Description historique
Le briquetage accumulé au cours des siècles a formé un îlot artificiel au milieu des marais qui isole les habitants des attaques extérieures (cf IA57000519). Il ne semble donc pas y avoir d'enceinte avant 1259, date à laquelle l'évêque de Metz, Jacques de Lorraine, fait construire les premières fortifications par des ingénieurs allemands. Ces dernières consistent en d'épaisses murailles flanquées de tours rondes ou carrées. En 1552, le roi de France Henri II, qui s'est emparé de Marsal, fait augmenter les fortifications. Au 17e siècle, les ducs de Lorraine, alors propriétaires de la place font faire d'importants travaux par l'ingénieur italien Jean-Baptiste Stabili et le lorrain Nicolas Marchal qui donnent aux fortifications leur forme définitive à 7 bastions que Vauban tentera vainement de régulariser par la suite. En 1673, contrairement à l'avis de Vauban, les fortifications sont remises en état sous la direction de l'ingénieur Saint-Lo, chargé des fortifications de Nancy, au détriment de celles de Moyenvic qui sont arasées. En 1679, Vauban, chargé d'inspecter les places du Nord-est de la France, estime que Marsal est bien fortifiée et utile pour la défense de Metz par ses écluses commandant la grande retenue d'eau de l'étang de Lindre, capable d'inonder en 2 jours toute la vallée de la Seille. En 1688, il change d'avis et la place est démantelée. Après le traité de Riswick de 1697 qui porte un terme à la politique d'expansion de Louis XIV, la nouvelle ligne de l'Est, fortifiée par Vauban, est reculée vers l'ouest et intègre Marsal dont les fortifications sont relevées en 1699. Au 18e siècle, la place perd à nouveau son rôle de première ligne mais est conservée à moindre frais pour la protection des salines de Moyenvic, Dieuze et Château-Salins. Elle héberge une garnison qui montre son utilité pendant la guerre de succession d'Autriche (1744). Après la Révolution qui fait encore reculer les frontières, la place retrouve son rôle militaire au 19e siècle. Elle est modernisée sous Louis-Philippe, avec notamment la construction en 1842 des deux forts d'Haraucourt et d'Orléans. Sous le Second-Empire, elle ne constitue plus qu'une place de guerre de 3e classe et en 1870, la place assiégée par les allemands capitule après 3 jours, sans avoir même pu utiliser son système de défense par inondation. Elle est démantelée par les allemands qui font araser la porte de Bourgogne et éventrer les courtines Nord et Sud pour le passage de nouvelles routes. Le fort d'Orléans, utilisé pour des expérimentations d'explosifs est vite ruiné et les édifices militaires abandonnés ou transformés en bâtiments agricoles (notamment en séchoirs à houblon). L'ensemble continue se dégrader jusqu'à la 2e guerre mondiale qui endommage fortement la Porte de France (cf IA57000513) et les casernes Vauban (cf IA57000512). Les premières restaurations, toujours en cours, commencent en 1950.