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POP | Plateforme ouverte du patrimoinePrésentation de la commune de Locquignol
Présentation de la commune de Locquignol






Référence de la notice
IA59002897
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Inventaire
Date de création de la notice
31 mars 2010
Date de dernière modification de la notice
3 juin 2020
Rédacteur de la notice
Guillot Catherine ; Coipel Raphaël
Mentions légales
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Désignation de l'édifice
Titre courant
Présentation de la commune de Locquignol
Producteur
Inventaire
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Hauts-de-France ; Nord (59) ; Locquignol
Aire d'étude pour le domaine de l'Inventaire
Parc Naturel Régional de l'Avesnois
Canton
Le Quesnoy est
Historique de l'édifice
Auteur de l'édifice
Commentaire concernant l'attribution de l'édifice
attribution par source
Description historique
Le territoire de Locquignol témoigne dune grande richesse archéologique, exhumée notamment lors du traçage des voies forestières au 19e siècle, en particulier pour les périodes gallo-romaine et mérovingienne. Une maison gallo-romaine et des tombes mérovingiennes ont par exemple été mises à jour dans la section dite du Fau Romarin, ainsi quune autre maison gallo-romaine dans la section de la Carrière.£La première mention de Locquignol figure dans une bulle du pape Innocent II, datée de 1137. Son histoire est indissociable de celle de la forêt de Mormal, réserve de chasse des comtes de Hainaut. Celle-ci est administrée non par la prévôté du Quesnoy mais par un bailli des bois jusquau rattachement de la prévôté au royaume de France en 1659. Ce système est alors remplacé par une maîtrise des Eaux et Forêts. Dans les années 1780 sont construites en brique et calcaire marbrier des maisons forestières sur tout le pourtour de la forêt (cf. IA59002986, IA59002915 et IA59002963). La forêt est également un réservoir à eau, dont les ruisseaux aliment en particulier le système défensif du Quesnoy, commune située à louest du massif boisé.£La carte du diocèse de Cambrai (1769) montre lemplacement dun couvent de récollets, dit Hermitage de Mormal, dont plus aucune trace nest connue. Une ferme-manoir fortifiée (ancien relais de chasse des comtes ?) se situait près de léglise actuelle et a été presque entièrement détruite en 1944. £Lactivité économique se concentre naturellement autour de lexploitation du bois, dont témoigne au 19e siècle la présence de scieries. Lune était implantée le long du canal de la Sambre à lOise, par lequel elle écoulait le bois. Une autre, la scierie Alexis Rivart et fils, utilisait la voie de chemin de fer. Elle produisait des meubles dont les éléments décoratifs étaient dessinés par le sculpteur Fernand Weerts, qui avait son atelier à Mons-en-Baroeul, près de Lille. £Les usages du bois étaient multiples : sabots, lattis pour les plafonds, planches, bois de chauffage..., produits souvent manufacturés dans les communes voisines (Gommegnies, Obies, Hecq...). Du houblon était également cultivé aux franges de la forêt. Grâce à ces activités, certains secteurs regroupaient un bâti plus dense quaujourdhui : les Grandes Pâtures et, à proximité dune halte de chemin de fer et du canal de la Sambre, le hameau dHachette (la halte dHachette qui desservait également la laiterie Doctobre à Maroilles fut créée entre 1885 et 1887 cf. IA59000774). £Lieu dédié à la chasse, la forêt est devenue progressivement au cours du 19e siècle un espace de loisirs, consacré à la promenade et aux jeux, comme les quilles. Parsemée dauberges, elle était alors un rendez-vous de villégiature dominicale grâce aux haltes de chemin de fer. Au début du 20e siècle, le docteur Delfosse fonda un aérium, transformé en hôtel de voyageurs et restaurant sous lappellation La Chesnay et abritant aujourdhui des logements.£Après louragan de 1876 qui a endommagé léglise, il fut décidé de la reconstruire en totalité. Le projet de larchitecte Jules Fiévet fut adopté en 1877 et les travaux terminés en 1881 (réception définitive en 1882) pour un coût de 62 000 francs. Ils ont été réalisés par lentrepreneur dEnglefontaine Xavier Vaille (AD59, O-360-26 et 29). Fiévet construisit également en 1869-1870 la maison décole du village (AD59, O-360-12). En 1921-1922, un ancien estaminet et bureau de tabac fut acquis pour en faire la mairie du village (AD59, O-360-96).£Situé à 5 km du centre de la commune et peuplé à la fin du 19e siècle de 173 habitants, le hameau dHachette abritait une école mixte, construite en 1894 également par larchitecte Jules Fiévet (AD59, O-360-36) , école dont les bâtiments sont encore conservés. Celle-ci comprenait une classe pouvant recevoir 32 enfants, ainsi quun logement séparé pour linstituteur.£Le massif forestier qui avait été dégradé en 1794 lors du siège du Quesnoy par les troupes autrichiennes a particuliè rement été dévasté lors des deux guerres mondiales. Outre les combats, la surexploitation du bois par les troupes allemandes, puis lors des reconstructions, a causé de profonds dégâts. Ainsi, entre 1914 et 1919, les deux-tiers de la forêt ont été détruits. Grâce aux dommages de guerre, les boisements ont été reconstitués, entre 1920 et 1930. En mai 1940, loccupation de la forêt de Mormal par les armées allemandes comme zone de défense du secteur de la Sambre causa de nouvelles dévastations. £La forêt abrita des mouvements de résistance. Elle devient également le support de limaginaire de peintres comme Félix Del Marle, originaire de Pont-sur-Sambre (LHomme arbre, 1943, musée de Valenciennes). En 1944, le centre de Locquignol fut bombardé en lieu et place du dépôt dessence dHerbignies et léglise fragilisée. La partie nord de la place et de la route de Berlaimont fut reconstruite après la guerre. £Dans les années 1980, 6 000 m3 de bois sont encore exploités. Aujourdhui perdure au sein de la région la position singulière de ce massif forestier.