Église
Église Saint-Jean-Baptiste
Île-de-France ; Seine-et-Marne (77) ; Saint-Thibault-des-Vignes ; Place de l’Église
Les Fources
Église (place de)
1934 B 406 ; 2021 BD 2
11e siècle ; 12e siècle ; 16e siècle ; 18e siècle
Un premier édifice fut construit à la fin du XIe siècle pour accueillir les reliques de saint Thibault, né à Provins vers 1030 et mort à Vicence en 1066, qui serait apparu à un paysan sur une des collines avoisinant Lagny-sur-Marne. Arnoul, frère de saint Thibault et abbé de Lagny-sur-Marne, fit construire un prieuré de moines bénédictins pour accueillir les pèlerins qui ne tardèrent pas à affluer en raison de miracles attribués aux reliques. Le village de Saint-Thibault-des-Vignes se constitua autour de ce prieuré. Une paroisse fut établie au XVIe siècle, et l'église priorale devint alors paroissiale. Cette transformation entraîna des travaux : l'arc en plein cintre séparant la nef du chœur fut transformé en arc brisé, la voûte du chœur fut surélevé, et des baies plus grandes percées. L'église prieurale devenue paroissiale changea alors de dédicace pour prendre officiellement le nom de Saint-Jean-Baptiste. L'appellation la plus courante de l'église demeure cependant liée au nom de la commune. Au cours du XVIIIe siècle, le déclin du culte de saint Thibault entraîna un certain délaissement de l'église. En 1749, un arrêt du Conseil du Roi autorise une destruction partielle de l'église en raison de son mauvais état. En 1756, les deux bas-côtés de la nef sont abattus et en 1777 ce sont les deux premières travées de la nef et le massif occidental qui sont démolis. Une nouvelle entrée est édifiée. La façade ouest fut alors recomposée par la création d'un remplissage de maçonnerie sous l'arc doubleau qui séparait la nef originelle en deux parties. De même, les arcades du bas-côté furent probablement remplies, peut-être en dissimulant complètement les chapiteaux romans sculptés qui semblent avoir été redécouverts lors des travaux de 1970. En 1888, une nouvelle décoration, beaucoup plus recherchée que la première, est réalisée sur la façade occidentale. Réalisé en plâtre et chaux avec une modénature complexe à fausses arcatures et baies feintes, cet ajout ornemental ne durera cependant pas longtemps puisqu'en 1923, soit seulement trente-six ans plus tard, il sera démoli car complètement ruiné. Les contreforts ouest furent réduits en hauteur vers 1923. En 1943, quatre arcs-boutants en béton furent construits au chevet. Le couvrement des toitures et des murs ont été à la même époque largement consolidés. Une restauration se déroula de 1969 à 1973. À cette occasion, le dégagement des nombreux aménagements du XIXe siècle a permis de redécouvrir et d'amorcer la mise en valeur des précieux vestiges romans.
Appareil en arrête de poisson
Plan alongé
Voûte en berceau
Charpente
De l’édifice de la période romane, il ne reste que la moitié de la nef, deux travées à deux niveaux (grandes arcades et fenêtres hautes), le chœur composé d’une travée et d’une abside semi-circulaire, et le clocher très remanié situé à l’extrémité de l’ancien bas-côté nord. L’église présente sur toute sa hauteur un appareil en arêtes de poisson, à l’exception du clocher, construit en moellons grossiers. Les arcs, les piles, et les encadrements des baies sont en moyen appareil. Le vaisseau principal est charpenté, aujourd’hui recouvert d’un plafond, la travée droite de chœur est voûtée en berceau et l’abside en cul de four. L’unité de construction suggère l’édification en une seule campagne de travaux, ce qui a été confirmé par l’étude de la sculpture des chapiteaux par Marie-Hélène Didier en 1985.
Programme sculpté
Classé MH partiellement ; inscrit MH partiellement
1974/01/15 : classé MH ; 1974/01/15 : inscrit MH ; 2021/11/24 : inscrit MH
Bases, colonnes et chapiteaux des baies du choeur ; chapiteaux de la nef (cad. 1934 B 406) : classement par arrêté du 15 janvier 1974 ; Ensemble, sauf éléments classés et façade (cad. 1934 B 406) : inscription par arrêté du 15 janvier 1974 ; La façade de l'église Saint-Jean-Baptiste, tel que délimitée sur le plan annexé à l'arrêté, l'église étant située sur la parcelle n°2, figurant au cadastre section BD : inscription par arrêté du 24 novembre 2021
Arrêté
PM77003104 ; PM77004116 ; PM77004139 ; PM77003879
A signaler
Propriété de la commune
© Monuments historiques, 1992. Cette notice reprend intégralement les termes de l’arrêté de protection au titre des Monuments historiques. Elle répond à l’obligation réglementaire du ministère de la Culture d’établir la liste générale des édifices protégés (art. R. 621-80 du Code du patrimoine). Elle est donc opposable et fait foi juridiquement. Aucune copie numérique ou papier ne sera fournie par courrier ni courriel. Le dossier de protection complet et l’arrêté sont consultables uniquement sur place, dans la salle de lecture de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP), à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne).
1992
Dossier de protection