Précision sur l'état de conservation
Restauration Maxime Chiquet. Restauration Le Sciapode 2011. Dès réception de l'objet, l'atelier entreprit de dégager les nombreuses cassures sous-jacentes aux surpeints, afin de mieux les localiser. Nonobstant leur multiplicité à l'épaule droite a notamment été cassée en plusieurs morceaux -, les collages se révélèrent être stables. Heureusement, la tête a échappé à tout incident et est demeurée intact.Un test à la goutte d'acide chlorhydrique a permis d'identifier le matériau de l'oeuvre. L'absence d'effervescence a révélé que nous étions en présence d'un albâtre gypseux.Le relevé de polychromie a mis en évidence l'existence de trois couches colorées sur le vêtement et de deux sur le visage. Ignorant les époques auxquelles elles ont été apposées (peut-être au XVIIIe siècle pour les plus anciennes ?), elles ont finalement permis de bien conserver la polychromie originale. Epaisses, chacune d'elles ayant bénéficié d'une sous-couche blanche, ces couches colorées avaient banni un décor chatoyant au profit de couleurs uniformes plus conformes aux évolutions du goût. Deux couches de bleu ont été dénombrées sur la robe recouverte de vert pâle au XIXe siècle, cette dernière ayant été imparfaitement dégagée en 1972 (il en restait 10% environ) et deux rouge sur le manteau. Moins solides heureusement que la polychromie initiale, ces couches là ont pu être ôtées assez rapidement par voie mécanique sans avoir recours à un procédé chimique (solvants). Il a également fait apparaître d'une manière plus nette les nombreuses cassures et brisures qui résultent vraisemblablement des divers transferts de l'oeuvre. Des chocs ont abîmé l'albâtre au niveau du manteau (épaufrures), altérations fréquemment constatées sur cette pierre particulièrement fragile.Le dégagement effectué au scalpel sous loupe binoculaire par Marie-Pierre Lernout, a rendu au regard la polychromie recherchée du vêtement parsemé de losanges et de motifs floraux argent et or (matières présentes à l'état résiduel) se détachant sur un fond blanc cassé, la carnation délicate du visage aux traits fins, la chevelure retombant en boucles longues et serrées. Elle a découvert les galons omniprésents du vêtement, soulignés de traits noirs et rehaussés d'or. Le décor est apparu dans toute sa complexité. Son interprétation reste délicate au stade actuel de l'analyse : aux losanges coexiste en effet sur le manteau un motif plus complexe formant une sorte de motif végétal ou floral qui à un endroit se superpose à un losange : s'agit-il d'un second décor avorté ou d'un repentir ? Quant aux éléments de ce décor apparaissant aujourd'hui noircis, ils révèlent le processus d'oxydation de l'argenture, ce que prouveraient des analyses scientifiques. Les motifs du vêtement, réalisés en feuilles métalliques probablement sur une mixtion (c'est-à-dire un mordant permettant l'adhésion de l'or et de l'argent en feuille), sont exceptionnellement bien préservés.La statue se présente aujourd'hui en quatre grands blocs dont les joints ont été refaits avec un mélange de chaux et de sable. Après avoir supprimé les débordements des anciens ragréages et procédé au refixage de la polychromie initiale (au Paraloïd B72), les joints ont été retouchés in situ à l'aide de pigments et d'un liant acrylique réversibles, pour s'harmoniser à la polychromie voisine et rétablir une continuité visuelle.