Emplacement, forme et structure de l'escalier
escalier demi-hors-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en charpente
Commentaire descriptif de l'édifice
L'ensemble corps de garde/beffroi correspond actuellement à la parcelle 280 (n°24 place Pierre-Delcourt). Il s'agit d'un édifice s'élevant en façade sur deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, mais cette élévation ne concerne qu'une faible épaisseur du bâtiment, limitée en rez-de-chaussée par le développement en profondeur du portique et de la pièce de droite, et correspondant dans les étages à la succession de petites pièces en façade ("prisons bourgeoises" et "aubette" au premier étage, "grenier loué" au second étage). Cette partie de l'édifice est couverte par un toit à un seul pan. L'arrière de l'édifice porte un toit en appentis, prenant naissance un peu en dessous du faîte du pan tourné vers la place et incluant la salle de repos des gardes qui ouvre vers l'arrière. Cette salle est couverte par une succession de voûtes à la picarde (petits berceaux de briques parallèles entre eux), tandis que le portique reçoit une voûte en berceau logitudinal, en brique, recoupé par des doubleaux de pierre. L'escalier demi-hors-œuvre, tournant à retours, sans jour, en charpente (les marches sont maintenant carrelées), donne accès aux étages et à la tour du beffroi, qui s'élève sur l'arrière du bâtiment. Les salles du premier étage (aubette et "prisons bourgeoises") ont été entièrement refaites en matériaux modernes dans le but d'accueillir les locaux de l'office de tourisme. Mais le second étage, inoccupé et accessible uniquement par une échelle de meunier (refaite), conserve encore (2005), avec ses cloisons en bois avec hourdis de brique enduite et son sol dallé de carreaux de terre cuite, les traces de l'usage en logement loué qui était le sien au XIXe siècle et dans le première moitié du XXe siècle. Le gros œuvre de l'édifice est constitué de brique, avec usage de la pierre calcaire marbrière ("pierre bleue") pour articuler l'élévation de la façade. Cette pierre est utilisée en rez-de-chaussée pour le soubassement, l'encadrement des baies en plein-cintre, les pilastres harpés, les cordons moulurés. Elle est traitée en bossage à table plate pour les encadrements et les pilastres. Aux étages, les baies des quatre travées, de forme rectangulaire, sont cernées d'un encadrement saillant, enduit (peut-être s'agit-il de pierre blanche). À l'exception des éléments de pierre bleue, toute la façade est recouverte d'un enduit de ciment, qui reprend le principe de l'enduit ou du badigeon d'origine, systématique sur la brique, dont les projets du XVIIIe siècle laissent supposer une existence que confirme l'examen des maçonneries intérieures (malgré le décapage de celles-ci). Sur cet enduit sont peintes la date de 1789 et une méridienne qui figure sur le projet d'origine. La couverture est réalisée en matériau synthétique (fausses ardoises, en fibrociment ?). La tour du beffroi s'élève sur un plan quadrangulaire. Ses quatre angles sont soulignés d'un chaînage harpé de pierres bleues, les ouvertures cintrées (une par face) garnies d'abat-sons sont encadrées de pierre calcaire blanche, la brique de remplissage n'étant plus actuellement dissimulée par un enduit, qui, au moins au XIXe siècle, était peint à l'imitation d'un appareillage de pierre. Sur la plate-forme de la tour se dresse un lanternon sur plan circulaire couvert par un dôme sommé d'une girouette ; lanternon et dôme sont recouverts de zinc qui a remplacé le plomb d'origine. Les quatre cadrans de l'horloge sont placés sur ce lanternon. Le traitement de la tour diffère de celui proposé par le projet d'origine par la forme des baies, l'emplacement de l'horloge et le couronnement. L'élévation de la maison correspondant à la parcelle 281 (n°22 place Pierre-Delcourt) fait suite à cet ensemble ; s'en distinguent la couleur de l'enduit et la couverture en tuiles mécaniques. Dans le courant du XXe siècle, la fenêtre et la porte du rez-de-chaussée, qui étaient conformes au schéma de la baie (pièce du rez-de-chaussée du corps de garde), ont été remplacées par une ouverture unique. La maison ou les maisons (?) correspondant à la parcelle 279 (n° 26 place Pierre-Delcourt et 2 rue du Collège) forment avec l'élévation du corps de garde un ensemble totalement unitaire ; la travée qui jouxte celui-ci figure d'ailleurs sur le projet du XVIIIe siècle et lui est fidèle si l'on excepte l'agrandissement récent de la baie de rez-de-chaussée. Un pan coupé d'une travée lui fait suite. La façade rue du Collège comprend cinq travées. La première est conforme à l'élévation de la façade sur la place, mais actuellement sans enduit : au-dessus du soubassement de pierre calcaire bleue s'élève la maçonnerie de brique, avec rehauts de pierre en chaînages harpés autour des baies légèrement cintrées. Les quatre travées suivantes présentent une articulation identique, mais sur un seul étage carré, de façon à mettre l'élévation de l'édifice en cohérence avec le gabarit de la rue du Collège. La couverture est en tuiles. Une petite maison d'une seule travée, correspondant à la parcelle 278 (n°4 rue du Collège), en partie dénaturée, fait suite sur le même modèle. Toutes ces maisons comprennent des caves.