Description historique
Cet appareil a été conçu par René Baillaud (1885-1977), directeur de l'observatoire de Besançon et titulaire de la chaire d'astronomie de la Faculté des Sciences de cette ville de 1930 à 1957. Acquis par l'observatoire bisontin en 1933, l'instrument servait à la détermination des longitudes et des latitudes par la méthode des hauteurs égales, en l'occurrence l'observation du passage des étoiles au cercle de hauteur 60°. Longtemps considérée comme une alternative aux méthodes d'observations méridiennes, avant l'invention des astrolabes impersonnels, la méthode des hauteurs égales utilise un sextant, ou un théodolite, couplé à un horizon artificiel à bain de mercure. Ce procédé manquant de précision, faute notamment d'une lunette de grossissement comparable à celle des cercles méridiens, l'observatoire de Harvard College avait en 1887 proposé l' "Almucantar", un instrument astrométrique composé d'une lunette et d'un cercle de lecture couplé à un horizon artificiel à bain de mercure. Dans le même esprit, André Claude, attaché à l'observatoire du Bureau des Longitudes, et Ludovic Driencourt, ingénieur-hydrographe, mettent au point en 1905 un astrolabe à prisme. Celui-ci est composé d'une lunette horizontale, mobile autour d'un axe vertical et dont l'objectif est muni d'un prisme, et d'un bain de mercure solidaire de la lunette, comme le prisme et tournant comme elle autour de l'axe vertical. Dès 1920, René Baillaud étudie les moyens d'éliminer par la photographie (ajout d'une plaque photographique) les causes d'erreur non instrumentales de l'appareil (équation personnelle et équation de grandeur). En 1924, il propose d'ajouter un micromètre optique impersonnel auto-enregistreur. L'instrument est réalisé en 1933 par le constructeur Edouard Bouty (fils du physicien Edmond Bouty), à la tête d'une entreprise qui fabrique des instruments optiques tels que sextants, lunettes, etc. (devenue Simpo-Bouty - pour Société des Instruments de Mesure pour l'Optique-Bouty -, sa société poursuit ses activités à Thorigny-sur-Marne, en Seine-et-Marne, puis semble disparaître au milieu de la décennie 2000). L'astrolabe est testé à l'observatoire de Paris mais il ne sera jamais utilisé à Besançon. En 1938, Baillaud continue de lui apporter des améliorations, dans le cadre d'une collaboration avec Henri Chrétien (1879-1955), professeur à l'Institut d'Optique. Les astrolabes impersonnels adoptés par la suite dans les observatoires seront construits selon le modèle (plus précis ?) qu'André Danjon (1890-1967) développera à partir de 1951 (à Besançon, un appareil Danjon est mis en service en 1959).
(texte repris de la notice Inventaire).