Intérêt du bâtiment
Maison du XVIIe siècle, au cœur du village médiéval. L’actuelle rue Carnot s’appelait alors la rue des Fours. Cette maison fait partie d’un immeuble détenu par plusieurs propriétaires. Une partie de cet édifice appartenant auparavant à l’avocat général de la Molle devient, en 1672, la Maison d’école. Une autre partie est acquise en 1754 et l’ensemble devient la Maison Commune : dans une salle se tient l’école de garçons (il y a une dizaine d’élèves et quatre bancs), dans une autre se déroulent les séances du Conseil municipal, les réunions des chefs de famille, les débats populaires et les élections. La Maison Commune sert aussi de tribunal et de prison : jusqu’en 1895, le Maire était chargé d’enregistrer les plaintes, de prendre les dépositions, de renseigner le juge d’instruction, le juge de paix et le procureur sur les prévenus et d’exécuter les jugements du Parquet. A partir de 1895, le juge de paix de Collobrières siège une fois par mois dans la commune pour régler les petits délits. Puis l’état de délabrement de l’immeuble (déjà mentionné en 1788), l’augmentation du nombre d’écoliers, les nouvelles instructions préfectorales sur l’enseignement et l’augmentation des loyers, amènent la Commune à envisager en 1850 l’achat ou la construction d’une mairie-école. Par manque de finances, il faut attendre 1883 pour qu’un projet de construction place Saint-François, soit accordé, puis que la mairie soit construite et inaugurée le 25 septembre 1892 par Jean Aicard. En 1910, une délibération du Conseil projette la démolition de l’immeuble délabré, sous réserve que les copropriétaires participent aux frais de démolition. Mais rien ne se fait et Bormes, érigée « station climatique » en 1913, voit arriver avec l’expansion touristique des artistes et de riches hommes d’affaires qui se portent acquéreurs de maisons dans le village. C’est le cas de ce bâtiment qui change alors plusieurs fois de propriétaire. Entre autres, un entomologiste y installe son laboratoire : fenêtres ouvertes, de grands draps tendus capturent de nombreux insectes à étudier. La commune rachète enfin le bâtiment en 1978 à Mme Taïeb, veuve Metzger, et entreprend en 1982 sa remise en état et son aménagement avec la participation de l’Association sauvegarde du Vieux-Bormes, créée par le peintre Georges-Henri Pescadère.