Usine de produits organiques de synthèse
Usine d'engrais chimiques Saint-Gobain
Normandie ; Seine-Maritime (76) ; Le Petit-Quevilly ; de Madagascar (rue)
Vallée de la Basse-Seine
De Madagascar (rue)
2006 LL 8, 9, 10, 27
En ville
La Seine
Atelier de fabrication ; entrepôt industriel ; bureau ; atelier de conditionnement ; poste de chargement ; entrepôt industriel ; station d'épuration ; quai ; cité ouvrière ; voie ferrée ; voie navigable
1er quart 20e siècle ; 2e quart 20e siècle ; 3e quart 20e siècle
1913 ; 1914 ; 1915 ; 1924 ; 1964 ; 1966 ; 1967 ; 1969
Daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques
Afin de renforcer ses activités dans le domaine de la chimie minérale, la société Saint-Gobain demande en 1909 l’autorisation de construire, à Grand-Quevilly, une usine d’acides sulfurique et nitrique, de superphosphates de chaux, de sulfates de cuivre et de fer et d’engrais composés. L’accord lui est donné par l’arrêté préfectoral le 25 septembre 1909, à la seule condition d’élever la cheminée de l’usine à une hauteur minimale de 70 m.L’usine est implantée à proximité des infrastructures du port de Rouen qui lui permettent de recevoir par voie maritime les matières premières qui lui sont nécessaires, notamment le phosphate naturel importé de Tunisie et du Maroc. Les travaux de construction lancés en 1910 sont achevés en 1913. Ils comprennent la construction d'un atelier de fabrication d'acide sulfurique par le procédé des chambres de plomb, d'un atelier de superphosphate, d'un appontement et d'un magasin à engrais. Entre ces deux dates, divers aménagements sont autorisés par l’administration : la hauteur de la cheminée, fixée à 70 m, est ramenée à 50 m par l’arrêté préfectoral du 10 mai 1910, la création d’embranchement ferré particulier est acceptée par délibéré du conseil municipal en 1911, un appontement privé est accordé par l’arrêté préfectoral du 7 novembre 1912, une prise d’eau en Seine est autorisée par l’arrêté préfectoral du 27 juillet 1913. Parallèlement, à la demande de la société Saint-Gobain, la direction du réseau de l’État met à l’étude, en avril 1913, un projet de raccordement entre les voies des quais de la rive gauche de Rouen où se trouve l’appontement de l’usine et la ligne Rouen Grand-Couronne Elbeuf. La perspective d’installation de la société des Hauts Fourneaux de Rouen à Grand-Quevilly rend le projet encore plus opportun. Celui-ci est validé par l’arrêté préfectoral du 5 décembre 1913 et le raccordement est effectif le 28 janvier 1914. La nouvelle ligne comporte deux embranchements : l’un avec l’usine d’engrais chimiques de Saint-Gobain, l’autre avec les Chantiers de Normandie. L’usine démarre son activité en juin 1913 avec une capacité de production de 4000 T de superphosphate par mois. Durant la première Guerre Mondiale, l’usine répond l’effort de guerre en se lançant dans la production d’oléum destiné à la fabrication d’explosifs et emploie pour cela 200 personnes. En 1915, un atelier type Kestner et deux ateliers d'acide sulfurique de contact sont mis en service. En 1924, une nouvelle unité de fabrication d'acide sulfurique est mise en route.A partir de 1932, la fabrication d’acide sulfurique, de superphosphates et d’engrais composés est complétée par celle d’acide nitrique synthétique, d’acide phosphorique, de sulfate d’ammoniac et de nitrate de chaux. Avec une production annuelle de 60 000 T de superphosphate, l’usine Saint-Gobain est en 1933 le plus gros fabricant d’engrais chimiques de la région rouennaise et avec 35 000 T d’acide sulfurique, le second derrière la société Malétra qui a son usine sur la commune voisine de Petit-Quevilly. A la même période, l’installation de l’usine d’ammoniac de la société Grande Paroisse à Grand-Quevilly assure l’alimentation directe de l’usine Saint-Gobain. L’accroissement de ses activités entraine le doublement de son effectif qui est de 430 salariés en 1939. Durant la seconde Guerre mondiale, l’usine Saint-Gobain constitue du fait de son activité une cible prioritaire : bombardements alliés, incendies de la résistance, réquisitions et démontage de son outil de production par l’Armée allemande perturbent très fortement son fonctionnement. L’usine doit être en grande partie reconstruite à la Libération. Elle est alors dotée d’un appontement moderne, d'un quai sur Seine de 220 m de long, équipé de deux portiques d'une capacité de 500 T/h. Les travaux pour agrandissement s’ensuivent dans les années 1950 avec notamment la construction d’un atelier d’engrais complexes granulés et d’un atelier de fabrication continue de superphosphate, alimentés directement en ammoniac et en hydrogène par deux pipe-lines. Ces nouveaux équipements lui permettent d’assurer 20% de la production nationale d’engrais chimiques. En 1962, les branches chimie de Péchiney et de St-Gobain fusionnent. Le regroupement des deux sociétés permet de financer de nouveaux travaux pour accroitre la capacité de production de l’usine : deux unités de production d’acide sulfurique à base de soufre et d’hydrogène sulfuré sont mises en place en 1964 et 1966, complétés entre 1967 et 1969 par la construction de nouveaux ateliers dédiés à la fabrication d’acides sulfuriques et d’engrais complexes en granulés. L’usine de Quevilly qui s’étend désormais sur une surface de 22 ha et emploie 1200 personnes en 1970 constitue le plus important site de production chimique du groupe.Le mouvement de regroupement entamé dix ans plus tôt se poursuit en 1972 avec le rapprochement au sein d’une filiale du groupe Rhône-Poulenc des trois usines quevillaises : celle de Péchiney-Saint-Gobain et celle de d’Ugine Kuhlmann. En 1983, le mouvement de concentration se poursuit avec l’intégration de l’ancienne usine Saint-Gobain au sein de la société CDF (Charbonnage de France) Chimie. A partir de 1987, elle est placée sous le contrôle direct de la société Grande Paroisse tout comme les anciennes usines de la Bordelaise et Kuhlmann de Petit-Quevilly. L’activité est alors entièrement réorganisée entre les trois sites : les deux usines de Petit-Quevilly sont regroupées pour ne former qu’une seule unité de production désignée en interne « Rouen B », celle de Grand-Quevilly étant renommée « Rouen A ».
Propriété d'une société privée
2005
(c) Région Normandie - Inventaire général
2007
Real Emmanuelle
Dossier individuel
Région Normandie – Service Inventaire du patrimoine