Centrale thermique ; centrale électrique
Usine de chaudronnerie
Centrale électrique Yainville 1
Normandie ; Seine-Maritime (76) ; Yainville
Vallée de la Basse-Seine
Bac (le)
2010 AB 101
Isolé
La Seine
Salle des machines ; quai ; aire des matières premières ; bureau ; transformateur ; chaufferie ; station de pompage
1er quart 20e siècle ; 2e quart 20e siècle ; milieu 20e siècle
1921 ; 1930 ; 1931 ; 1946
Daté par source ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par source ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques
Attribution par source ; attribution par travaux historiques
Société Havraise d’Énergie Électrique (propriétaire ; commanditaire)
En 1917, la Société Havraise d’Énergie Électrique (SHEE) implantée au Havre depuis 1889 ainsi qu'à Bolbec, entreprend la conquête du vaste arrière-pays cauchoix qui, avec ses petites villes et vallées industrielles, est la promesse de débouchés fructueux. Le projet s’appuie sur la construction d’une nouvelle centrale thermique sur la commune de Yainville idéalement située en bord de Seine et au cœur de la région à desservir. Cette localisation fluviale doit permettre à l’usine de bénéficier d’une voie de communication pour d’importer aisément son combustible et de ressources en eau suffisante pour alimenter ses chaudières et circuits de refroidissement.L’emplacement retenu par la SHEE est celui d’une ancienne carrière calcaire. Par achat de parcelles successives, elle devient propriétaire de 12 ha entre la Seine et le chemin de grande communication n° 134. Le prix modique du terrain, la qualité du sol assurant des fondations sûres et la possibilité d’utiliser la pierre extraite de la falaise pour ériger tout ou partie des bâtiments apparaissent comme de précieux avantages. Les travaux sont lancés à la fin de l’année 1918, sans être soumis à réglementation. En effet, les centrales thermiques ne sont alors assujetties à aucune autorisation préalable (celle-ci ne deviendra obligatoire qu’à partir de 1935 - décret-loi du 30 octobre 1935). Cependant, du fait de la guerre, la construction de l’usine est assujettie à l’autorisation du ministère de l’Armement qui donne son feu vert en septembre 1918. La construction de la centrale occupe les deux années 1919-1920. L’usine est édifiée face à la Seine : chaufferie, salle des machines occupent les deux grandes halles centrales équipées chacune d’un pont roulant de 25 T, bureaux et services administratifs le corps de bâtiment qui prolonge l’usine au sud. Le sol constitué de roche solide permet des fondations sûres et économiques. Ses façades sont constituées de blocs de calcaire extraits de la falaise, sa charpente est en métal riveté. Un appontement de 80 m sur la Seine assure la réception des bateaux et péniches transportant le charbon qui lui sert de combustible et qui est stocké sur un parc à charbon aménagé le long du quai, au nord de l’usine. Les travaux sont achevés en janvier 1921 et la centrale est mise en service dans la foulée, sous la direction de l’ingénieur Henri Laboureur et la conduite de 68 agents dont 53 techniciens.La nouvelle usine électrique développe une puissance de 11 500 kW et produit du courant alternatif triphasé à 5 000 V mais aussi du courant continu. Elle est équipée pour cela de trois groupes turboalternateurs : deux de 5 MW de fabrication Oerlikon, un de 1,5 MW dont la turbine provient d’un paquebot. Ces moteurs sont alimentés en vapeur à 15 kgf/cm2 et 325°C par six chaudières de type Clarke Chapman provenant de la société lilloise Cordonnier et Cie, ayant chacune une surface de chauffe de 332 m2 et produisant 8,5 T/h de vapeur à 360°C. La centrale de Yainville a une production différenciée : elle fonctionne à plein régime en journée (de 6h à 18h) avec les deux groupes turboalternateurs de 5 MW et à bas régime la nuit et le week-end avec le groupe de 1,5 MW acheté à cet effet.Question distribution, une ligne aérienne de 30 000 V est créée pour permettre la connexion avec les réseaux du Havre puis prolongée en 1923 jusqu'à Bolbec, Yvetot, Barentin, Pavilly… pour alimenter les nombreuses industries implantées sur le secteur. Côté Eure (en rive gauche du fleuve), le contrat passé entre la SHEE et la société Normande d’Électricité qui exploite le réseau de distribution dans ce département, autorise la mise en place, dès 1921, de deux câbles passant sous la Seine, reliant la centrale au poste de transformation d'Heurteauville. Pour faire face à la demande croissante des industries locales, et notamment aux énormes besoins des chantiers navals du Trait avec lesquels un contrat vient d’être passé, la SHEE se trouve rapidement dans l’obligation d’augmenter la puissance de sa centrale en la dotant de moteurs plus puissants. Le programme d’extension de l’usine est engagé en 1928. Les travaux, confiés à la Société Générale d’Entreprise, entraînent l’agrandissement de la salle des machines qui est prolongée à l’est, coté falaise et la construction d’une nouvelle chaufferie au nord de l’usine. A l’issue des