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Ville de Basse-Terre






Référence de la notice
IA97101026
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Inventaire
Date de création de la notice
17 septembre 2009
Date de dernière modification de la notice
26 septembre 2011
Rédacteur de la notice
Desmoulins Marie-Emmanuelle
Mentions légales
© Inventaire général ; © commune de Basse-Terre
Désignation de l'édifice
Titre courant
Ville de Basse-Terre
Producteur
Inventaire
Dénomination de l'édifice
ville
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Guadeloupe ; Guadeloupe (971) ; Basse-Terre
Aire d'étude pour le domaine de l'Inventaire
Basse-Terre (commune)
Milieu d'implantation pour le domaine de l'Inventaire
en ville
Historique de l'édifice
Description historique
Les récentes fouilles archéologiques ont mis en évidence l'occupation amérindienne du site de Basse-Terre. Ce site a été utilisé comme point de relâche par les navires espagnoles se rendant en Amérique. C'est probablement vers 1650 que Charles Houël, seigneur-propriétaire de l'île, décide d'y construire un fort. Le choix de Houël pour l'édification de sa maison forte s'inscrit parfaitement dans les consignes données par la Compagnie des Isles pour la création des bourgs dans les colonies : présence d'une rade, lieu salubre proche de la mer et abrité par des falaises, eaux douces. Sur un replat situé au nord du fort, les colons installent des magasins qui constituent le noyau du bourg de Basse-Terre. Le dénombrement de 1671 recense 320 personnes. Dans les années 1680, un 2e foyer d'habitat se développe sur la rive droite de la rivière aux Herbes. Les marchands abandonnent peu à peu le site primitifs et implantent leurs maisons-magasins, le long du chemin menant à Baillif. Ce nouveau quartier prend le nom de bourg Saint-François en référence au vocable de l'église des capucins autour de laquelle il s'est développé. Un gué situé à peu près à l'emplacement du pont actuel permet de traverser la rivière aux Herbes. Basse-Terre a au cours de la 2e moitié du XVIIe siècle subi plusieurs catastrophes, notamment les incendies de 1681, de 1691, suivi en 1703 par l'attaque anglaise. Le plan de Payen de 1682 et le dessin de Plumier, vers 1690, montrent un habitat encore diffus, essentiellement implanté de part et d'autre de la rue principale. Les chemins du Gommier, Desmarais et de la savane Desilets qui la coupent perpendiculairement, desservent les exploitations agricoles environnantes et préfigurent le tracés des rues actuelles (bd du Gouverneur-Général-Félix-Eboué, rue Schoelcher). A la fin du XVIIe siècle, le père Labat compte 260 maisons et magasins. Au cours des années 1740, le gouverneur de Clieu fait construire, à l'emplacement du gué, un pont en pierre. Le bourg Saint-François devient un quartier de la ville de Basse-Terre qui compte alors environ 2000 habitants. Un plan d'alignement pour le quartier Saint-François est dressé en 1749. Les dégâts causés par le siège anglais de 1759 sont rapidement réparés car l'occupation anglaise de mars 1759 à 1763 est une période de prospérité pour l'île. Pendant la guerre d'Indépendance des Etats-Unis (1776 à 1783) , les maisons de commerce de Basse-Terre participent activement à la course qui a des retombées économique importantes. La présence du gouvernement et des troupes contribue à la croissance financière de la ville. Basse-Terre dépasse alors les 6000 habitants, puis stagne ensuite autour de 5000. Le transfert du gouvernement est plusieurs fois proposé au cours de la 2e moitié du XVIIIe et au début du XIXe siècle mais Basse-Terre est maintenue dans son rôle de capitale qui concentre la majeure partie des fonctions administratives et accueille une importante garnison. A la veille de la Révolution, le réseau de la voirie est fixé, il a peu évolué avant la création de nouvelles routes à la fin du XXe siècle. Le long de la grand-rue, le bâti est maintenant continu des glacis du fort jusqu'à l'extrémité nord de la rue du Bas-du-Bourg (Père-Labat). Ali Tur, chargé de la reconstruction des bâtiments publics après 1928, reçoit plusieurs commandes : résidence du gouverneur, palais du conseil général et palais de justice, l'hospice sont commandés à Ali Tur. Il développe une architecture de style moderniste alors en vogue en Europe qui, tout en contrastant par ses dimensions et son vocabulaire avec les bâtiments existants, a su s'intégrer dans le paysage urbain. Dans les années 1950, on voit se multiplier les petits immeubles en béton qui, respectueux du parcellaire ancien et de l'alignement des façades sur la rue, se sont facilement intégrés au bâti existant. Grâce à l'essor de la culture bananière à partir des années 1920, Basse-Terre renoue avec les exportations vers la métropole. La production, qui a régulièrement augmenté jusqu'au début des années 1970, a eu des retombées économiques importantes sur la région. La population de la ville croît alors régulièrement, passant de 8 379 habitants en 1926 à 13 996 en 1962. Des cases colonisent les mornes, installées le long des voies menant hors de la ville. En l'absence de plan d'urbanisme, ces quartiers, où cohabitent bâtiments insalubres et villas, présentent encore aujourd'hui l'aspect chaotique des zones d'habitat spontané. En 1964, un poste à quai est mise en service pour permettre l'accostage des navires frigorifiques. La première tranche du boulevard maritime gagné sur la mer entre le carrefour du conseil général et la route de Saint-Claude est réalisée en 1962 pour assurer la desserte du port. Il est prolongé de 1964 à 1965. La voirie n'avait quasiment pas évolué depuis la fin du XVIIIe siècle. En 1990, le boulevard du Général-de-Gaulle est prolongé sous le fort Saint-Charles et un nouveau pont est construit sur la rivière afin de doubler celui du Galion. Ce boulevard maritime et la création du port ont considérablement modifié le rapport de la ville à la mer. La société immobilière de Guadeloupe et la société des HLM construisent à partir des années 1960 les premiers logements sociaux sous la forme d'immeubles-barres : immeubles de la rue Maurice-Martin (1960) et de la Cité du soleil (rue José Marti, 1965). Depuis 1976, l'évacuation de la ville pendant 6 mois et le transfert du port bananier à Baie-Mahault explique en partie la faible progression de la population. Cet abandon a eu des conséquences considérables sur l'économie de la ville. Depuis plus de 30 ans, le centre ville se dépeuple au profit de zones péri-urbaines et des communes limitrophes de Baillif, Saint-Claude, Gourbeyre.