Description historique
Au Moyen Age, l'île Saint-Etienne forme le coeur de la ville. C'est un point stratégique essentiel, car elle sert d'appui aux deux ponts qui enjambent les bras de la Seine. Seule partie ceinte d'une muraille avant le début du 13e siècle, elle abrite le château royal et plusieurs établissements religieux : la collégiale Notre-Dame, le prieuré Saint-Sauveur, l'église paroissiale Saint-Etienne, l'église Saint-Laurent, l'hôtel-Dieu Saint-Nicolas. Elle est aussi le lieu de résidence du vicomte de Melun. Les religieux de Barbeau y ont leur "refuge", résidence urbaine à l'abri des remparts. Cette prédominance diminue cependant peu à peu au profit de la paroisse Saint-Aspais, sur la rive droite. L'île joue encore un rôle militaire à la fin du 16e siècle, au temps de la Ligue. Aux 17e et 18e siècles, ce rôle s'estompe : les bastions construits sous Henri IV sont peu à peu abandonnés et le château, à la pointe occidentale de l'île, tombe lentement en ruines. En revanche, les institutions religieuses restent fortement présentes, avec même une extension de l'hôtel-Dieu (devenu couvent d'Annonciades) dans le secteur sud-est de l'île au 17e siècle. Au 19e siècle, le quartier change de caractère avec l'implantation d'une maison centrale de détention à l'ouest de l'île, et le développement du port à l'est. L'île accueille alors des entrepôts et des activités industrielles et artisanales (minoterie, brasseries, pharmacie...). Elle compte aussi quelques villas, mais celles-ci sont peu nombreuses . Aujourd'hui, toutes les activités de production ont disparu (la minoterie a été abattue en 2005). L'île Saint-Etienne a fait récemment l'objet d'un important programme de rénovation urbaine dans le cadre du projet "Atout-coeur", qui a notamment vu la construction de la médiathèque (inaugurée en 2004) et le réaménagement de ses abords par le cabinet Althabégoïty et le paysagiste François Brun (prix Moniteur de l'aménagement urbain 2006).