Description historique
Le 16 et le 16 bis de la rue du Saint Gothard correspondent à la parcelle portant le n°4 sur les plans appartenant aux frères Sauton, entrepreneurs de travaux publics. Sur le plan le plus ancien de 1887, on voit très bien que la parcelle n°4 va de la rue du Saint Gothard à l’avenue Montsouris (avenue René Coty), et est très peu construite. Avant 1861, la propriété appartenait à la famille Gruinagem-Folcard. Ensuite un acte notarié mentionne que de 1861 à 1883 « le terrain et ses constructions compris entre le 16 et le 16 bis rue du Saint Gothard et le 31 avenue de Montsouris appartenait à la famille Bouret – Aubelot jusqu’à sa vente aux frères Sauton ».Le 25 juillet 1884, les frères Sauton, demandent une autorisation de construire un édifice à destination d’ateliers d’artistes au 16 bis rue du Saint Gothard. L’autorisation leur est accordée en 1886. C’est probablement dans cet atelier qu’a séjourné quelque temps Paul Gauguin. On sait d’après plusieurs biographies (Pierre Le Proton : Paul Gauguin, Chaix, Paris 1975 et Jean Marie Dallet : Je, Gauguin : Laffont, 1981), qu’il loua avec son ami Shuffenecker peintre lui aussi, un atelier sis au 16 et 16 bis rue Saint Gothard en 1889, au cour d’un de ses passages à Paris. Il semblerait que c’est dans cet atelier qu’il ait peint le portrait de « la famille Shuffenecker ». Cette hypothèse pourrait être confirmée par la vue au second plan du tableau qui représente le dôme de la chapelle de l’hôpital Saint Anne tel qu’on peut encore l’apercevoir depuis le bâtiment actuel. Ce bâtiment sur rue est actuellement complètement dénaturé, et n’a plus rien à voir avec l’atelier d’origine. Il est actuellement occupé par le peintre Sergio de Castro.En 1907 Anciaux von Elsberg rachète le terrain du 16 et du 16 bis pour y travailler. Ce sculpteur connu également sous le nom de Anciaux d’Elberg, est un élève de Capelier et Barrs. Il expose à la société des artistes français et obtient une mention en 1898. Il est membre de cette société à partir de 1901. En 1982, le décès du propriétaire et le règlement de la succession ont fait peser de grosses menaces de destruction sur l’ensemble des ateliers. L’édifice avait fait l’objet auprès des services municipaux de la Ville de Paris d’une déclaration d’aliénation du mois de mai 1983, mais en juin de la même année la mairie de Paris fait savoir qu’elle renonce à son droit de préemption sur le bâtiment. Cette menace de démolition a provoqué la demande de protection de la part de l’ensemble des locataires, mais les avis de l’époque n’étaient pas favorables à une protection monument historique, tout en reconnaissant l’intérêt de préserver les ateliers. Un compromis a pu être établi entre l’héritier du propriétaire, un marchand de biens et les artistes locataires qui sont peu à peu devenus propriétaires et y vivent toujours pour la plupart. Actuellement plusieurs ateliers sont vacants ou risquent de le devenir. Les copropriétaires demandent de nouveau une protection monument historique afin d’éviter une dénaturation des éléments existants.