Corps de garde ; réduit
Corps de garde crénelé servant de poste garde-côtes ; corps de garde défensif
Maison
Corps de garde crénelé actuellement maison, Port Maria (Locmaria)
Bretagne ; Morbihan (56) ; Locmaria
Bretagne Sud
Port Maria
Z0 526
Isolé
Caserne ; poudrière ; cuisine ; citerne ; mur défensif
3e quart 19e siècle
16e siècle
1860
Porte la date ; daté par source ; daté par travaux historiques ; porte la date ; daté par source
Remploi provenant de : Baud ; remploi provenant de : Bieuzy
La ""Commission mixte d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles"" de 1841 prévoit que le poste garde-côtes de Port-Maria serait un corps de garde crénelé n° 2. A l'occasion de la présentation de projets pour ce poste à la fin des années 1840, puis de nouveau à la fin des années 1850, les ingénieurs militaires s'emploient à concilier plusieurs paramètres a priori incompatibles, le bâtiment ne devant pas être exposé aux tirs du large tout en voyant bien l'anse de Port Maria et ne pas être trop dominé par le terrain alentour. Aussi plusieurs emplacements au fond de l'anse sont successivement envisagés, de même que plusieurs plans adaptés du plan-type de 1846. Le général Noizet préconise même en 1848 de renoncer au plan-type pour faire un bâtiment à deux niveaux dont un rez-de-chaussée partiellement enterré, sans terrasse qui serait trop difficile à défiler. C'est sur la base de cette proposition qu'est établi le contre-projet de mars 1857, que le Comité des fortifications rejette comme coûteux et risquant de donner un bâtiment humide. Le projet ultime présenté fin 1859 opte pour un emplacement au fond de l'anse, entre les deux retranchements maçonnés afin de bien les commander, et un plan plus proche du plan-type de 1846, quoiqu'adapté aux contraintes du terrain et aux besoins d'un poste garde-côtes. Le corps de garde est construit en 1860, son ameublement mis en place l'année suivante. Non conservé après la guerre de 1870, le poste est déclassé par la loi du 27 mai 1889 et versé aux Domaines le 26 juin 1890. Il est d'abord affermé à un notable belle-îlois, Émile Cazalet, qui l'acquiert ensuite lors de sa mise en vente le 11 septembre 1891. Cazalet le revend le 5 juin 1895 à un négociant angevin, Arthur-Henri Malécot, qui l'aménage en résidence. Il est actuellement toujours propriété de la famille Malécot. Les Allemands occupent le corps de garde pendant la Seconde Guerre mondiale et l'endommagent. Il est restauré au titre des dommages de guerre dans les années 1950. Une cheminée 16e siècle provenant du château de Rimaison en Bieuzy y a été réinstallée. Elle est classée Monument Historique depuis le 7 janvier 1953. Le pont-levis a été restauré en 2006.
Schiste ; moellon ; enduit ; granite ; pierre de taille ; calcaire ; pierre de taille
Tuile creuse
Plan rectangulaire régulier
1 étage carré
Voûte en berceau plein-cintre ; voûte en berceau segmentaire
Le corps de garde crénelé de Port Maria est issu du plan-type de corps de garde n° 2 pour 40 hommes de la circulaire du 31 juillet 1846. C'est une adaptation pour l'usage comme poste garde-côtes armé d'artillerie légère du plan-type de corps de garde pour 30 hommes créé en 1847 pour les batteries de six pièces d'artillerie. Dans son avis du 11 juillet 1848, le Comité des fortifications préconise l'emploi pour les postes garde-côtes de corps de garde dont les magasins à poudre sont remplacés par des locaux plus petits servant de magasins à cartouches. Le reste de la distribution intérieure du rez-de-chaussée reprend initialement celle du plan-type. Le corps de garde de Port Maria devant porter de l'artillerie de montagne en terrasse, ses voûtes et leurs piédroits sont épaissis. La façade est, plus exposée aux tirs venant du large, est également épaissie (80 cm au lieu de 50). Trois embrasures d'artillerie sont percées dans le parapet de la terrasse, au milieu des faces sud, est et nord. Ce parapet étant épaissi sur sa face est, les créneaux de tir qui s'y trouvent sont munis d'un ébrasement extérieur à redans. Afin de défiler la terrasse des vues des pentes des vallons alentours, qui dominent largement le corps de garde, les officiers du génie ont choisi de la couvrir partiellement d'un toit en appentis laissant apparaître un patio central. Ce toit clairement visible sur les photographies anciennes, est couvert en tuiles de Bordeaux. Si le toit actuel est une reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, il reproduit néanmoins assez fidèlement l'aspect de la couverture d'origine. Il n'est donc pas, comme il est parfois écrit, une altération de l'aspect d'origine du bâtiment. Une telle couverture était également présente sur le corps de garde de Port Fouquet, et prévue pour le corps de garde non construit du Vieux Château. Des corps de garde à terrasse couverte ont existé en très petit nombre parmi les réalisations du programme des plan-types de 1846. Celui de Port Maria peut être considéré comme le dernier témoignage visuel de cet aspect méconnu de leur architecture. Le corps de garde de Port Maria a toutefois été lourdement modifié, surtout ses intérieurs, pour l'adapter à son usage actuel comme habitation. Le mur de refend entre les deux travées principales a été remplacé par un grand arc surbaissé et des cloisons supplémentaires installées. La cheminée du 16e siècle provenant du château de Rimaison a été placée dans la deuxième chambrée de troupe. Des chambres ont été aménagées sur la terrasse, accessible par un escalier construit à la place de la chambre du chef de poste. Les grandes baies semi-circulaires ont prolongées vers le bas, tandis que certaines bretèches ont été transformées en balcons. La face sud, façade de gorge, porte l'inscription "" Poste du Port-Maria"" au dessus de la porte, et la date ""1860"" au dessus de l'embrasure d'artillerie de la terrasse. Les matériaux employés sont le schiste local sous forme de moellons, le granite de Pont-Aven pour les pierres de taille des chaînages d'angle et l'encadrement de la porte, et le calcaire charentais pour les encadrements des baies et des créneaux. Dans ce dernier cas il s'agit d'un emploi conforme aux préconisations du Comité des fortifications pour éviter les éclats dangereux pour les tireurs en privilégiant les roches tendres ou la brique.
Corps de garde crénelé type 1846 n° 2 modifié pour 30 hommes modèle n° 1, pour poste garde-côtes, renforcé
Remanié ; bon état
inscrit MH ; classé MH partiellement
Classement au titre des Monument historiques de la cheminée provenant du château de Rimaison en Bieuzy
Loi littoral ; site classé ; zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique
Corps de garde
Propriété privée
1973
(c) Région Bretagne ; (c) Association 1846 ; (c) Inventaire général
1973 ; 2017
Jadé Patrick ; Duigou Lionel ; Service régional de l'Inventaire de Bretagne
Sous-dossier
Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35