Description historique
Le réseau de chemin de fer à voie étroite d'Abreschviller est lié à l'exploitation forestière : en 1884, l'administration forestière allemande décide la construction d'une voie ferrée remontant le ruisseau d'Abreschviller depuis le lieu-dit Zweibach (5 km) bientôt prolongé en 1888 (13 km). L'écartement choisi fut celui des chemins de fer militaires de la Prusse, soit 70 cm (seul cas connu en France). Les projets de ligne à écartement normal Sarrebourg-Abreschviller posent la question de l'allongement du réseau, allongement décidé du fait des importantes scieries situées dans le bourg même ; en 1892, la ligne Sarrebourg-Abreschviller à écartement normal s'arrête donc au centre. La même année, une tempête oblige à l'exploitation de 200 000 m3 de bois et oblige à l'extension du réseau (35 km) en quatre mois ; à cette occasion, un atelier d'entretien du matériel est placé près de la scierie domaniale dans le centre du bourg pour la réparation des premiers trains à vapeur (aujourd'hui remise ferroviaire de l'ensemble métallurgique de la forge ; cf. dossier Forge IA57002057). Après exploitation du bois issu de cette première tempête, l'administration décida la réduction du réseau, avec dépose de voies. Une deuxième tempête en 1902 imposa une nouvelle extension (50 km en 1918). L'extension maximale est 73 km en 1939, dont 9 km de voies d'évitement et de garage. L'effectif du personnel est alors d'une cinquantaine d'employés et les trains quotidiens (un sur la ligne de la Zorn entre Schaefferhaus et le Breschpunkt, l'autre le long de la Sarre rouge et du ruisseau d'Abreschviller) descendent 50 à 70 tonnes de bois par jour. Au début des années 1960 s'amorce le déclin : les routes pénètrent de plus en plus dans la forêt, un matériel roulant permet l'acheminement direct sans rupture de charge alors que le matériel ferroviaire nécessite de coûteuses réparations. Aussi l'administration forestière, propriétaire des voies, du matériel et salariant les employés, décide-t-elle la fermeture progressive des voies à partir de 1962. En 1966, le réseau cesse d'être employé pour le transport du bois. L'exploitation touristique du réseau existait déjà en parallèle de l'exploitation forestière et l'on choisit de continuer d'utiliser la ligne à cette fin sur le parcours Abreschviller-Grand-Soldat (6, 1 km) : l'ACFA, créée à cette occasion, assura un service touristique dès juin 1968 avec la construction de deux petites constructions en bois faisant office de gares, inauguré officiellement en 1969. L'association est aujourd'hui propriétaire des voies et des motrices.