Description historique
La présence des sculptures figurant sainte Barbe, sainte Rose et une Vierge au serpent s’explique, dans l’église, par l’existence de deux chapelles, à droite et à gauche du chœur, qui leur sont dédiées. La trace de ces chapelles apparaît dans les documents d’archives dès le début du XVIe siècle : en 1518, dans son testament daté du 23 janvier, le curé de Saint-Martin-le-Beau Michel Estève demande à être enterré à l’entrée de la chapelle Sainte-Catherine et ordonne la fondation d’une chapelle en l’honneur de Notre-Dame (La Vierge) et sainte Barbe, ce qui sera fait après sa mort. Cette dernière se trouve à gauche du chœur et dans le prolongement du collatéral sud. La chapelle Sainte-Catherine, située à droite du chœur, est devenue chapelle Sainte-Rose entre 1671 – date de la canonisation de la sainte - et avant 1729, date à laquelle elle est mentionnée sous ce nom dans une ordonnance de l’archevêque de Tours.
Avisseau a modelé plusieurs Vierges au serpent en terre cuite dans les années 1835-1842, toutes avec de légères différences qui en font des œuvres originales : taille adaptée au lieu, changement des poses, changement des attributs, vêtements et couleurs. Elles font référence à l’iconographie de l’Immaculée Conception mais sont nommées Vierge au serpent dans la littérature consacrée à Avisseau dès le début du 20e siècle.
Cette Vierge rappelle deux autres Vierges au serpent d’Avisseau père, elles-mêmes en terre cuite l’une datant de 1835, conservée à l’abbatiale Saint-Pierre de Preuilly-sur-Claise, restaurée en 2015 ; l’autre de 1837, conservée dans l’église Saint-Antoine-du-Rocher, restaurée en 1992, inscrite au titre des Monuments historiques en 1993.
La Vierge de Saint-Martin-le-Beau correspond à celles de l’artiste mais elle est non signée.
La date de l’installation de cette Vierge au serpent n’est pas connue. Cependant, en 1842, le compte de budget de la fabrique mentionne une somme affectée à la construction de l’autel de la Vierge.
(Isabelle Girard, CAOA37, extrait du compte-rendu CRPA, Tours, 21 novembre 2017).