Usine à papier
Usine à papier journal
Sonopa, puisPapeteries Darblay, puisChapelle Darblay, puisKymmene, actuellementUPM
Papeterie Sonopa, puis Papeteries Darblay, puis Chapelle Darblay, puis Kymmene, puis UPM
Normandie ; Seine-Maritime (76) ; Grand-Couronne ; boulevard Maritime
Vallée de la Basse-Seine
Maritime
1982 AB 151
En ville
La Seine
Atelier de fabrication ; chaufferie ; cheminée d'usine ; aire des matières premières ; station d'épuration ; laboratoire ; quai ; voie ferrée ; logement d'ouvriers ; cité ouvrière
2e quart 20e siècle ; 3e quart 20e siècle ; 4e quart 20e siècle ; 1er quart 21e siècle
1929 ; 1933 ; 1936 ; 1960 ; 1987 ; 2006
Daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques
La Société Nouvelle de Papeterie (Sonopa) est créée le 3 novembre 1927 par l’industriel et homme politique Louis Loucheur pour relancer l’industrie papetière française qui, mise à mal durant la Grande-Guerre, est incapable de satisfaire la demande croissante en papier journal notamment et se trouve donc supplantée par la concurrence étrangère. Dotée d’un capital de 60 MF, la nouvelle société anonyme a pour mission la construction d’une grande usine moderne spécialisée dans la fabrication de papier de presse à Grand-Couronne et d’en assurer l’exploitation. Dans ce but, elle rachète en 1928 le terrain de 30 ha en bord de Seine qu’occupaient les Aciéries de Grand-Couronne définitivement fermées en 1926. A cet endroit, l’usine bénéficie des voies de communication maritime, ferroviaire et routière qui lui sont nécessaires pour son approvisionnement en matière première (bois scandinave, charbon) et ses expéditions de papier vers la région parisienne. La construction de l’usine, financée à l’aide des dommages de guerre, démarre en 1928. Les travaux sont supervisés par Pierre Champeaux, nommé directeur de la SONOPA. L’usine est mise en service en juin 1929. Elle est équipée d’un outil de production ultra moderne. Elle reçoit notamment la plus importante machine à papier installée en France, une machine de marque allemande Voith de 5,30 m de laize qui lui permet de produire 80 T de papier par jour. Mais peu après son ouverture, la papeterie est victime d’un violent incendie qui retarde de six mois sa pleine activité. C’est également en 1929 que la Sonopa entreprend la construction de 150 logements (dont la plupart ont disparu aujourd’hui) sur la commune de Grand-Couronne, en contre-bas de la voie ferrée.En 1932, la société Darblay, grand groupe papetier français, à la tête d’importants sites de production à Corbeil-Essones (91) et à Bellegarde-sur-Valserine (01) profite de la restructuration financière de la Sonopa pour faire main basse sur 70 % de son capital et s’implanter dans la région rouennaise. Disposant ainsi de moyens financiers accrus, l’usine de Grand-Couronne fait l’objet des extensions importantes : un nouvel atelier de production est édifié en 1933 pour recevoir une seconde machine à papier Voith de 3,60 m de largeur et l’année suivante une troisième machine de marque anglaise Walmsleys de 5,30 m de laize est installée sur le site, ainsi que six défibreurs permettant d’améliorer la qualité du papier produit. En 1936, l'usine est dotée d'une centrale thermique haute pression qui produit 120 millions de Kwh par an. Elle comprend une chaufferie à 30 kg de pression équipée d'une chaudière à 130 kg de pression. Le courant à 5 000 volts est distribué dans les ateliers par des sous-stations électriques qui alimentent 1 100 moteurs. Avec ses trois lignes de fabrication, sa capacité de production annuelle atteint 85 000 T en 1937, et 90 000 T en 1939. C’est alors l’une des plus importantes usines de papier d’impression du pays. La pénurie de matières premières durant la Seconde Guerre mondiale entraine une baisse brutale de l’activité qui chute à 10 000 T par an. Bien que touchée par une soixantaine d’obus lors des bombardements d’aout 1944, l’usine sort de la guerre sans trop de dégâts et retrouve sa pleine capacité