Description historique
La date traditionnelle de fondation remonte à 1475, mais la verrerie n'aurait été construite qu'en 1493 par Antoine et Christophe Thietry. Cette fondation est confirmée en 1508 par lettre royale, portant sur la jouissance de l'accensement perpétuel de la verrerie aux sieurs Thysac et Thietry. En 1562, la production journalière est de 40 à 50 liens (soit 520 à 650 livres). La famille de Hennezel est associée à la verrerie dès la fin du 16e siècle. Détruite en 1636, la manufacture est relevée vers 1670. Elle est exploitée au cours du 18e siècle par la famille de Massey, associée aux familles de Hennezel et Secretain. La verrerie produit alors des bouteilles ordinaires. En 1790, ce sont les familles du Houx, de Finance et de Massey qui en sont propriétaires. La production est irrégulière au début du 19e siècle, et les fours sont éteints en 1825. En 1834 est créée la société Ernest de Massey et Cie, associant Ernest et Auguste de Massey et Laurent du Houx. La verrerie est rétablie et fabrique en 1835 de la gobeleterie coulée, taillée et gravée, soit 650 000 pièces (verres à boire, carafes, salières, bocaux, burettes, etc.) pour une valeur de 130 000 F. Reprise par Laurent du Houx en 1839, l'usine est transférée 300 m au nord et reconstruite ex nihilo. Autorisée par ordonnance royale le 20 août 1842, elle se spécialise dans la production de gobeleterie de verre blanc. En 1846, la verrerie fabrique 3750 quintaux métriques de produit, pour une valeur de 300 000 F. En 1845, Du Houx signe un traité de société de 15 ans avec Gustave Beaux "pour une mise en commun de la verrerie et des bâtiments et dépendances". A sa mort en 1853, il est remplacé par son père Jean-François Beaux. La verrerie est vendue en 1858-1859 à Joseph Ballouhey, associé à Joseph Proudhon et François-Xavier Fouillot, sous la raison sociale Ballouhey et Cie. Après le retrait de ce dernier vers 1861, et un dépôt de bilan en 1868, Fouillot reprend seul l'exploitation de la société, qui comprend également la tuilerie des Forges, établie en 1852 à Passavant. En 1869, le verre est fabriqué avec du sable blanc de Fontainebleau, de la chaux hydratée de Toul et de la soude de Marseille. La consommation annuelle de bois est de 7200 stères. La production (verres, carafes, salières, sucriers, compotiers) atteint une valeur de 350 000 F. Un logement ouvrier collectif est construit à l'entrée du hameau à cette époque. La société en nom collectif Mercier-Fouillot, fondée en 1875 entre Fouillot et son gendre Joseph Gabriel Mercier, concerne la fabrication, la vente et l'écoulement des produits des tuileries de Passavant et des verreries et tailleries de la Rochère et de Clairefontaine (88). A la mort de Mercier en 1897, son gendre Amédée Boileau reprend la direction de la verrerie, secondé par ses fils Michel et Gabriel. L'entreprise est alors connue sous le nom de Boileau-Mercier, et convertie en société anonyme en 1923. L'atelier de la taillerie est incendié vers 1900, et son étage est supprimé. La verrerie est reprise en 1954 par Pierre et Elisabeth Giraud, secondés par leurs fils Antoine, Dominique et Jean-Claude. Une cité ouvrière a été construite rue de la Verrerie et rue des Ronds Champs vers 1956. La verrerie a été progressivement agrandie au cours du 20e siècle : bureaux, magasins industriels, fours à recuire et moulage (dits arches), atelier de conditionnement, magasin d'expédition. En 1967 débute la fabrication de pièces en verre bullé et le pressage mécanique des coupes à glace. Cette même année est construite le four à bassin continu pour la fabrication mécanisée des pièces de "moulage bâtiment". Le séchoir à bois est converti en 1969 en salle d'exposition-vente. Une nouvelle halle destinée à la verrerie de table a été construite en 2000. En 2008, la société fabrique trois types de produits : les tuiles, pavés et briques de verre (pressage mécanique) ; la verrerie de table (pressée pour la restauration : verres, coupes à glace, cendriers) et articles de la table en cristallin (soufflés à la bouche) ; les articles de décoration (vases, lampes). En 1835, l'établissement comprend un four renfermant 8 creusets, 2 fours à recuire, 5 fours de séchage et 2 meules à broyer. En 1846, il se compose d'un four à 8 creusets, d'un four à recuire, d'un four de séchage, d'une meule à broyer, de 35 meules à polir. L'arrêté préfectoral du 11 janvier 1860 autorise le remplacement de la chaudière, installée en 1850, qui alimente la "machine faisant mouvoir les meules de la taillerie et les tours de l'atelier d'ajustage par un appareil Farcot des Ets Mathebs (Thann, 68)". Le four à 8 pots est toujours actif en 1869. Construction d'un four Siemens avec récupération de la chaleur des fumées en 1885. En 1901, la verrerie renferme 2 fours réfractaires, une usine à gaz (installée vers 1899), une turbine et une machine à vapeur de 25 ch. Les fours fonctionnent au bois jusqu'en 1905, remplacés par des fours semi-gazogènes Boetius chauffés à la houille. En 1929, la verrerie utilise deux fours, de 6 et 12 pots. La machine à vapeur est encore en service en 1945. La verrerie compte 8 maîtres verriers en 1613, 52 ouvriers en 1835, 135 en 1846, 80 verriers et 120 tailleurs en 1869, 195 ouvriers et 39 enfants en 1873, 100 verriers, 40 tailleurs, 50 manoeuvres, emballeurs, et 10 voituriers en 1901, 200 ouvriers en 1960, 271 personnes en 1990 et 200 en 2007.