Description historique
Si lhistoire architecturale des casinos dEnghien semble débuter à la fin du 19e siècle, plusieurs casinos, moins ambitieux, se sont succédés durant la deuxième moitié du XIXe siècle dans le jardin des roses, sur les berges du lac. Lun des premiers casinos a été mis en place en 1842 dans un chalet de bois, mais sans jeux. Les jeux de société apparaissent en 1864 mais ce nest quen 1877 que Villemessant introduit les jeux de hasard dans la ville en obtenant lautorisation douvrir « les jeux des petits chevaux ». En 1872, le premier chalet de bois ayant été détruit par les prussiens, un nouvel établissement est reconstruit sur le site. Au début du siècle la station estivale d'Enghien accueille plus de 7000 personnes aussi le projet d'un nouveau casino est lancé. Dans une volonté délibérée détonner le public, larchitecte parisien Édouard Autant (1874-1964) édifie en 1898-1901 un navire-casino. De son aménagement intérieur, peu déléments sont connus si ce nest une planche de La décoration ancienne et moderne (1902) et quelques cartes postales. Une partie du décor, reprenant le thème architectural, évoquait la mer au travers de vitraux figurant des navires aux voiles gonflées par la brise voguant sur des vagues stylisées et par des personnages en costumes traditionnels bretons. Des corniches de stucs, ornées de tournesols en demi-ronde bosse, des boiseries aux lignes en arabesques, un sol au décor de vagues, laissent à penser que larchitecte, accompagné des décorateurs Klein et Baccard, y mêlait Art nouveau et régionalisme, à linstar de nombreux décors des casinos balnéaires. En 1907, les jeux dans les cercles et casinos des stations thermales, balnéaires et climatiques, sont à nouveau autorisés, en les limitant à « la saison des étrangers ». C'est l'occasion pour Enghien de construire un nouveau casino, d'autant que le précédent présente déjà des signes de faiblesse. Une partie du navire qui s'effondrait a déjà été détruite. Sous la direction des architectes F. Delmas et Louis-Stanislas Bernier les travaux sont exécutés par l'entrepreneur parisien André Payer qui dans un temps record érige le bâtiment inauguré en avril 1909. Le théâtre ne sera achevé que l'année suivante. La belle époque du casino, marquée en 1912 par lapparition du jeu de la Boule qui se substitue au jeu des petits chevaux, sachève avec la première guerre mondiale, où il est transformé en hôpital militaire. En juillet 1920, il est touché de plein front par larrêté ministériel interdisant lexploitation de salles de jeux dans un rayon de 100 km autour de Paris. En 1931, une loi levant enfin cette interdiction, le casino peut enfin rouvrir ses portes. Rénové, il est dépouillé de tous ses ornements ; tours et décors sculptés disparaissent pour privilégier la simplicité des lignes architecturales répondant ainsi aux nouveaux critères de lesthétique Art déco. L'aspect extérieur actuel, dont la base est celle du casino construit en 1909, est le résultat d'une succession de transformations et de reconstructions. On peut citer, en 1973, le remaniement de la façade sur l'avenue de Ceinture qui est alors recouverte d'un parement de pierre. La dernière restauration importante date de 2005, commande du groupe Lucien Barrière, propriétaire de létablissement depuis 1988. L'architecte Louis Soors a dressé une façade de verre pour établir un immense « atrium » d'entrée, décoré sur le thème de la mer par le décorateur Jacques Garcia. Pour l'aspect intérieur, l'ensemble a été totalement remanié, le décor le plus ancien datant des années 1990 avec la mise en place d'un style Art déco notamment dans le salon des Princes orné de huit grandes compositions évoquant l'uvre du peintre viennois Klimt, exécutés par l'atelier de peinture Coltat-Castagnier en 1992.