Château
Château de la Sagne
Occitanie ; Tarn (81) ; Mazamet ; 7 boulevard De-Lattre-de-Tassigny
De-Lattre-de-Tassigny (boulevard) 7
2022 AH 662 à 665, 667 à 671
18e siècle ; 19e siècle
Le 9 novembre 1729, Pierre Bosviel de Lagoutine acquit du baron François d'Hautpoul la « metterie de la Saigne », à l'ouest de la ville. La Sagne était alors un édifice modeste et en très mauvais état. En 1794, Pierre Olombel, associé à son père à la tête d'une importante entreprise de commerce textile, acheta la propriété. Cette acquisition couronnait la réussite économique et sociale de ce marchand-fabricant de premier plan. D'après Gaston Tournier, « l'habitation a subi depuis 1794 des embellissements mais elle n'a pas été modifiée dans ses dispositions intérieures » : La Sagne adoptait donc déjà sa forme actuelle, et le remplacement de la maison à étage en pan-de-bois par le grand corps de bâtiment que l'on connaît aujourd'hui s'est opéré au cours du XVIIIe siècle, après 1733 et avant 1794. Il figure sur le cadastre du début des années 1830, et un tableau du début du XIXe siècle (connu par une reproduction) représentant la ville de Mazamet montre le pignon ouest du château avec la travée d'ouvertures éclairant le couloir longitudinal. La Sagne passe ensuite aux mains de Pierre-Charles Olombel (1781-1852), de Philippe Olombel (¹1874) puis de son fils, également prénommé Philippe. Les importantes transformations (reprise des façades et de leur décor, réaménagement des intérieurs) apportées dans la seconde moitié du XIXe siècle - probablement vers 1870 - doivent pouvoir être attribuées aux deux derniers Olombel. Des éléments de décor similaires à ceux de la villa d'Eugène Cormoul-Houlès, édifiée dans les années 1875-76, permettent d'envisager que l'architecte montpelliérain Louis-Alphonse Corvetto soit l'auteur de cette rénovation. Les Olombel ont profité de la constitution du nouveau quartier pour réorganiser l'environnement du château : ils font aménager un parc d'environ deux hectares qui isole le château de la ville et le met en valeur, et implantent à l'est les bureaux de l'entreprise. Au tout début du XXe siècle, Philippe Olombel, sans enfant, morcelle le parc et vend les terrains au nord et à l'ouest du château à des industriels délaineurs qui vont y élever leurs villas (un plan dressé lors du lotissement de ces terrains permet de connaître l'emplacement des dépendances du domaine qui comprenait, outre le château et ses deux annexes, les bureaux, la conciergerie, les écuries et la buanderie)
L'édifice de plan rectangulaire très allongé mesure environ 35 m de long et il est en outre pourvu de deux corps secondaires qui le prolongent à l'est et à l'ouest, s'alignant au sud. Il comprend trois niveaux, à l'exception du corps ouest qui dispose d'un niveau en moins. La superficie par niveau du corps principal est d'environ 530 m2. Ce dernier se caractérise par deux belles façades à neuf travées chacune et dont la partie centrale est marquée par un très léger avant-corps. Les façades ont été redécorées par les Olombel au cours de la seconde moitié du XIXe siècle : très sobres, elles ont été unifiées par des décors en ciment naturel moulé (chaînes d'angle, corniche moulurée à glyphes et denticules, cordons marquant les étages, agrafes des arcs des portes et des fenêtres, etc). La distribution intérieure du corps principal est double en profondeur, un couloir central longitudinal distribue les pièces au nord et au sud, depuis le hall et la cage d'escalier. Comme dans les autres demeures d'industriels mazamétains, la richesse des propriétaires se manifeste à l'intérieur, notamment dans les dimensions imposantes du vestibule et l'importance particulière accordée à l'escalier, mis en scène face à la porte d'entrée, encadré par des piliers cannelés à chapiteaux composites. Avec la bibliothèque de l'étage, ils comptent parmi les aménagements du XIXe siècle les plus marquants. Le rez-de-chaussée de l'aile ouest conserve quelques dispositions de communs (grande buanderie avec le puits associé à une cuve en pierre pour la lessive ainsi qu'un lavoir en ciment, remises). Au rez-de-chaussée de l'aile est, les boiseries et placards en noyer, qui occupent toute la paroi sud, pourraient être ceux de la salle à manger aménagée à la fin du XVIIIe siècle par Elisabeth-Louise Bosviel, épouse de Pierre Olombel.
Inscrit MH
2022/06/08 : inscrit MH
Le château de la Sagne et son parc, en totalité, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l'arrêté, y compris les grilles et le portail d'entrée, situés 7 boulevard de-Lattre-de-Tassigny, sur les parcelles n° 662 à 665 et n°667 à 671, figurant au cadastre section AH : inscription par arrêté du 8 juin 2022
Arrêté
À signaler
Propriété privée
© Monuments historiques. Cette notice reprend intégralement les termes de l’arrêté de protection au titre des Monuments historiques. Elle répond à l’obligation réglementaire du ministère de la Culture d’établir la liste générale des édifices protégés (art. R. 621-80 du Code du patrimoine). Elle est donc opposable et fait foi juridiquement. Aucune copie numérique ou papier ne sera fournie par courrier ni courriel. Le dossier de protection complet et l’arrêté sont consultables uniquement sur place, dans la salle de lecture de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP), à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne).
Dossier de protection