travaux, les installations de 1930 comprennent : Les trois groupes turboalternateurs d’origine totalisant 11,5 MW. En 1938, l’un des deux groupes de 5 MW installés en 1920 est transformé pour pouvoir être alimenté en vapeur à 30 kgf/cm2 et 400°C comme les groupes de 15 MW.Les deux nouveaux groupes turboalternateurs de 15 MW chacun provenant de la Cie Electro-Mécanique constitués d’une turbine à 30000 tr/mn alimentée en vapeur à 30 kgf/cm2 et 400°C. Quatre chaudières de fabrication Alsthom, type Stirling, à 3 corps, de 575 m2 de surface de chauffe, de 20 t/h de débit (27t/h en régime poussé) de vapeur surchauffée à 35 kgf/cm2 et 425°C. Un poste électrique, partiellement réalisé en 1920, composé d’un ensemble de cellules 5 000 V et 30 000 V pour alimenter les réseaux correspondants et de transformateurs 5 000/30 000 V et 5 000/90 000 V. Forte de ces nouveaux équipements, la centrale a désormais une puissance installée de 42,5MW. Des progrès sont également apportés coté logistique : un appontement pouvant recevoir des navires charbonniers de 6 000 T est aménagé en 1930. Puis le 28 aout 1931, le raccordement de l’usine à la voie ferrée Barentin-Caudebec, elle-même connectée à la ligne Paris-Le Havre, lui permet d’augmenter et de diversifier ses approvisionnements en combustible. Le charbon anglais est alors complété par celui du Nord.Parallèlement, pour valoriser les déchets de la chaufferie (escarbilles, mâchefers générés et autres résidus issus de la combustion…), une fabrique de parpaings et de briques siliceuses est créée sur le site de la centrale. En 1928, sa production journalière est d’environ 800 agglomérés et 10 000 briques.La centrale redimensionnée exige pour son fonctionnement le doublement de son effectif à 130 agents. Pour loger ses salariés, la SHEE fait construire au début des années 1930 la cité de la côte Béchère, complétée en 1936 par la cité de la Bucaille aménagée par la société des HBM de la Seine-Maritime, dans laquelle elle a des actions. Le personnel d’encadrement bénéficie, quant à lui, d’un logement de fonction gratuit aux abords de l’usine, moyennant une disponibilité totale en cas d'intervention en dehors des heures de travail, comme le stipule le règlement interne du 10 octobre 1934.Peu avant la Seconde Guerre mondiale, la centrale Yainville et le réseau qu’elle alimente sont reliés par une ligne de 90 000 V au poste de la Vaupalière et au réseau général d’interconnexion à 220 000 V. Pendant la guerre, la centrale devient une cible privilégiée des sabotages et bombardements aériens. Celui du 30 juillet 1943 notamment entraine de lourds dégâts sur la centrale et ses appontements et la destruction totale de la station de filtrage de l’eau au sulfate d’alumine ainsi que de la fabrique de briques en mâchefer. La chaufferie est touchée à son tour par deux obus lors des bombardements d’août 1944. Enfin, les sabotages occasionnés à la même période par l’armée allemande avant son départ anéantissent les alternateurs et transformateurs de l’usine.A la libération, la remise en état de la centrale nécessite six mois de travaux. Ils portent essentiellement sur le matériel installé en 1930 et leur coût s’élève à 26 MF. Mais son activité est de courte durée car l'inauguration, en 1950, de la seconde centrale électrique de Yainville entraîne le déclassement progressif des deux groupes turboalternateurs de la centrale primitive. La première centrale de Yainville est définitivement arrêtée en 1954. Ses bâtiments sont alors réutilisés par EDF comme ateliers et magasins pour son nouveau site de production, jusqu'à la fermeture définitive de ce dernier en 1985. En 1996, la centrale primitive de Yainville est vendue par EDF à la société de maintenance industrielle EMI qui la reconvertit en chaudronnerie industrielle.
Béton ; parpaing de béton ; calcaire ; moellon
Tuile mécanique
En rez-de-chaussée
Charpente métallique apparente
Toit à longs pans brisés pignon découvert
Énergie thermique ; produite sur place
La centrale thermique Yainville 1 se compose de trois corps de bâtiments contigus édifiés en béton armé et moellon de calcaire en remplissage partiel face à la Seine. Bâtis de plain-pied avec une grande hauteur sous toiture, ils abritent la chaufferie, la salle des machines (qui est équipé d'un pont roulant de 25 tonnes) et le poste électrique. Au nord de l'usine se trouve l’aire des transformateurs. Les bureaux de l'administration et de la direction occupent un bâtiment indépendant, au sud de l’usine. Pour la réception du charbon, la centrale électrique dispose d'un appontement de 80 m aménagé sur la Seine et d'un raccordement privé qui relie le site à ligne de chemin de fer venant de Barentin. Le combustible est entreposé à proximité de la chaufferie dans un petit parc à charbon parallèle au quai.
Établissement industriel désaffecté
À signaler
Propriété d'une société privée
2005
(c) Région Normandie - Inventaire général
2007
Real Emmanuelle
Dossier avec sous-dossier
Région Normandie – Service Inventaire du patrimoine