Description historique
Edifiée à proximité du château, l'église Saint-Jean-Baptiste existait, semble-t-il, dès le début du 12e siècle et dépendait de l'abbaye de Moutiers-Saint-Jean. D'après V. Petit, elle aurait été reconstruite au 13e siècle. En fait, malgré d'importants remaniements qui modifièrent son apparence, l'essentiel de l'église du 12e siècle a subsisté, à savoir le choeur, la nef, le clocher et sa tourelle d'escalier : l'examen de l'édifice révèle que, par souci d'harmonisation, la nef et le choeur furent l'objet d'un relookage trompeur dans le style néo-gothique, à la fin du 19e siècle. Entre temps, Mile de Bierry, qui mourut en 1346, avait fait construire la chapelle seigneuriale, à droite du choeur. En 1771, François-César d'Anstrude fit agrandir l'église : il s'agissait de démolir la façade antérieure de la nef afin de construire une travée supplémentaire abritant une tribune sur vestibule. Par voie de conséquence, il fallut édifier une nouvelle façade : on y encastra un tympan qui pourrait être celui de l'ancienne porte d'entrée. L'adjudication des travaux, en faveur de Claude Delorme, entrepreneur à Moutiers-Saint-Jean, eut lieu le 24 juin 1771. A la même époque, la chapelle seigneuriale fut reconstruite ou très remaniée, comme l'atteste son décor stuqué et l'ancienne porte d'entrée (ouvrant aujourd'hui sur la sacristie). En 1821, l'architecte départemental Edme Tircuit rédigea un devis concernant la restauration de l'église dont la vétusté faisait craindre le pire, à savoir un "écroulement subit" en raison de la faiblesse de la charpente par rapport au poids de la couverture en pierre. Il fallait démolir une partie du clocher (bois pourris) , toutes les voûtes d'arêtes du choeur et de la nef, le mur gouttereau gauche, et la pointe du mur-pignon du choeur. La galerie permettant d'accéder directement à la tribune depuis le parc du château date vraisemblablement de cette époque. En 1877-1880, grâce à des dons importants, il fut possible de reconstruire la chapelle de la Vierge (à droite de la nef) , de style néo-gothique : elle fut consacrée le 15 juillet 1880 par Mgr. Bernadou, archevêque de Sens. En 1888, le Conseil de Fabrique prit la décision de faire restaurer une partie des voûtes, qui avaient été construites par E.Tircuit et consistaient en "simples berceaux, sans arcs ni nervures" : la lourdeur de ces voûtes avait provoqué l'écartement des murs et la formation d'une crevasse. L'architecte Baudoin, chargé des travaux, proposa la mise en place d'arcs-doubleaux, de nervures et de formerets, en pierre d'Anstrude. La délibération du Conseil municipal du 27 juin 1901 indique que la flèche du clocher était alors couverte "en tavaillons" (bardeaux) et en fort mauvais état.