Monument funéraire ; statue
Du chanoine Jacques Chanterel
Elément du monument funéraire du chanoine Jacques Chanterel (statue d'applique) : le chanoine Jacques Chanterel en prière
Hauts-de-France ; Aisne (02) ; Saint-Quentin ; Ancienne collégiale royale, actuellement basilique Saint-Quentin
02691
Saint-Quentinois
Saint-Quentin
Ancienne collégiale royale, actuellement basilique Saint-Quentin
En ville
Collatéral sud de la nef mur entre le tambour de la porte et la première chapelle sud
Sculpture ; marbrerie
D'applique ; revers sculpté ; revers plat
Marbre veiné (rose, en plusieurs éléments) : taillé, poli ; marbre veiné (blanc, en plusieurs éléments) : taillé, poli, gravé, peint, décor rapporté, décor en relief
Le monument se compose actuellement de trois éléments superposés. Le premier, dans la partie inférieure, est une plaque en marbre blanc, en forme de rectangle horizontal chantourné, comportant une inscription commémorative gravée et peinte en rouge. Il est surmonté d'une plaque rectangulaire verticale, en marbre rose veiné de gris-bleu et de beige, ornée d'un motif ornemental en relief, rapporté, taillé dans un marbre blanc veiné de gris. Cette partie, qui sert de console, porte le socle de la statue, en marbre rose veiné, puis la statue elle-même. Cette dernière est formée de plusieurs éléments ajustés, en marbre blanc (les mains et la tête étaient rapportées). Il s'agit d'une statue d'applique, puisque le revers est partiellement plat.
Figure ; homme ; chanoine ; barbe ; agenouillé ; de profil ; prière ; coussin ; ornementation ; cuir découpé ; console
Le chanoine Jacques Chanterel est représenté en habit de choeur, portant le rochet, et l'aumusse posée sur le bras droit. Agenouillé sur un coussin et de profil, il est en prière, les mains jointes. Il est tonsuré et porte la barbe. Le support adopte la forme d'une console s'achevant en cuir découpé.
Dimensions de la statue du chanoine Jacques Chanterel : h = 81 ; la = 45 ; pr = 25. Dimensions de la plaque portant l'inscription : h = 35, la = 50, pr = 8,5. Dimensions du support : h = 101 ; la = 49 ; pr = 28.
Élément ; manque ; changement de forme ; oeuvre complétée
Le monument ne se présente assurément pas sous son aspect d'origine. L'étrange composition que l'on voit aujourd'hui et la plaque portant l'inscription commémorative résultent d'une restauration effectuée en 1827. Au mieux, seules la statue et la console de marbre blanc peuvent provenir de l'oeuvre originale. Par comparaison avec d'autres monuments contemporains, le chanoine devait être agenouillé devant un saint personnage, ce que confirment d'ailleurs la position de la tête et la direction du regard. Les deux mains du chanoine ont disparu. Quelques plis du vêtement sont cassés.
Inscription (gravé, peint, sur partie rapportée, récent) ; épitaphe (disparu, connu par document, latin)
Texte de l'inscription, gravée et peinte sur une plaque de marbre : JACQUES CHANTEREL, / CHANOINE DE L'EGLISE ROYALE ET COLLEGIALE / DE SAINT-QUENTIN, CREATEUR EN L'ANNEE / 1666 D'UNE DOTATION DE SOIXANTE SETIERS / DE BLE, MESURE DU PAYS, POUR LE MARIAGE / CHAQUE ANNEE DE QUATRE FILLES PAUVRES / ET VERTUEUSES, INSTITUTION CONNUE DANS / LE PAYS SOUS LE NOM DE BLE DU CHAPITRE / PRIEZ DIEU POUR LUI. D'après l'épitaphier de Picardie, l'épitaphe originale était la suivante : Hic jacet M. Jacobus Chanterel, canon. S. Quintini, Regis capell., Grangiae Sequanorum natus, qui praeclara ibi pietatis monimenta reliquit. Hic Anniversario fundato ministros missae duos instituit 5000 l. / Nosocomium decem mod. frumenti solutione levavit 3600 l. / Beghinarum ad S. Annam mansiunculas muro clausit, numero auxit 3000 l. / Maritandis per singulos annos pauperibus puellis dotem providit 9000 l. / Valetudinario Parisiensi legavit 1000 l. / Totidem Prochodochio 2000 l. / Obiit 4° non. aprilis 1666.
3e quart 17e siècle ; 2e quart 19e siècle
Ce monument funéraire est considéré, depuis le 19e siècle, comme étant celui d'un chanoine de la collégiale nommé Jacques Chanterel, oeuvre datant du 3e quart du 17e siècle. Ce chanoine est réputé pour avoir légué par testament de fortes sommes d'argent destinées à des usages pieux ou charitables, et en particulier, pour avoir laissé un capital de 9000 livres dans le but de doter chaque année des jeunes filles pauvres à l'occasion de leur mariage. Comme le rapporte le chanoine De Croix dans son journal, le chanoine Jacques Chanterel meurt le 2 avril 1666 et est enterré le lendemain, dans le bras sud du petit transept, près de la chapelle Saint-Jean l'Evangéliste. Aucune description de la dalle funéraire ou du monument funéraire ne nous est parvenue, et seule la teneur d'une épitaphe a survécu, grâce à un épitaphier (mal recopié par divers auteurs). Le monument est endommagé pendant la période révolutionnaire et il semble n'en subsister que la statue. Vers 1826, le clergé et le Conseil de Fabrique prennent la décision de la faire restaurer. Un traité est passé le 19 décembre 1826 avec le marbrier Delaage, concernant la restauration et le placement dans l'église de cette statue de marbre. Le travail est réalisé en 1827, et la composition actuelle de l'oeuvre résulte de cette intervention. En 1855, le baron de Guilhermy décrit le monument, alors adossé à la quatrième travée de la clôture sud du choeur. Il est déplacé, sans doute à l'occasion de la restauration de la clôture de choeur dans les années 1880. En 1893, le desservant le signale dans le déambulatoire, à gauche de l'entrée de la chapelle Saint-Louis. La statue est emportée par les Allemands à Maubeuge en 1917 et revient à Saint-Quentin au début de l'année 1922. Elle est d'abord présentée dans la chapelle du Sépulcre, puis gagne rapidement l'emplacement auquel elle est toujours visible.
Propriété de la commune
classé au titre objet
À signaler
Sous-dossier
Ensemble des monuments funéraires et commémoratifs de la basilique
IM02004644
2001
2008