Sources d'archives
Le contrat de fondation de la chapelle est daté du 18 février 1707 et signé par le curé Claude Gaillard, prêtre des paroisses de Saint-Gervais et de Saint-Nicolas-de-Véroce, agissant au nom de Nicolas Revenaz, marchand et bourgeois de la ville de Vienne en Autriche, originaire du hameau des Pratz, concourrant 'au pieux dessein que les habitants dudit village de Pratz ont de faire ediffier une chapelle audit lieu de Pratz sous le vocable du St Suaire de nostre Dame de Compassion, de St antoine de padouë et de saint Antoine abbé' (ADHS, 1 G 82, fol. 58-59). Il fait don à cet effet d'un capital de 'huict vingt florins de Savoye' rapportant annuellement 'huict florins mesme monnoye de revenu que ledit sieur curé percevra et ses successeurs jusques à linfiny à la charge de celebrer tous les ans aussy à perpétuité en ladite chapelle quattre messes pour le repos de lame dudit sieur revenaz et de ses predecesseurs et a lhonneur desdits saints patrons une messe a chaque jour de la célebration de leurs festes'. La chapelle ne doit pas être meublée immédiatement puisque le retable porte la date de 1713 sur la plinthe. La famille Revenaz, marchands émigrés agréés à la cour impériale de bourgeois de Vienne en Autriche, est originaire de Saint-Gervais (il ne faut pas la confondre avec la famille du même nom de SAint-Nicolas-de-Véroce, marchands émigrés à Varsovie en Pologne et également bienfaitrice de la paroisse). C'est l'une des plus riches familles de la vallée et des plus importantes sur le plan du mécénat de l'émigration marchande savoyarde (Cf. Maistre, Heitz, 1992). La réussite de Nicolas Revenaz est souligné par son inhumation dans la cathédarle de Vienne comme grand marchand de la cour. Les Revenaz font bénéficier leur paroisse de nombreux bienfaits : Nicolas Revenaz établit le 6 juillet 1703 comme vicaire-régent son cousin Rd Claude Gaillard afin de transformer en Régence la 'petite école' de Saint-Gervais. Il ajoute encore 2000 florins à cette fondation en 1711 pour assurer le service de deux messes par semaine à la chapelle des Pratz qu'il orne à ses frais. Les Revenaz contribuent également à l'embellissement de Notre-Dame-de-la-Gorge (comme la famille de Saint-Nicolas qui financenet le retable et permettent l'achat d'orfèvrerie) : Nicolas Revenaz de Vienne fait parvenir 6500 florins pour les ornements d'église et des fondations de messes. C'est lui également qui offre le tableau votif représentant La prise de Vienne de 1683 (voir cat. expo., les Savoyards dans le monde, Annecy, 1991-1992, p. 11, 28). Base des objets mobiliers de Haute-Savoie, Conservation des antiquités et objets d'art du département, 2016, n°1132.
Publications
MOUTHON J., Saint-Gervais-Montjoie à la veille de la Révolution, Mémoires et documents de l'Académie salésienne, tome XLVI, 1928, p. 11-12 ; MONERY Jean-Paul, Les retables du Faucigny aux XVIIe et XVIIIe siècles. Etude historique et artistique, TER, Grenoble II, 1977-1978, p. 243-245 (dactylographié) ; BAUD Henri, et MARIOTTE Jean-Yves, Histoire des communes savoyardes, tome I, Roanne, 1980, p. 407 ; DEVOS Roger, Chapelles et dévotions populaires dans le diocèse de Genève-Annecy aux XVIIe et XVIIIe siècles, Actes du congrès des sociétés savantes de Savoie, Vie religieuse en Savoie. Mentalités, associations, Annecy, 1988, p. 145 ; Les savoyards dans le monde, Annecy, Catalogue d'exposition, 1991-1992, p. 11, 28 ; MAISTRE Chantal et Gilbert, HEITZ Georges, Colporteurs et marchands savoyards dans l'Europe des XVIIe et XVIIIe siècles, dans Mémoires et documents de l'Académie salésienne, tome 98, 1992 ; BAUD Henri, Histoire religieuse de la vallée de Montjoie avant 1792, dans Mémoires et déocuments publiés par l'académie du Faucigny, nouvelle série, n° 4, 1999, p. 79 ; ROULIER Fernand, Un art retrouvé, tome II, le Faucigny, Eglises et chapelles baroques du diocése d'Annecy, édition Rossat-Mignod, 2002, p. 51-53.