Manoir
Manoir, Kerlutu (Belz)
Bretagne ; Morbihan (56) ; Belz
Ria d'Etel
Belz
Kerlutu
2003F 619, 624-629
Isolé
Enclos ; cour ; dépendance ; chapelle ; colombier ; allée
15e siècle ; 17e siècle
19e siècle
Attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques
Urvoy (propriétaire) ; Du Plessis de Rosmadec (propriétaire)
Le manoir et hébergement de Kerlutu appartenant à Pierre Urvoy noble, est cité dans la réformation du domaine ducal en 1427. Les Urvoy sont encore nommés comme exempts de fouages jusqu'en 1464 (Laigue R de, 1901). A compter de 1477, suite au mariage de Raoul de Rosmadec avec Marguerite Urvoy héritière de Kerlutu, le domaine tombe aux mains de la puissante famille de la branche Du Plessis de Rosmadec et le reste jusqu'à la Révolution.A la fin du 15e siècle, Kerlutu est une sieurie, mais une justice s'y exercait autrefois (Gallet J, 1983). Son domaine comprenait les terres autour du manoir mais aussi à Kerispern, celles de Croix-Jean jusque et y compris le moulin à vent dit du Bourg et le moulin à marée dit des Oies sur le rivage de la rivière d'Etel.Le manoir fait l'objet de transformations importantes au 17e siècle : la salle basse est divisée en deux volumes superposés à cette époque (ou peut-être après).Au cours du 19e siècle d'autres interventions modifient une fois encore ses volumes lorsque l'ensemble devient une simple exploitation agricole, et qu'il s'agit de disposer d'avantage de greniers et d'étables. La pente du toit est modifiée pour augmenter la hauteur du surcroît du comble. Chapelle et colombier connus dans les déclarations du 17e siècle disparaissent à cette époque (annexe n°1).Kerlutu est encore aujourd'hui une grande ferme.
Granite ; enduit ; moellon ; pierre de taille
Ardoise
Plan rectangulaire régulier
1 étage carré ; comble à surcroît
Élévation à travées
Toit à longs pans ; pignon découvert
A l´ouest du bourg et non loin du rivage de la rivière d´Etel, le manoir de Kerlutu est bâti sur un point haut dont la pente s´infléchit vers l´est et le nord-est.Il est constitué d´un logis principal situé à l´ouest d´une cour dont la plupart des murs d´enclos ont disparu. Au nord une ancienne dépendance est remaniée en habitation, tandis qu´au sud et à l´ouest subsistent d´autres vestiges de dépendances anciennes. La porte monumentale qui donnait accès à la cour au sud est en place. Entièrement appareillée en pierre de taille, elle est constituée d´un double passage, porte charretière et poterne, à linteaux en arcs brisés vers l´extérieur et voûte en plein cintre à l´intérieur. L´allée d´accès dans l´axe de l´entrée, délimitée de talus plantés, existe toujours.Le logis, bâtiment principal du manoir, construit à mi-pente, ferme la cour à l´ouest. Sa façade postérieure ne présente aucune ouverture d´origine, à l´exception des jours qui éclairent la partie supérieure de la tour d´escalier. C´est un long bâtiment de plan rectangulaire avec deux murs de refend. Celui au sud qui séparait au rez-de-chaussée la salle de la cuisine est d´origine ; celui au nord qui réduit le volume initial de la salle basse, est une adjonction postérieure, probablement du 17e siècle. La tour d´escalier de plan irrégulier possède un côté plat au nord formant retour perpendiculaire à la façade arrière.En raison de ces transformations, la façade sur cour présente des ouvertures de différentes époques. La présence d´un enduit rend difficile la restitution des ouvertures d´origine à l´exception de la porte d´entrée de la salle du 15e siècle (bouchée), à linteau en arc brisé identique à ceux du porche extérieur. La porte d´entrée au sud (cuisine) et celle au nord (étable), dotées de larges chanfreins extérieurs, datent du 17e siècle. Les fenêtres du rez-de-chaussée de la cuisine et de la salle semblent contemporaines, ainsi que celle des deux chambre au dessus. Par contre la porte haute de l´étable est sensiblement plus récente, elle pourrait dater du 19e siècle comme les souches des cheminées aux corniches caractéristiques.A l´intérieur la distribution d´origine du manoir à salle basse sous charpente est parfaitement perceptible. La salle au centre conserve sur l´épais refend sud une cheminée monumentale à hotte oblique dont le linteau incliné repose sur des consoles doubles à chanfreins (15e siècle) comme à Keryargon. A droite de la cheminée une porte à linteau sur coussinets permet d´accéder à la cage d´escalier qui ouvre à rez-de-chaussée sur la cuisine située à l´arrière par une porte semblable à la précédente.L´escalier est un vis en pierre placé dans une tourelle demi-hors-oeuvre, éclairé de deux jours. A l´étage une porte à chanfreins (17e siècle) donne accès à la chambre située au dessus de la cuisine. Une seconde porte percée postérieurement à la construction du mur de refend ouvre sur le grenier moderne situé au-dessus de la salle. Cuisine et chambre haute possèdent chacune une cheminée dans le pignon sud. Celle de la chambre est masquée, celle de la cuisine est à larges consoles arrondies et larges chanfreins sur les piédroits (17e siècle).Dans la cour, le puits a disparu. Subsistent les vestiges d´un fournil et une remise en appentis sur poteaux bois (19e siècle). La maison d´habitation au nord procède du remaniement d´une dépendance et présente des éléments d´ouvertures anciennes en remploi.
Manoir à salle basse sous charpente
Menacé
Abords d'un monument historique
Logis ; porte
La structure du manoir d'origine et sa distribution sont perceptibles notament grâce à la présence de l'escalier postérieur. Le portail monumental du 15e siècle avec porte cochère et poterne est en place au sud de la cour.L'ensemble qui ne sert plus aujourd'hui que de dépendances agricoles est menacé faute d'entretien.
Propriété privée
2006
(c) Inventaire général ; (c) Conseil général du Morbihan
2006
Herbaut Claudie
Dossier individuel
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