Description historique
Le décret impérial du 16 juin 1808 prévoit la création d'une maison centrale de détention en Seine-et-Marne. Celle-ci est installée à Melun, dans l'ancien hôtel-Dieu Saint-Nicolas, établissement hospitalier remontant au Moyen Age et étendu au 17e siècle sous la gestion des soeurs Annonciades. Cet hôtel-Dieu occupait la partie sud-est de l'île Saint-Etienne. Ses bâtiments disparaissent lors de la construction de la prison, qui s'effectue en deux campagnes principales. La première, de 1812 à 1832, voit l'édification de trois corps de bâtiments autour de l'église Notre-Dame, alors enclavée dans l'établissement pénitentiaire. Ces bâtiments abritent les dortoirs (au sud) , les ateliers (au nord) , la chapelle et le réfectoire (à l'est). A la pointe de l'île s'élèvent l'infirmerie et la pharmacie. Cet ensemble imposant (5 niveaux pour le bâtiment des dortoirs) est édifié sous la direction de plusieurs architectes : Guy de Gisors, remplacé par l'ingénieur des Ponts-et-Chaussées Dherbelot, puis Nicolas Nicaise Solente et Basile Frédéric Dupont. Une fois achevée cette première campagne de travaux, l'établissement connaît quelques aménagements : installation d'un quartier de punition en 1834 (avec adoption d'une division cellulaire) , modification du réfectoire en 1842, création d'une buanderie. Une seconde campagne d'extension est menée en 1858-1867 sous la direction d'Ernest Mangeon et entraîne le doublement de la superficie de la prison, qui se développe vers l'est, sur des terrains jusqu'ici recouverts par la Seine. Désormais, et jusqu'à nos jours, les ateliers où travaillent les prisonniers sont concentrés dans la partie orientale de l'établissement. Un nouveau portail est ouvert sur le quai de la Courtille, au nord. On construit aussi une chapelle (1866-1868) et un quartier d'isolement (1864-1867). De 1884 à 1887, les anciens dortoirs sont remplacés par le grand bâtiment en T, toujours en usage aujourd'hui, qui combine plan panoptique et organisation cellulaire (Prosper Bulot arch.) . Au 20e siècle, le plan général de la prison n'est pas remanié, même si quelques bâtiments anciens (comme l'infirmerie des années 1820 et la chapelle des années 1860) sont détruits.