Usine à papier
Usine de papier d'impression ; usine de papier journal ; usine de papier couché ; usine de carton ondulé
La Chapelle Darblay
Papeterie de la Chapelle puis Chapelle-Darblay, puis Nouvelle Société Chapelle-Darblay, puis Kymmene, puis Kymmene-UPM, puis Otor
Normandie ; Seine-Maritime (76) ; Saint-Etienne-du-Rouvray ; rue Désiré Granet
Vallée de la Basse-Seine
Désiré Granet (rue)
1982 AN 64,65,125
En ville
La Seine
Atelier de fabrication ; centrale thermique ; cheminée d'usine ; entrepôt industriel ; magasin industriel ; station d'épuration ; bureau ; logement patronal ; logement de contremaître ; logement d'ouvriers ; voie ferrée ; quai
2e quart 20e siècle ; 3e quart 20e siècle ; 4e quart 20e siècle
1929 ; 1935 ; 1937 ; 1958 ; 1966 ; 1990
Daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques
Signature ; attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques
Société anonyme de La Chapelle (propriétaire ; commanditaire) ; société anonyme Chapelle-Darblay (propriétaire ; commanditaire) ; Nouvelle Société Chapelle Darblay (propriétaire ; commanditaire) ; Kymmene (propriétaire ; commanditaire) ; UPM (propriétaire ; commanditaire)
Profitant de la loi du 2 mars 1928 taxant faiblement le bois d’importation et lourdement la pâte et le papier importé, mise en place par le Gouvernement Pointcarré pour relancer l’industrie papetière en France, deux négociants en papier, le français Jacques Bachtold et le suisse Carl Thiel se lancent dans l’aventure : ils fondent le 20 novembre 1928 la société anonyme de La Chapelle, dotée d’un capital de 5 MF d’origine suisse essentiellement et font édifier en 1929 à Saint-Etienne-du-Rouvray, à 10 km en amont de Rouen, une grande usine de papier journal et d’impression. L’usine occupe un vaste terrain de 55 ha, pris sur le domaine de la seigneurie de Chapelle St-Bonnet et inséré entre la voie ferrée Paris-Rouen et la rive gauche de la Seine. Cette implantation lui permet d’utiliser la voie fluviale pour importer le bois scandinave et charbon anglais qui lui servent de matières premières mais aussi de puiser dans le fleuve toute l’eau nécessaire pour son fonctionnement.Sa proximité avec le chemin de fer lui assure un moyen de transport pour expédier les produits finis jusqu’à la capitale, la région parisien demeurant la plus grosse consommatrice de papier d’impression. A ses abords, entre la voie ferrée et la rue Docteur Cotoni, est édifié au même moment un petit lotissement comprenant 16 maisons jumelées (32 logements) et 13 maisons individuelles réservées au personnel qualifié et d’encadrement. Cet ensemble est complété par deux maisons d'ingénieurs construites à l’entrée de l’usine et signées de l’architecte Roger Hummel, prix de Rome en juillet 1928. Lors de sa mise en route, en janvier 1930, l’usine dispose d’une râperie permettant de déchiqueter les rondins, d’un atelier de concassage et de deux lignes de production équipées chacune d’une machine à papier de marque allemande Voith de 3,80 m de laize. La pâte nécessaire à leur alimentation est réalisée sur place à partir de bois résineux et de cellulose acheminés par voie fluviale, déchargés via un appontement de 110 m de longueur équipé de puissantes grues et stockés à ciel ouvert. Des canaux assurent le transport des grumes jusqu’à la râperie où elles sont défibrées avant d’être transformées en pâte mécanique. Les balles de cellulose sont traitées séparément dans l’atelier de trituration. L’énergie nécessaire au fonctionnement du site est produite par une centrale thermique à charbon comprenant une chaudière Steinmuller de 720 m² et une chaudière Sulzer de 960m² qui alimente des turboalternateurs de marque suisse Brown Boveri. Enfin l'eau utilisée dans le processus de fabrication est prélevée de la nappe souterraine par 7 puits via une station de pompage pouvant fournir 1 800 m3/h. Enfin l'eau de la Seine utilisée pour l’alimentation des chaudières est aspirée par 3 pompes pouvant fournir 3 600 m3/h.Afin de doubler la capacité de production du site, deux machines à papier supplémentaires, également de marque allemande Voith, sont installées en 1935 et 1937 ainsi que 4 chaudières supplémentaires Steinmuller de 520 m² alimentées au fuel. En 1939, l’usine emploie plus de 850 personnes, produit 98 000 T de papier par an et la direction de l’entreprise revient entièrement à Carl Thiel suite au décès de son associé.Durant le Seconde Guerre mondiale, la production de l’usine ralentit fortement en raison des difficultés d’approvisionnement et en conséquence son effectif est réduit à 380 salariés. Les sinistres occasionnés par les bombardements de 1944 sur les stocks, les équipements et les bâtiments (la râperie, l’atelier des deux machines à papier et la centrale électrique) impactent également l’usine. A la Libération, le redémarrage de l’activité est perturbé par les accusations de collaboration portées sur Carl Thiel qui entrainent la mise sous séquestre de la papeterie de Saint-Etienne-du-Rouvray. Une fois les sanctions levées, l’usine retrouve en 1952 sa capacité d’avant-guerre avec une production de 80 000 T de pâte mécanique et 100 000 T de papier par an. L’usine compte alors 1 170 employés. La démission de Carl Thiel en 1957 et le renouvellement du conseil d’administration aboutissent en 1960 à sa prise de contrôle par le groupe britannique Bowater, leader mondial du papier journal. La fin des années 1950 est aussi marquée par la diversification de la production avec la fabrication de papier couché dédié à l’impression de revue et magazines. Pour cela deux des quatre machines existantes sont adaptées à cette nouvelle activité et une cinquième machine, de marque américaine Beloit, est installée en 1958. Avec une laize de plus de 7 m de large, une vitesse de 1000m/mn et une capacité de production annuelle de 170 000 T de papier, cette machine géante fait figure de modèle. En 1966, une centrale électrique est mise en service pour remplacer l’ancienne centrale thermique et les six turboalternateurs utilisé jusqu’alors (l’un d’eux restera néanmoins sollicité pour l'alimentation d'une machine).En 1968, la fusion des Papeteries de la Chapelle avec les Papeteries Darblay entraîne la réunion au sein du même groupe des deux grandes papeteries de la région rouennaise, celle de Grand-Couronne et celle de Saint-Étienne-du-Rouvray. Cette dernière assure alors une production de 225 000 T de papier par an, dont plus de la moitié de papier couché, et emploie un effectif de 1 500 employés. Malgré ses excellents chiffres, en 1971 le groupe Bowater en pleine restructuration décide de se séparer de la société Chapelle-Darblay au profit de l’investisseur Paribas. Mais l'accroissement de la concurrence étrangère sur le marché du papier journal au cours des années 1970, oblige la société Chapelle Darblay à passer sous le contrôle de l’Institut de Développement Industriel, organisme administré par l’Etat et Paribas. Malgré les 200 MF d’aides et autant de prêts accordés par les pouvoirs publics, le groupe Chapelle-Darblay est contrainte au dépôt de bilan en décembre 1980. Après trois années de crise et cent jours d’occupation d’usine, la reprise des papeteries normandes du groupe Chapelle-Darblay par la société néerlandaise Parenco et la création en janvier 1984 de la Nouvelle Société Chapelle Darblay sauve l’usine. Le plan de restructuration mis en œuvre recentre l’activité du site sur la seule production de papier couché. En 1990, l’usine est rachetée par le groupe finlandais Kymmene, second producteur mondial de papier de papier d’impression et équipée d’une unité de fabrication de pâte thermomécanique ultramoderne. En 1995, Kymmene est absorbé par le groupe finlandais UPM. Le 23 juillet 1997, l’usine Kymmene-UPM est cédée au groupe français Otor pour la somme de 20 MF. Suite à ce rachat, le site est reconverti à la fabrication de papier léger ondulé. Mais la baisse du cours du carton ondulé au début des années 2000 touche de plein fouet l’usine tandis l’acquisition du groupe Otor par un fonds de pension américain en 2005 annonce quasiment sa fermeture. Pour éviter cette solution extrême, une restructuration de l'appareil industriel est opérée en 2006 : les lignes de fabrication les plus anciennes sont arrêtées, l’effectif réduit à 114 employés et la production annuelle maintenue à 250 000 T de papier ondulé.
Brique ; silex ; granite ; béton ; parpaing de béton
Ardoise ; tuile mécanique
1 étage carré ; étage de comble
Charpente métallique apparente
Élévation à travées
Toit à longs pans pignon couvert ; croupe
Énergie électrique ; produite sur place
La papeterie est constituée d'ateliers de type halle construits en maçonnerie de brique, parpaing de béton et charpente métallique. Le logement patronal est construit en brique sur un étage et un étage de comble, toit à longs pans, croupe, ardoise en couverture, lucarnes. Les logements de contremaîtres sont en granite et s'élèvent sur un étage plus un étage de comble, couvert d'un toit à longs pans avec lucarne. Les logements d'ouvriers sont bâtis sur un étage en maçonnerie de brique et silex.
IM76004110 ; IM76004111 ; IM76004106
Machine énergétique (étudiée dans la base Palissy)
Propriété d'une société privée
1995
(c) Région Normandie - Inventaire général
1996 ; 2005
Real Emmanuelle
Dossier avec sous-dossier
Région Normandie – Service Inventaire du patrimoine