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Plateforme ouverte du patrimoine

Raffinerie de pétrole Luciline

Désignation

Dénomination de l'édifice

Raffinerie de pétrole ; distillerie

Précision sur la dénomination de l'édifice - hors lexique

Distillerie d'huiles de pétrole ; usine de pétrole lampant ; usine de graisse industrielle

Appellation d'usage

Luciline

Titre courant

Raffinerie de pétrole Luciline

Localisation

Localisation

Normandie ; Seine-Maritime (76) ; Rouen ; du Mont Riboudet (avenue) 69

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Vallée de la Basse-Seine

Adresse de l'édifice

Du Mont Riboudet (avenue) 69

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Nom du cours d'eau traversant ou bordant l'édifice

La Seine

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

3e quart 19e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1863 ; 1890 ; 1928

Commentaires concernant la datation

Daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

Attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques

Personnalités liées à l'histoire de l'édifice

Abraham Cohen et Cie (propriétaire ; commanditaire) ; Guérard Alfred (propriétaire) ; Deutsch de la Meurthe Alexandre (propriétaire ; commanditaire) ; Deutsch de la Meurthe Henry (propriétaire ; commanditaire) ; Deutsch de la Meurthe Emile (propriétaire ; commanditaire) ; société anonyme des Pétroles Jupiter (propriétaire ; commanditaire)

Description historique

La Luciline est la première raffinerie de pétrole implantée dans la vallée de la Basse-Seine, ou plus exactement la première distillerie dédiée à la rectification des huiles de pétrole. Elle est fondée en 1863 par la société parisienne Abraham Cohen et Cie, associée à l’industriel rouennais Alfred Guérard inventeur de la marque Luciline, suite à la demande officielle déposée le 10 juin 1863 à l’administration pour procéder à son installation. La réponse ne se fait pas attendre : le 7 juillet 1863 un avis favorable est donné par le maire de Rouen, Charles VERDREL, qui voit dans cette industrie prometteuse une solution à la crise cotonnière qui frappe durement l’économie de la région mais aussi un nouveau débouché en termes d’importation pour soutenir le trafic maritime du port de Rouen. La position du maire est confortée par le rapport positif de l’ingénieur des Mines spécialisé en minéralogie qui donne feu vert au projet le 10 septembre 1863.L’usine est construite durant automne 1863 dans la partie ouest de la ville sur la rive droite du fleuve, entre le Mont-Riboudet et la Seine, sur un secteur mêlant habitat et activités portuaires et industrielles. L’espace est occupé notamment par des chantiers de bois dédiés à la construction navale. L’installation de la raffinerie, avec les pollutions et les risques d’incendie qu’elle comporte, soulève immédiatement l’inquiétude des riverains. Les oppositions qui figurent dans le registre d'enquête ouvert à l’occasion portent sur le danger des rejets pétroliers dans l’eau du petit ruisseau, affluent de la Seine, qui irrigue le quartier et dans lequel les habitants pratiquent la pèche et lavent leur linge. Pour rassurer la population, la société Cohen et Cie se tourne vers Thomas Anderson, chimiste écossais de renom, inventeur de la pyridine et professeur à l'université de Glasgow qui rédige le 25 juillet 1863 un certificat attestant de l'innocuité de la distillation des huiles de pétrole. Néanmoins, pour éviter les vapeurs néfastes et les risques d’incendie, le conseil départemental d'hygiène publique et de salubrité impose à la société les contraintes suivantes : élever la cheminée de l’usine à 20 m de hauteur, conserver dans des citernes sous un hangar les produits fabriqués, réduire au maximum leur temps de stockage au sein du site, n’introduire l’huile de pétrole brut dans les appareils de distillation qu’après le refroidissement préalable de la chaudière pendant 24 h, disposer au sein de l’usine d’une masse de terre meuble et humide pour éteindre l’éventuel incendie d’une cuve ou d’une chaudière… La raffinerie est mise en service avant la fin de l’année 1863 et baptisée Luciline en référence au mot latin lux – lucis qui désigne la lumière, non sans lien avec le pétrole lampant (pétrole pour lampe à huile) destiné à l’éclairage domestique qui y est fabriqué. Ce produit constitue en effet avec les graisses industrielles l’essentiel de sa production, tous étant vendus sous la marque Luciline. Pour en assurer la fabrication, l’usine dispose des équipements suivants : trois appareils de distillation alimentés par trois chaudières de 13 000 litres, une machine à vapeur de 12 CV alimentée par une chaudière de même force pour la production d’énergie, une cheminée en brique de 20 m de hauteur pour la dispersion des fumées produites par les différents fours et un appontement sur Seine pour la réception des navires transportant les fûts de pétrole brut importé de Pennsylvanie. Dans l’usine, la rectification du pétrole s’opère de la façon suivante : le brut est distillé à l’aide de chaudières afin de recueillir par évaporation deux liquides : du naphte et de l’huile de pétrole. Cette dernière est distillée une seconde fois pour en extraire les éléments les plus volatiles. Une fois condensés dans des alambics, ces distillats sont traités à l’acide sulfurique et à la soude caustique (fabriqués en abondance à Rouen pour les besoins de l’industrie textile) pour être purifiés. Le produit obtenu est filtré à l’aide de noir animal (charbon d’os) et l’huile de couleur jaunâtre ainsi récupérée n’a plus qu’à être conditionnée et commercialisée sous la marque Luciline.En 1876, Alexandre Deutsch de la Meurthe, associé à ses deux fils Henry (1846-1919) et Emile (1847-1924) rachète la Luciline, Alfred Guérard conservant néanmoins la fonction d’administrateur-général délégué de la société. Alexandre Deutsch de la Meurthe, d’abord spécialisé dans la distillation des huiles végétales pour l’éclairage et la lubrification, est le premier industriel français à entrevoir les énormes potentiels du pétrole et monte en 1862 dans son usine de Pantin (fondée en 1851) la première unité de raffinage d’huile de pétrole de France.Malgré les précautions de sécurité imposées par le conseil départemental d'hygiène publique et de salubrité, la Luciline connait plusieurs accidents graves : explosion de chaudière (1866), incendie des entrepôts (1878) … Pour éviter les risques d’incendies et leur propagation dans Rouen, de nouvelles mesures sont prises. Dès le début des années 1870, l’entreposage du pétrole brut est effectué à Dieppedalle, à 5 km en aval de l’usine, dans des caves creusées à même la falaise. En 1877, 3 500 fûts de 140 litres importés par la société Deutsch et fils sont ainsi stockés temporairement, avant d’être acheminés par chalands jusqu’à l’usine. Puis en 1889-90, la raffinerie elle-même est transférée sur la rive gauche du fleuve, en bordure du bassin aux pétroles qui vient d’être créé sur le port de Rouen pour assurer en toute sécurité les opérations de déchargement des produits pétroliers importés par bateaux.En 1922, la raffinerie Luciline entre dans son giron la société anonyme des Pétroles Jupiter après absorption de la société Deutsch de la Meurthe. Il en est de même de la raffinerie de la société pétrolière A. André Fils établie à Grand-Quevilly. L’activité et les installations de distillation de la Luciline sont maintenus jusqu’en 1928 date à laquelle la société Jupiter lance la construction de sa grande raffinerie de pétrole de Grand-Couronne.

