Commentaire descriptif de l'édifice
Artère de communication privilégiée vers la vallée de la Loire, la rivière est aménagée afin de faciliter la navigation. Dès la fin du XVe siècle, le projet est évoqué. Au XVIe siècle, entre Laval et Château-Gontier, les différentes chaussées sont équipées de portes marinières permettant le passage des bateaux. Plus tard, le cardinal Mazarin, duc de Mayenne souhaite, en 1654, rendre la rivière navigable jusqu'à Mayenne. Le projet n'aboutit pas. A Laval, plusieurs lieux de déchargement sont aménagés dont le principal, appelé port Saint-Julien, était situé près du Vieux-Pont. Souhaitée par les industriels du département, la canalisation de la rivière jusqu'à la ville de Mayenne, est ordonnée par la loi du 31 mai 1846. Parallèlement à la construction des quais (le quai du Pont-Neuf est projeté dès 1847, les autres quais sont réalisés dans les décennies 1850 et 1860) , les barrages de Bootz, du centre de Laval, d'Avénières et de Cumont sont reconstruits et dotés d'écluses. Les travaux sont achevés vers 1870, alors que les transports fluviaux sont déjà concurrencés par les transports routier et ferroviaire. Outre la navigation, ces travaux poursuivaient d'autres objectifs. Il s'agissait de lutter contre les inondations, d'assainir les abords de la rivière et, pour les initiateurs du projet, d'embellir la ville. Le cours de la rivière est dévié (entre 1812 et 1824) : formant autrefois une courbe dont le tracé est évoqué par l'actuel Cours de la Résistance, le lit de la Mayenne est rectifié, traversant les prairies d'anciennes blanchisseries. Elle forme ainsi un paysage régulier, perpendiculaire à la Grande Traverse et permet de dégager un espace important pour l'aménagement d'une place devant la mairie. Le remodelage complet de la rivière effectué au XIXe siècle bouleverse l'image traditionnelle des rives de la Mayenne. A l'enchevêtrement des maisons ouvrant sur la rivière succèdent des quais rectilignes bordés d'édifices parfaitement alignés.