Description historique
Un hameau sans paroisse, ni églisePalesne, hameau de Pierrefonds, n’a jamais été constitué en paroisse et dépend donc de Pierrefonds pour le culte depuis la christianisation de la région. Ainsi, pour assister à la messe, les habitants de Palesne doivent cheminer longuement à pied pour rejoindre l'église de Pierrefonds où ils se mêlent aux habitants du bourg et villégiateurs. En raison de cet éloignement, les habitants de Palesne se rendent finalement peu aux offices du soir. Un lieu de culte issu des missions d’évangélisation, 1875-1884Dans le cadre de missions d’évangélisation propres à la fin du XIXe siècle, le père Chapotin demande en 1875 à Alexandre Delahaye, propriétaire agricole à Palesne, un lieu pour y célébrer la messe. À la suite, il suggère au chanoine Vasseur, curé de Pierrefonds, de faire une quête auprès des villégiateurs pour l’édification d’une chapelle.Cette opération est un succès, grâce aux donateurs Alexandre Delahaye et sa fille, madame Cugnière. La somme rassemblée est doublée par monsieur Sabatier, châtelain du Prieuré à Pierrefonds. Dès février 1876, les comptes de fabrique mentionnent l’achat d’un terrain vierge de toute construction à Palesne (plan cadastral de 1838). Le 24 juin 1877, la première pierre est posée par madame Cugnière. Les plans de l’édifice seraient d'un certain Merle de Pierrefonds et de l'abbé Vasseur lui-même. Le coût de la construction aurait été baissé par les frères Devillers, maçons à Pierrefonds (Victor Devillers étant conseiller de la fabrique). Le projet est d’importance : c’est une église de style néo-roman que l’on construit, probablement en s’inspirant des préconisations d’Anatole de Baudot pour l’édification des églises de campagne, ce disciple de Viollet-le-Duc ayant alors largement diffusé ses théories depuis la parution de son ouvrage en 1867.Dès 1882, des verrières ornementales sont offertes par des particuliers (voir de dossier présentation du mobilier de l'ancienne église Saint-Jean-Baptiste (IM60001730)). Quasiment toutes les baies en sont dotées en 1884. Un statut d’église refusé 1884-1887Le 4 octobre 1884, monseigneur Péronne, nouvel évêque de Beauvais, consacre l’autel de l'église dédiée à saint Jean-Baptiste.Peu après, l'abbé Vasseur, curé de Pierrefonds, souhaite faire reconnaître son statut d’église par le ministère des Cultes. Il sollicite en ce sens l’avis favorable du conseil municipal en novembre puis du conseil de fabrique en décembre 1886 (AC Pierrefonds). Le curé assure que l’ensemble des frais liés à l’exercice du culte sera assuré par lui-même puis par une fondation à créer.En dépit des avis favorables du diocèse, de la commune et des notables, l’État n'accorde pas le statut d'église au nouvel édifice, peut-être en raison du nombre insuffisant de fidèles concernés par la nouvelle paroisse. Ce chiffrage est en effet demandé avec insistance par le sous-préfet de Compiègne au maire le 27 juillet 1887.Si aucun mariage ni obsèques ne peuvent être officiés dans ces lieux, le culte peut y être organisé sur le bon vouloir du curé et à ses frais. Une chapelle privée aux attributs d’église, 1887-2001En dépit de l'absence de reconnaissance officielle, l'édifice est bien perçu comme église par les visiteurs de la région et les guides touristiques.L'église n'est parfaitement aménagée qu'en 1900 (DIGUES, 2007). Cette même année, madame Delahaye apure la totalité des dettes que l'abbé Vasseur a contractées pour édifier cette église dont il est le propriétaire en titre. Il y officie chaque dimanche jusqu’à son décès en 1901. L'édifice est alors légué à monsieur Alexandre Delahaye, grand propriétaire agricole à Palesne et principal souscripteur en faveur de la construction d'une église (Le Guetteur, 1936). La messe est par la suite dite ponctuellement puis reprise de façon régulière entre 1907 et 1919 (DIGUES, 2007 et Le Guetteur, 1936).Il semble que des travaux se poursuivent alors pour parfaire l'aménagement de l'église avec la participation des habitants. Ainsi, la charpente aurait été modifiée en 1908 par un natif de Pierrefonds, Robert Simbozel (archives de la Conservation régionale des monuments historiques-CRMH). Relativement épargnée par la Première Guerre mondiale, l’édifice est un lieu de recueillement pour les soldats en cantonnement dans la commune.Le 10 juin 1934, la chapelle est vendue à l’association diocésaine (DIGUES, 2007). À une date ultérieure, non déterminée, elle devient propriété de la commune. Un édifice cherchant un nouvel usage, depuis 2001En 2001, la commune de Pierrefonds demande la protection au titre des Monuments historiques de l'église Saint-Jean-Baptiste de Palesne. Les archives de la CRMH décrivent l’existence d’une voûte d'arêtes en brique et plâtre sur des arcs doubleaux. L’édifice est alors étayé suite à une intervention de l’association du Fort de Condé et des églises du sud de l’Aisne en péril.Le refus de toute protection le 14 novembre 2001 limite l'envergure des travaux de sauvetage envisagés par la commune. La voûte est démolie et des tirants métalliques sont installés pour retenir les murs de la nef.Désacralisé, l’édifice sert ponctuellement de salle des fêtes pour certaines manifestations communales.