Description historique
La ville de Rouffach appartenait dès le 7e siècle à l'évêque de Strasbourg, qui en fit la capitale du Haut-Mundat, regroupant ses possessions dans le sud de l'Alsace, avec un bailli à sa tête. Au début du 12e siècle, le coeur ancien de la ville autour de l'église Notre-Dame fut probablement entouré d'un mur longeant la rue de la Poterne et la rue du Maréchal Lefebvre, dont il ne reste aucune trace. Une seconde enceinte aurait été élevée entre 1106 et 1199, augmentant de peu la surface de la première (aucun vestige). La troisième enceinte bâtie vers 1250, puis doublée en 1380, est relativement bien conservée. Elle englobe toute la ville ancienne et est rattachée au château d'Isenbourg au nord. Les portes furent détruites au début du 19e siècle : porte neuve au nord (1287) , porte Ris à l'ouest (1300) , la seule dont il subsiste un vestige de mur, la porte Ringrofentor au sud (1346) , la porte dite Froeschwihrtor à l'est (1334) et la petite porte de la poterne au sud (1250). Le mur de 1250 et le fossé qui l'entoure sont bien conservés sur la presque totalité de leur périmètre, sauf à l'ouest (rue du Schauenberg) et au nord vers le château. Le deuxième mur qui double le premier existe dans son tracé, mais il ne subsiste que de très faibles vestiges du mur lui-même en raison du lotissement partiel du fossé. La tour des Sorcières, accolée à l'ancien hôtel de ville, est la seule tour conservée ; de plan circulaire dans sa partie inférieure (datant peut-être du 13e siècle) , elle est ensuite de plan carré (14e et 16e siècle ?). Czarnowsky dit avoir vu la date 1525 et une marque de tâcheron sur la fenêtre de la face sud. Le niveau supérieur, en pan de bois, pourrait avoir été reconstruit au 18e siècle, à la suite d'un incendie. D'après Gilbert Meyer, les piédroits de la fenêtre ouest du 2e niveau sont des remplois : une colonnette avec un chapiteau à tête humaine et une double colonnette à chapiteau cubique (renversée) proviendraient du château d'Eguisheim, qui avait été pris d'assaut par les Rouffachois vers 1230. Un relief sculpté d'un griffon, utilisé comme appui de fenêtre intérieur, proviendrait du même édifice.