens terrains inondables (prés de l'hôpital Saint-Jean). Les constructions sont hétérogènes, maisons, immeubles, entreprises artisanales et commerciales, édifiées tout au long de la seconde moitié du 19e siècle.££Dans le dernier quart du 20e siècle, les parties haute et basse de la rue (premier et quatrième tronçons) ont fait l'objet d'amples reconstructions qui se poursuivent encore (hôtel de ville en 1981, siège de la communauté d'agglomération en vis-à-vis, puis grands immeubles de la ZAC Thiers-Boisnet depuis les années 1990). La partie intermédiaire aux façades concertées (deuxième et troisième tronçons) a subi de nombreux ravalements touchant la moitié des élévations.