Description historique
Ce monument constitue le premier grand hommage en statuaire publique rendu à Jeanne d'Arc, dans la région. Le monument historique de la Pucelle qui consistait en un calvaire au pied duquel Jeanne d'Arc et Charles VII étaient agenouillés en prière, est érigé à partir de 1502 sur le pont des Tourelles. Il est déposé en 1745 puis placé à l'angle de la Royale et de la rue de la Vieille-Poterie en 1771, et enfin détruit en 1792, afin de fondre des munitions avec les bronzes des statues de la Vierge de Pitié, de Charles VII et de Jeanne d'Arc.A la fois souhait de la Ville d'Orléans de rétablir l'hommage sculpté à Jeanne d'Arc et du Premier Consul, sans doute sensible à l'image de la guerrière repoussant les Anglais, le projet d'édifier un monument s'appuie en 1801 sur une importante souscription. Le ministre de l'Intérieur souscrit lui-même pour 5 000 Francs le 13 pluviôse an XI (02/02/1803).La statue de Jeanne d'Arc, proposée par Edme-Étienne-François Gois au Salon de 1803, s'inscrit dans la redécouverte de la figure romantique de la Pucelle, avec notamment le drame de Schiller (1801). Le monument prend une forme qui est appelée à devenir canonique dans la première moitié du 19e siècle, en particulier avec les multiples réalisations de David d'Angers : statue en pied en bronze (fondue par Honoré Gonon et Jean-Charles Rousseau) sur un socle en marbre exécuté par la maison Varelle, portant des reliefs en bronze et une dédicace. Plusieurs caractéristiques font de cette Jeanne d'Arc un archétype du monument public du 19e siècle : une grille d'entourage en fonte de fer est prévue dès l'an XII, on frappe à l'occasion de l'inauguration une médaille la représentant.C'est le plâtre teinté (remplacé peu après par le bronze) qui est inauguré le 8 mai 1804 sur la place du Martroy (place disparue située au sud-est de l'actuelle place du Martroi, entre la rue Charles Sanglier et la rue Sainte-Catherine).Rapidement jugée trop modeste par la taille et anachronique par son costume et sa coiffure, elle est supplantée sur le plan iconographique par la statue en marbre réalisée par Marie d'Orléans en 1837 (dont une réplique en bronze est placée à l'hôtel Groslot à Orléans) et concrètement par le projet de statue équestre de Foyatier dans les années 1840.A l'inauguration de cette dernière en 1855 sur l'actuelle place du Martroi, le monument de Gois est intégralement déplacé (statue, reliefs, piédestal et grille d'entourage) sur la rive sud de la Loire, à l'entrée du Pont royal.Au début du 20e siècle, le terre-plein du monument est réduit pour faciliter la circulation. En 1955, la statue est déplacée à l'est, sur le quai du Fort des Tourelles, à la jonction de la rue Croix-de-la-Pucelle et de la rue des Tourelles, sensiblement en face de l'ancien Fort des Tourelles, en substituant au piédestal d'origine celui de la statue de Cérès figurant la République de Louis Roguet (anciennement située place de la République et fondue pendant l'Occupation). Les reliefs, qui ne peuvent y être apposés, sont déposés au musée des Beaux-Arts d'Orléans. Des copies des reliefs ont été placées sur le piédestal en 2014.