Description

Commentaire descriptif de l'édifice

La raffinerie de pétrole Luciline est détruite.

État de conservation (normalisé)

Détruit

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2005

Date de rédaction de la notice

2006

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Real Emmanuelle

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Région Normandie – Service Inventaire du patrimoine

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Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, vers 1880 (Coll. part.).
Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, vers 1880 (Coll. part.).
(c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Collection particulière
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Les réservoirs de l'usine face au bassin au pétrole.- Photographie, vers 1900 (CCI Rouen).
Les réservoirs de l'usine face au bassin au pétrole.- Photographie, vers 1900 (CCI Rouen).
(c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Chambre de Commerce et d'Industrie Rouen Métropole
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Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, vers 1880 (Coll. part.).
Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, vers 1880 (Coll. part.).
(c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Collection particulière
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Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, vers 1920 (Coll. part.).
Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, vers 1920 (Coll. part.).
(c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Collection particulière
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La raffinerie Luciline fondée en 1863 à Rouen, première usine dédiée à la fabrication de pétrole lampant et de graisse industrielle implantée dans la vallée de la Basse-Seine.-  Lithographie publicitaire, vers 1870 (AD Seine-Maritime, 84 Fi). ; Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, détail de la vue générale de l'usine implantée sur la rive droite de Rouen, vers 1870 (AD Seine-Maritime, 84 Fi).
La raffinerie Luciline fondée en 1863 à Rouen, première usine dédiée à la fabrication de pétrole lampant et de graisse industrielle implantée dans la vallée de la Basse-Seine.- Lithographie publicitaire, vers 1870 (AD Seine-Maritime, 84 Fi). ; Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, détail de la vue générale de l'usine implantée sur la rive droite de Rouen, vers 1870 (AD Seine-Maritime, 84 Fi).
(c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Archives départementales de Seine-Maritime
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Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, détail de la vue générale de l'usine, vers 1865 (Coll. part.).
Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, détail de la vue générale de l'usine, vers 1865 (Coll. part.).
(c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Collection particulière
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Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline à l'occasion de l'exposition nationale et coloniale de Rouen, 1896 (CCI Rouen)
Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline à l'occasion de l'exposition nationale et coloniale de Rouen, 1896 (CCI Rouen)
(c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Chambre de Commerce et d'Industrie Rouen Métropole
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Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, vers 1865 (Coll. part.).
Lithographie publicitaire pour le pétrole des salons Luciline, vers 1865 (Coll. part.).
(c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Collection particulière
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