Description historique
En août 1772, le duc de Chablais, frère du roi Victor Amédée III, fit un séjour à Aix, afin de prendre les eaux dont la renommée ne cessait de croître. Logé à proximité des sources, il fut frappé par l'état de vétusté et le peu de confort des installations existantes, et s´en fit l´écho à la cour de Turin. Le roi lui-même s'arrêta à Aix en 1775 et ne fut pas insensible aux suppliques des syndics d´Aix, concernant l´aménagement des sources. Il commanda les plans d'un bâtiment thermal à l'ingénieur militaire Filippo Nicolis de Robilant. Pour ce faire, celui-ci visita les plus renommés des établissements thermaux d´Europe. Un premier projet incluant les deux sources fut jugé trop coûteux par les intendants généraux du duché qui lui préférèrent un aménagement autour de la source de soufre uniquement. L´architecte Pietro Capellini était associé au projet, et c´est lui qui suivit le chantier, assisté par Félix Louison de Rumilly. L´entrepreneur, Etienne Basso, de la province de Biella en Piémont, fut attributaire du marché. Pour financer le projet, une imposition spéciale fut instituée pour moitié sur l´ensemble du royaume et pour une seconde partie sur le duché de Savoie avec une plus forte proportion pour la ville d´Aix. Les travaux s'achevèrent en 1783. Lors de l´entrée des troupes françaises en Savoie, en 1792, le bâtiment fut dévasté par les soldats de l´armée révolutionnaire qui y étaient logés. A partir de 1800, et après quelques travaux d´aménagement, la division dite des Princes abrita un hôpital militaire, et le reste de l´établissement fut affermé. Sous l´Empire, plusieurs projets de rénovation, d´amélioration, et même d´agrandissement furent étudiés ; celui de l´architecte Trivelly fut même approuvé en 1812, mais aucun n´aboutit, faute de financement. Les seuls travaux de la période française se résument à la construction de deux douches dans la division des Princes et à l´érection d´une fontaine extérieure d´eau thermale. Le bâtiment fut réparé à partir de 1816, grâce à un subside du roi. En 1818, une douche à grande chute fut aménagée dans la division dite d´enfer, jusqu´alors réservée aux indigents. En 1828, l´architecte attaché aux thermes, Joseph Teghil, remplaça le bassin central par six cabinets de bains tempérés, avec trois robinets pour les eaux de soufre, d´alun et les eaux froides. Enfin, en 1855, le bâtiment royal fut englobé dans les nouveaux thermes construits par l'architecte Pellegrini. Une grande piscine pour les hommes fut creusée en 1860, sous le contrôle de l'ingénieur Messonnier, à l'emplacement de la cour et du bassin semi-circulaire. Réhabilité, ce bâtiment est toujours en service aujourd'hui. La façade centrale du bâtiment et le fronton ont été dégagés en 2005, lors de la restauration de la piscine. A cette occasion, des vestiges remontant à l'époque romaine ont été mis au jour à l'avant de cette piscine.