Description historique
Avant la construction de ce premier pont, les communications vers Castres et Albi empruntaient deux bacs sur l'Agout. Le premier en aval vers Gaillac au port d'En Taïx, le second vers Graulhet était situé au port de Lavaur. Le projet des Etats du Languedoc d'établir un pont sur l'Agout remonte à 1766. A la demande de l'évêque de Lavaur, de Boisgelin de Cucé (1764-1770), le chevalier d'Adhémar de Crauzac, inspecteur des travaux du diocèse, est chargé de concevoir un plan d'ensemble. Compte tenu de l'importance du projet la réalisation des devis et plans est confiée en 1771 à Joseph-Marie Saget, ingénieur des Etats de la Province de Languedoc. Le pont est implanté en contrebas des jardins de l'évêché, vis-à-vis du cimetière Saint-Roch. Le choix audacieux d'une arche unique en légère anse de panier est à l'origine des difficultés que connaît le chantier. Les travaux sont confiés à Chauvet, maçon à Montpellier. La première pierre est posée le 5 octobre 1773 en présence de Mgr Arthur-Richard Dillon, archevêque de Narbonne et président des Etats du Languedoc, et de Mgr de Castellane, évêque de Lavaur. Le pont tient son appellation d'une chapelle du 15e siècle supprimée pour les besoins du chantier. Le chantier est plusieurs fois interrompu par les crues. Le cintre est terminé en 1777 et la voûte fermée en 1779. Joseph-Marie Saget meurt en 1782, son frère cadet, François de Saget, conduit la fin du chantier. Le bail de Chauvet est résilié cette même année, le décintrement et l'achèvement du pont sont alors confiés à Grimaud, maçon à Monestiés, et à Albouy, charpentier à Saint-Papoul. Pour accélérer la construction et en diminuer le coût, le décor sculpté prévu (armoiries du Langedoc sur les claveaux de l'arche) est remplacé par un entablement plus sobre et une corniche architravée. Pour compléter l'ouvrage et lui donner plus de monumentalité, les routes sont aménagées de part et d'autre du pont. Le pont des Etats du Languedoc est livré à la circulation en 1791. Son arche unique surbaissée est à l'époque la plus large connue après l'effondrement du pont de Vieille-Brioude (portée de 54,7 m) et avant la construction du pont de Grovesnor sur la Dee à Chester (portée de 61 m).£En 1840 des fissures constatées sur le cintre du pont sont réparées par l'ingénieur Béqué. Un siècle plus tard, les dimensions de cette arche sont dépassées par celle que construit Paul Séjourné en élevant le pont ferroviaire sur l'Agout dont l'ouverture est de 61,5 m. On localise une tannerie au pied du pont, en activité jusque 1875, puis un établissement de bain.