Description historique
Après la fondation de l’usine de Flins en 1952, la seconde étape de décentralisation des établissements Renault se poursuit le long de la Seine, en aval, sur la commune de Cléon, avec la création d’une usine de mécanique spécialisée dans l’usinage et le montage des moteurs et des boites de vitesses, activités transférées de Billancourt. Le choix de Cléon, situé à mi-chemin entre Paris et Le Havre, à proximité des agglomérations d’Elbeuf et de Rouen, s’appuie sur plusieurs facteurs : la présence d’un réseau de communication complet regroupant l’eau, le rail et la route, la proximité du complexe pétrolier et électrique de la Basse-Seine pour l’alimentation énergétique, et l’accès au grand bassin de main-d’œuvre que représente l’agglomération d’Elbeuf alors frappée par la crise textile. Malgré la résistance du patronat local, la Régie finit par acquérir en 1955 les 160 ha nécessaires à l’implantation de cette nouvelle usine.Les travaux commencent en 1956. Une route est détournée, un embranchement ferroviaire de 4 km raccordé au réseau national est installé, un port de déchargement avec appontement et portique est aménagé sur la Seine… Les premiers bâtiments, l’atelier de fabrication de boîtes de vitesses, la centrale électrique et le château d’eau sont achevés en 1957. L’usine est équipée de machines-transferts, provenant de Billancourt.Le 2 septembre 1958, avec un effectif de 60 personnes, l’usine ouvre enfin ses portes. Les premières boîtes de vitesse destinées à la Dauphine sortent des chaînes de fabrication. En 1960, 1000 boites de vitesses sont produites par jour. L’extension de l’usine se fait ensuite par étapes, au fur et à mesure des besoins et des lancements de nouveaux modèles. En 1959, l'atelier de traitement thermique (où s’opère le durcissement des pièces par carbonitruration) et la fonderie d’aluminium entrent en activité. Cette dernière alimente les ateliers de fabrication de moteurs et de boîtes de vitesse en pièces en alliage d’aluminium : carters de boites de vitesse et de moteurs, pistons, arbres à cames…En 1960, le premier atelier de fabrication de moteurs est édifié, puis un second en 1970. En 1962, un million de boites de vitesses et 100000 moteurs sont produits. En 1964, le premier carter cylindre en aluminium est coulé. En mai 1966, un million de moteurs sont produits. En 1970, la première boite de vitesses avec carter en fonte sort de l'usine.Constructions et extensions se poursuivent durant les décennies 70 et 80 avec notamment celles des bureaux de la direction, des bâtiments d'entretien, de métrologie, du laboratoire… En 1974, la station d'épuration est inaugurée. En 1978, l’usine de Cléon a à son actif 9 millions de moteurs et 16 millions de boites de vitesses.Le second atelier de fabrication de moteurs est agrandi en 1981. La surface bâtie de l’usine atteint à cette date 135 ha, l’ensemble des bâtiments étant desservi par un réseau routier interne de 6 km et par un réseau ferré interne de 3,5 km. L’effectif de l’usine s’accroît à l’avenant.De 1500 en 1960, le nombre d’employés passe la barre des 7000 en 1970. Le chiffre record de 9500 employés est atteint en 1983 puis décroît progressivement pour se stabiliser autour de 4 700 à la fin des années 2000. Avec un tel effectif, l’usine de Cléon compte, avec sa consœur de Sandouville, parmi les plus importants employeurs de la Basse-Seine. Afin d’éviter la densification de l’habitat dans l’environnement immédiat de l’usine, la Régie a opté pour la construction de logements collectifs et individuels, près de 1200 au total, à Cléon et sur les communes satellites, à Oissel, à Elbeuf, aux Essarts notamment. Seuls quelques petits immeubles seront édifiés près de l’usine.