Description historique
Les sources conservées aux archives départementales (série M) indiquent que Bénoni Vagniez-Fiquet fait construire une gendarmerie destinée à la location. Les plans qu'il soumet en novembre 1866 sont approuvés en mai 1867. Un bail de neuf ans est établi, à compter du 1er septembre 1867 mais les gendarmes, provisoirement installés à Saint-Sauflieu, ne s'y installent qu'en novembre 1867, date d'achèvement des travaux. La liste électorale de 1869 signale la présence de quatre gendarmes.Le bail donne une description assez précise de la gendarmerie, qui comprend une maison à usage d'habitation (sur la rue), un bâtiment au fond de la cour, à usage d'écurie, sellerie et magasin, des dépendances, sur le côte de la cour (bûcher, remise, chambre de sécurité et écurie infirmerie), enfin, entre l'écurie et les dépendances une fosse à fumier et des latrines. Au sud de la cour, entourée de murs, se trouve un jardin potager à l'usage des gendarmes.Le bâtiment principal, à usage d'habitation est construit en briques et couvert d'ardoises. Le rez-de-chaussée, comprend vestibule et escalier principal, deux logements de 3 pièces (dont deux à feu), bureau, buanderie et salle de police. L'étage est divisé en trois logements de 3 pièces (dont deux à feu). Le sous-sol est divisé en cinq caves affectées à chaque logement. Le bâtiment secondaire, à usage d'écurie comprend 5 stalles fixes avec mangeoire en calcaire carbonisé et râtelier en fer ; il abrite également la sellerie et un magasin à fourrage ; un petit escalier donne accès au grenier où se trouvent un magasin à foin et un magasin à fourrage.Un second descriptif, fait en juin 1876, au moment du renouvellement du bail, ne signale aucune modification et précise que la salle de police, située dans le bâtiment principal, est équipée d'un lit de camp. Les deux chambres de sécurité (une pour les hommes, l'autre pour les femmes), sont aussi équipées toutes deux, de deux lits de camp. Quelques travaux de rafraîchissement intérieur sont demandés. Le descriptif mentionne cependant la présence d'une citerne, construite pour pallier l'absence de puits.Le bail est renouvelé en 1877, par Alphonse Vagniez (1829-1900) fils aîné de Bénoni Vagniez-Fiquet, pour une seconde période de neuf ans et prolongé d'une année supplémentaire, en attendant le transfert de la gendarmerie à Saint-Sauflieu, en 1887. Les recensements de population signalent la présence de quatre gendarmes en 1881. Après le départ de la gendarmerie, la propriété revient à ses fils Alphonse Vagniez et Bénoni Clovis Vagniez-Renon, puis à la fille aînée de ce dernier, Jeanne Marie Vagniez (1869-1927), qui fait réaliser des travaux pour y installer une maison de campagne, entre 1903 et 1906.Les matrices cadastrales (série 3 P) signalent qu'elle est imposée pour l'agrandissement de la maison et la construction d'une buanderie, en 1906. Deux ans plus tard, elle fait construire une serre, un bâtiment pour abriter un moteur et fait installer moteur, réservoir et pompe.Elle fait également construire une seconde maison, imposée en 1910. Deux logements sont occupés, en 1906 et 1911, par le maître de culture et le jardinier d’Édouard Vagniez (recensements).En 1927, la propriété passe à André Bouctot-Vagniez, qui fait construire un garage, imposé en 1930.Des travaux de décoration intérieure sont réalisés dans les années 1935-1939, sous la direction de l'architecte Pierre Herdebaut (AP).Les cartes postales du début du 20e siècle montrent les dispositions d'origine, résultant de l'aménagement de l'ancienne gendarmerie. La terrasse d'observation au-dessus de la tour, la tourelle d'escalier surmontée d'un belvédère, la cour séparée du parc par un mur, enfin le parc, qui était structuré par des allées sinueuses. La petite terrasse au-dessus du pavillon nord, était délimitée par une balustrade en pierre. On y observe également une polychromie des chaînages de briques.