Description historique
Le château de La Roche à Neuville-sur-Ain changea plusieurs fois de noms et de propriétaires avant de passer avant la Révolution, aux Marron de Meillonnas qui le possédaient encore en 1789. Il s'appela, au XVe-XVIIe, la Tour de Loriol, et à l'époque moderne La Tour de Neuville. A la fin du XIXe siècle, il fut vendu par la famille de Saint-Didier au sénateur, président du conseil général de l'Ain, Etienne Goujon (1840-1907). C'est lui qui fit raser les vestiges de l'ancien manoir pour faire construire le château actuel par l'architecte Tony Ferret. Les quatre faces présentent des styles différents, mais la façade principale, dominant l'Ain, est Renaissance. Longtemps propriété de la ville de Champigny-sur-Seine qui l'utilisait pour ses colonies de vacances, ce château appartient actuellement à Monsieur Jacques Bouvier. La totalité du château et du parc a été inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, par arrêté du 27 juillet 2006. A l'intérieur, un grand vestibule dessert les pièces principales de réception. C'est là que se dresse une grande cheminée dont le contre-cur est orné de cette belle plaque ou taque armoriée. Il s'agit des armoiries de la « très illustre » famille des La Baume-Montrevel. Or comme aucun membre de cette maison ne fut seigneur de La Tour, il est évident que cette plaque a été acquise lors de la reconstruction du château, peut-être fournie par l'architecte. En 1683, les La Baume possédaient diverses seigneuries dont les principales étaient le comté de Montrevel et le marquisat de Saint-Martin-le-Châtel, propriétés de deux membres différents. Le marquis de Saint-Martin était alors Charles de La Baume, en tant que mari et cousin germain d'Albertine de La Baume, héritière de cette terre. C'est donc très vraisemblablement lui qui fit faire cette belle plaque armoriée. Où pouvait-elle se trouver à l'origine ? Soit à Saint-Martin-le-Châtel, soit dans les nombreuses possessions du marquis, sur les commune de Saint-Didier-d'Aussiat et de Curtafond. Quant au fondeur, il peut s'agir d'un des nombreux fondeurs de cloches qui travaillaient dans la région, venus principalement de la Lorraine et du Bassigny et plus rarement de Lyon. Il s'agit en tout cas d'un véritable artiste, tant l'exécution est soignée.