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POP | Plateforme ouverte du patrimoineLe territoire communal : géographie, histoire, économie
Le territoire communal : géographie, histoire, économie

Référence de la notice
IA80001265
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Inventaire
Date de création de la notice
28 juin 2008
Date de dernière modification de la notice
21 septembre 2020
Rédacteur de la notice
Justome Elisabeth
Mentions légales
© Inventaire général ; © Conseil général de la Somme ; © SMACOPI
Désignation de l'édifice
Titre courant
Le territoire communal : géographie, histoire, économie
Producteur
Inventaire
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Hauts-de-France ; Somme (80) ; Ault
Aire d'étude pour le domaine de l'Inventaire
Côte picarde
Historique de l'édifice
Description historique
La commune d'Ault présente des sites préhistoriques témoins de l'ancienneté de l'occupation humaine sur le territoire : des éclats de silex ainsi que des ossements de mammouths ont été trouvés sur la plage. Selon Prarond, Ault est érigée en commune vers 1206 par Thomas, seigneur de Saint-Valery. Dès le 8e ou 9e siècle, le territoire est possédé par l'abbaye de Saint-Valery, mais à la fin du 9e (ou au début 10e siècle), la seigneurie d'Ault (ou Chatellenie d'Ault) est maître du territoire. La charte communale d'Ault est délivrée le 21 décembre 1384 : elle définit les limites territoriales à tout le bord de mer allant des falaises de Mers à la proximité immédiate de Cayeux, et dans les terres jusqu'à Brutelles. La commune comprenait aussi les fiefs de Froideville, Blengues, Romeval, les seigneuries de La Motte et La Croix au Bailly, les fiefs du Hamel et de Ruffigny, les seigneuries de Friaucourt, d'Allenay et de Béthencourt. Jusqu'au milieu du 19e siècle, une grande partie de la population locale vit de la pêche. Un port avec jetées en bois était situé face à Onival, mais le recul de la falaise et les assauts répétitifs de la mer ont anéanti cette activité à la fin 18e siècle, malgré la construction d'épis de protection dès 1834. Certains pêcheurs émigrent alors vers Cayeux-sur-Mer, la commune située au nord. D'autres se mettent à pêcher au carrelet (système de filets tendus à la verticale). La pêche à pied est un complément à l'alimentation quotidienne : pêche aux moules, à la crevette (avec un filet appelé rousset et un panier nommé barillet), qui deviennent par la suite des sujets pittoresques privilégiés des cartes postales anciennes. Les femmes pêchent des vers sur la plage (elles sont nommées 'verrotières'), qui sont ensuite revendus au port de Boulogne-sur-Mer. Dans certaines habitations, on fabrique de la toile avec des fibres importées. Des corderies sont en exercice pour les besoins de la pêche : une rue de la Corderie existe encore quartier des Quatre-Rues. Liée à l'activité de la pêche, le saurissage du hareng était pratiqué et l'on note d'ailleurs la présence de salines à Onival. Le Bourg d'Ault comptait un chantier de construction. A partir du 18e siècle, les activités de pêche et de tissage sont progressivement supplantées par la serrurerie à domicile, consistant en l'assemblage de pièces détachées, ou la fabrication d'hameçons, dès le début du siècle. Les matrices cadastrales nous confirment l'omniprésence de cette profession. L'industrie de la serrurerie, solidement ancrée dans l'arrière pays du Vimeu, est aussi présente à Ault, avec l'ouverture de l'usine Derloche (rue du Général-Leclerc) vers 1860 qui emploie de nombreux Aultois. Dans un guide touristique de 1912, on peut lire : 'Ault, autrefois bourg maritime, mais dont la population se compose aujourd'hui d'ouvriers de serrurerie et d'hameçonnerie' (guide Joanne). L'économie touristique apparue à la fin du 19e siècle permet à une frange de la population de se reconvertir dans le commerce et les services. Ardouin-Dumazet, en 1898 écrit : 'Les serruriers et les petits bourgeois louent en été des appartements meublés aux baigneurs, quelques hôtels reçoivent ceux-ci, mais la plage est trop étroite, la spéculation est allée plus loin construire une ville de bains qui semble appelée à un développement considérable ; cette année même on a construit plus de trente villas. Cette nouvelle station se nomme Onival'. Les activités économiques expliquent l'évolution de la population locale, très fluctuante. Selon Prarond, la commune comptait 5000 habitants en 1700. Au dernier recensement de 1999, la commune comptait 2070 habitants. Depuis 1876, la population d'Ault a beaucoup varié. Après un accroissement continu jusqu'à la Première Guerre mondiale à la suite du développement de l'activité touristique, la commune connaît une baisse de sa population entre les deux-guerres, pour connaître un nouvel essor après 1962. Comparé aux communes de l'aire d'é tude, Ault est dans la moyenne du point de vue du nombre de ses habitants. La commune comprend un espace protégé au titre des sites : le site du Bois-de-Cise (22 juin 1959). Des édifices sont protégés au titre des Monuments historiques : église Saint-Pierre (classée le 7 décembre 1976), le Petit casino (Onival, façades et toiture, inscrit le 4 septembre 2000). Le territoire est composé de trois stations balnéaires, étudiées au cours de ce recensement : le Bourg d'Ault, le Bois-de-Cise, et Onival. Ces deux dernières stations étant créées de toutes pièces sur un site vierge, c'est l'ensemble du bâti répondant à la thématique et à la chronologie qui ont été recensés de façon exhaustive. Le Bourg-d'Ault, plus ancien, mais avec une adaptation au balnéaire, a fait l'objet d'un recensement plus extensif, de même que le quartier du Bel-Air qui le compose et le quartier ancien des Quatre-Rues.