de production en 1947.Les années 1950 sont marquées par le développement de l’outil de production pour assurer la fabrication de pâte mécanique. Deux râperies destinées à transformer les rondins en copeaux sont mises en place, complétées en 1960 par la création d’un atelier de blanchiment de la pâte. Cette nouvelle activité augmente considérablement consommation en eau de l’usine (qui atteint alors 2500 m3 par tonne de papier produit) et nécessite l’installation d’un système de pompage et de filtrage d’eau. Elle dispose également d’un stock permanent de 100 000 stères de bois. Avec une production annuelle de 95 000 T, l’usine de Grand-Couronne assure alors 28% de la fabrication de papier journal en France.En 1960, la Sonopa est entièrement absorbée par la société anonyme des Papeteries Darblay qui fusionne à son tour, en 1968, avec les Papeteries de la Chapelle, propriétaire de l’usine de papier de Saint-Étienne-du-Rouvray, pour fonder le groupe Chapelle-Darblay. Cette restructuration s’accompagne d’un nouveau programme de développement : les trois lignes de fabrication sont successivement modernisées, portant la production à plus de 150 00 T de papier journal par an. En 1973, l’usine emploie près de 800 salariés.L’accroissement de la concurrence étrangère au cours des années 1970, contraint le groupe au dépôt de bilan en décembre 1980, malgré l’aide financière de 400 MF (en prêt et subvention) concédée par les pouvoirs publics. Après trois années de crise, la reprise des papeteries normandes du groupe Chapelle-Darblay par la société néerlandaise Parenco et la création en janvier 1984 de la Nouvelle Société Chapelle Darblay sauve l’usine de Grand-Couronne. Un plan de modernisation et de restructuration est lancé : les trois anciennes lignes de fabrication sont remplacées en 1987 par une machine ultramoderne capable de produire 350 000 T de papier par an. L’effectif de l’usine passe alors sous la barre des 500 employés. En 1990, le rachat de la Nouvelle Société Chapelle Darblay par le groupe finlandais Kymmene, deuxième producteur mondial de papier d’impression, relance l’activité : une nouvelle unité de production de pâte à partir de fibres recyclées est créée, nécessitant la mise en service de deux lignes de désencrage pour le traitement des vieux papiers. Grace à ces investissements, l’usine devient dès 1991 le leader français dans la fabrication de papier journal composé à 100% de papiers recyclés.En 1995, Kimmene est absorbé par le groupe finlandais UPM qui revend la papeterie de Saint-Etienne du Rouvray pour ne conserver que celle de Grand-Couronne, plus rentable.Pour réduire sa facture énergétique et son impact environnemental, l’usine est dotée en 2006 d’une chaudière biomasse dans laquelle sont incinérés les déchets de bois et les boues de désencrage issues du traitement des papiers recyclés. Bien que pionnière dans le recyclage et l’économie circulaire en assurant 25 % des besoins des imprimeries françaises en papier journal, le groupe UPM a fermé l'usine en juin 2020, laissant au chômage 228 salariés
Béton ; béton armé ; brique ; maçonnerie
Béton en couverture ; métal en couverture
En rez-de-chaussée
Charpente en béton armé apparente
Élévation à travées
Terrasse ; toit à longs pans pignon couvert ; toit bombé ; lanterneau
Énergie thermique ; produite sur place ; énergie électrique ; produite sur place
Deux ateliers de fabrication sont construits en rez-de-chaussée, en brique et charpente en béton armé, toit à longs pans, pignon couverts, métal en couverture. Un troisième atelier construit de façon identique est couvert d'un toit bombé en béton. La chaufferie est construite en brique et béton armé, toit en terrasse, lanterneau. Cheminée d'usine en brique.
Établissement industriel désaffecté
Architecture contemporaine remarquable
À signaler
Propriété privée
1995
(c) Région Normandie - Inventaire général
1996 ; 2008
Real Emmanuelle
Dossier individuel
Région Normandie – Service Inventaire du patrimoine