Description matérielle
Placé à la jonction de voies ferrées, l'appareil de voie (aussi appelé aiguillage) sert à orienter les trains sur l'une ou l'autre des voies. La gare de Saint-Claude en compte quinze (dont deux doubles, le même levier actionnant deux appareils à la fois), manoeuvrés à pied d'oeuvre. Chaque appareil de voie se compose de deux parties mobiles en acier, les lames d'aiguille (ou aiguilles), rails taillés en biseau, rendus solidaires par des entretoises et placés entre les deux rails formant la voie (qui, à cet endroit, sont appelés rails contre-aiguilles). Le mouvement de ces lames est commandé par un levier situé à proximité, à gauche de la voie, grâce à un système de renvoi d'angle (avec ' pince de homard ') et de tringles : lorsque l'une des aiguilles est appliquée contre l'intérieur d'un des rails contre-aiguilles, la deuxième s'écarte de l'autre rail. La roue suit la direction donnée par la lame en contact et, plus loin, à l'endroit où les voies se séparent, un passage est ménagé pour l'autre roue : l'intersection des deux rails intérieurs, suivant un angle aigu, y est matérialisée par un appareil appelé pointe de coeur. Un contre-rail guide les roues au niveau des rails extérieurs. La manipulation du levier peut être libre (la contre-poignée joue librement) ou contrôlée et sécurisée par une serrure en laiton, fixée sur le côté, qui empêche tout mouvement intempestif : sa clef ne peut être retirée de la serrure centrale qu'en fonction de la présence ou de l'absence d'autres clefs, rendant ainsi solidaires les signaux et les appareils de voie (c'est le système de l'enclenchement par serrures Bouré). Les lames d'aiguilles doivent glisser sans résistance : elles sont donc posées sur des coussinets graissés et, aux endroits exposés au gel et à la neige, elles peuvent être munies de rampes de réchauffage électriques ou au gaz (d'où la présence en bordure de voie de bouteilles ou de bonbonnes de gaz). La circulation s'effectue en voie de gauche : les aiguilles d'entrée des voies principales sont disposées de manière qu'un train entrant en gare les prennent en pointe (vers le côté effilé des lames) et soit orienté vers la voie de gauche. Ces aiguilles sont talonnables : elles sont écartées par les roues du premier essieu d'un train sortant, qui les prend à revers (du côté du talon), puis se remettent en place progressivement grâce à une tringle élastique après le passage du dernier essieu.