Description historique
Le 14 mai 1784 Normand, ingénieur en chef des turcies et levées de la haute Loire, rédige un rapport dans lequel il considère que Neuvy est un des points importants de la rivière de Loire. Il rapporte que plusieurs manufactures de poteries viennent y proposer leurs marchandises et que les bois des environs y fournissent une quantité prodigieuse de cotterets (bois de chauffage présentés en fagots) et d'échalas (piquets utilisés pour la vigne) qui se transportent vers Orléans et sa région. Ces conditions jointes aux demandes réitérées des habitants du lieu qui voient journellement leurs propriétés diminuer par les ravages du fleuve ont fixé l'attention et il est décidé qu'un projet de port soit soumis. Normand propose que le port à construire soit placé à 3,5 mètres au-dessus de l'étiage et que la pente des ouvrages soit de trois de base pour un de hauteur. Il juge inutile la réalisation de cales d'abordage : le glacis équipé de six escaliers lui semble suffisant. Selon lui, on sera obligé de recourir à la carrière des Fouchards (commune de Boulleret, à une douzaine de kilomètres en amont de Neuvy) car la pierre tirée de la carrière la plus proche (lieu non précisé) est de trop mauvaise qualité. L'ingénieur Bouchet confirme en juin 1784 que le commerce est considérable à Neuvy et il approuve le projet et le devis de Normand. Il semble que les travaux soient réalisés aux frais du roi. Au tout début du XIXe siècle (1805-1806), le port de Neuvy est réparé sur 525 mètres et on projette de le prolonger (1813). La garde des ports de Neuvy (Nièvre), de la Madeleine à Léré (Cher) et de Villeneuve à Bonny-sur-Loire (Loiret) est confiée au sieur Jacques Deffossés en 1813. En 1823, les habitants de Neuvy sollicitent le prolongement "au midi" (en amont) du quai qui défend le port des irruptions de la Vrille. Un projet de prolonger le quai est encore mentionné en 1827. Dix ans plus tard, les marchands de bois et les négociants se plaignent qu'ils sont privés d'un emplacement pour déposer leurs marchandises sur le port de Neuvy dont les quais sont trop étroits ce qui occasionne un continuel encombrement. Au milieu du XIXe siècle, des travaux sont réalisés sur le port : pose de quatre organeaux supplémentaires en 1842 suite à la demande du garde port, réalisation d'une cale double à tablier haut pour l'abordage du bac (1842), projet e placer 17 poteaux d'amarre en 1845. Un plan d'alignement du quai de Neuvy est dressé en 1844-1845 par l'ingénieur en chef Mutrécy-Maréchal. En 1858-1860, on projette également de prolonger de 100 mètres le quai de Neuvy (vers l'aval) en raison de "l'insuffisance des quais et du défaut de profondeur de l'eau" à leur pied. Le port de Neuvy est considéré en 1829 par l'ingénieur Dutens comme l'un des neufs ports de Loire les plus importants entre Digoin et Briare. En 1839, le garde-port de Neuvy, Henri Chevalleau, rapporte que "400 000 à 500 000 F d'affaires annuelles en marchandises de toutes espèces prises et fabriqués" localement se font sur le port, ce qu'il juge considérable. Les marchandises embarquées à Neuvy consistaient essentiellement en poteries fabriquées en Puisaye (Saint-Amand-en-Puisaye notamment), en ocre et en bois. Le plan d'alignement dressé en 1844 désigne d'ailleurs le port de Neuvy de "Port aux Poteries". Un texte signale en 1821 que la terre blanche argileuse tirée des Pelus à Neuvy est utilisée par la faïencerie de Gien. Dans une pétition signée en 1837 par des marchands de bois et des négociants, il est en outre précisé que des farines de silex sont embarquées à Neuvy pour approvisionner les manufactures de Gien, Choisy-le-Roi et Briare. Les pétitionnaires ajoutent que Neuvy sert également de dépôt pour une grande quantité de marchandises destinées à l'approvisionnement de Paris (cerceaux, échalas, vins, blés, bois de charpente, bois à brûler).