Haut fourneau
Hauts Fourneaux de Rouen s. a.
Hauts Fourneaux de Rouen s. a.
Normandie ; Seine-Maritime (76) ; Le Grand-Quevilly ; boulevard de l'Industrie
Vallée de la Basse-Seine
Le Grand Aulnay
De Stalingrad (boulevard)
En écart
La Seine
Cité ouvrière
1er quart 20e siècle ; 3e quart 20e siècle (détruit)
1917 ; 1923 ; 1976
Daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques
La perte des régions de l’Est et du Nord durant la première Guerre Mondiale prive la France de près de 30% de sa production sidérurgique dont 81% de sa fonte. Recréer un grand complexe métallurgique regroupant hauts fourneaux, fonderies et aciéries est impératif. Grace à ses capacités portuaires et sa situation géographique, proche du front mais à l’abri du conflit, la vallée de la Basse-Seine constitue le secteur le plus à même pour accueillir le complexe métallurgique dont la France a besoin même si cela nécessite d’importer la totalité des matières premières : le fer de Suède, d’Espagne et d’Algérie (et dans une moindre mesure, de Basse-Normandie), le charbon d’Angleterre, acheminés l’un et l’autre par voie maritime jusqu’à Rouen. Le projet de faire de la région de Rouen un grand centre métallurgique émerge en fait à la veille du conflit. Dans un souci d’indépendance économique vis-à-vis de l’Allemagne, un consortium réunissant les plus grandes compagnies métallurgiques françaises (la Compagnie des Forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons, la société de Commentry, Fourchambault et Decazevlle, la société de Pont à Vendin, les aciéries de Micheville, les forges de Gueugnon, la société Capitain, Gény et Cie, la société de Wendel et Cie et les établissements Delattre et Frouard) prend la décision de fonder une grande usine de fontes fines près du port de Rouen. La société anonyme des Hauts Fourneaux de Rouen est créée le 14 mars 1913 et dotée d’un capital de 5 millions de francs. La construction des hauts fourneaux débute en avril 1914. L’usine est édifiée à Grand-Quevilly, en bord de Seine, sur un terrain acheté aux hospices de Rouen. Les travaux sont ajournés durant les premiers mois de la guerre en raison des problèmes d’approvisionnement en matières premières et du manque de main-d’œuvre puis relancés en janvier 1916 sur la demande expresse du ministère de la Guerre en raison de l’intérêt majeur que revêt la production de fonte pour la défense nationale. Dans le même temps, le capital de la société des Hauts Fourneaux de Rouen est porté à 9 millions de francs. Les travaux de construction se montent à terme à 12 millions de francs. Le premier haut fourneau est mis à feu le 19 août 1917 avec 150 ouvriers, le second peu avant a fin de la guerre, en 1918. Outre ses deux hauts fourneaux pouvant produire 8 000 T de fonte par mois, l’usine comprend deux batteries de 60 fours à coke à récupération d'une capacité de 18 000 T de coke par mois, des installations de récupération pour fournir les sous-produits du coke utilisés par les industries de guerre (benzol, goudron, sulfate d'ammoniac), une distillerie de goudron, une cimenterie de laitier capable de produire mensuellement 2 000 T de ciment de différentes qualités (laitiers, Portland…). Grâce à ces installations et un effectif porté à 600 personnes, l’usine assure en 1921 la production de 8 000 T de fonte par mois, dont 2 T de pièces moulées. En 1923, la mise en service d’un troisième haut fourneau permet de porter la production à 1 000 T de fonte par jour. En 1930, l’usine dispose d’un effectif de 870 salariés pour assurer le fonctionnement de toutes ces installations. La plupart sont logés dans les huit cités ouvrières de 430 logements bâtis aux alentours du site, comprenant également une coopérative d’achat, une crèche, un groupe scolaire de 6 classes, une école d’apprentissage, une salle des fêtes, une cantine, une infirmerie et une chapelle. La crise de 1929 entraine une baisse de plus de 75% de l’activité en 1933 : deux hauts fourneaux sont mis à l’arrêt et l’effectif réduit à 664 personnes. Malgré la reprise de l’activité au cours des années 1930, la situation de la société reste fragile jusqu’à la Seconde Guerre mondiale du fait de la concurrence étrangère et des barrières douanières qui limitent à la fois les importations de matières premières et es possibilités d’exportation.Le second conflit mondial marqué par l’occupation allemande réenclenche à nouveau une baisse de la production et de l’effectif de l’usine. En juin 1945, elle ne compte plus que 325 personnes contre 885 en juin 1940. La reprise de l’activité sidérurgique au lendemain de la guerre est renforcée dès 1948 par la vente du gaz issu des fours à coke auprès des consommateurs de l’agglomération rouennaise. Les Hauts Fourneaux de Rouen constituent alors la seule usine à gaz encore en capacité de fonctionner sur ce territoire jusqu’en 1955. L’arrêt de cette activité à partir de cette date est un coup rude pour l’usine déjà confrontée aux difficultés de la production sidérurgique française face à la concurrence étrangère. Pour résister à la crise, la société des Hauts Fourneaux opère une diversification de sa production, sans obtenir les effets escomptés. Faute de pouvoir trouver les investissements nécessaires pour moderniser ses installations et diminuer ainsi ses couts de production, l’usine n’est plus rentable. Un regroupement avec d’autres sociétés sidérurgiques n’étant pas envisageable étant donné la politique nationale de recentrement de l’activité dans l’Est et le Nord, l’usine est condamnée. Sa production tombe à 25 000 T en 1965. En décembre 1967, la décision est prise de fermer l’usine qui compte encore 460 employés. Faute de repreneurs potentiels, toutes les installations sont détruites en 1976 pour faire place à la nouvelle zone industrielle du Grand Aulnay et le 30 juin de la même année la société des Hauts Fourneaux de Rouen est dissoute.
Énergie thermique ; produite sur place
L'usine est détruite.
Détruit
1996
(c) Région Normandie - Inventaire général
1996 ; 2006
Real Emmanuelle
Dossier individuel
Région Normandie – Service Inventaire du patrimoine