Tableau
Tableau sans cadre
Tableau sans cadre : Education de la Vierge
Île-de-France ; Essonne (91) ; Orsay ; château du Grand Mesnil
91471
Palaiseau
Château du Grand Mesnil
Dans le grenier du château.
Lieu de déplacement : Île-de-France, 91, Orsay, hôpital
Peinture
Toile (support) : peinture à l'huile
Education de la Vierge ; homme ; sainte Anne ; Vierge ; à mi-corps ; lecture ; désigner ; livre
On retrouve ici l'harmonie chromatique caractéristique d'une partie des uvres de Carlo Maratta : un arrière-plan sombre sans être tragique, mettant en valeur les personnages au 1er plan, éclairés d'une lumière venant de la gauche et magnifiant des physionomies empreintes de sérénité, aux expressions douces ; la palette chromatique des vêtements est en parfaite harmonie avec le fond chaud, renforçant le sentiment de quiétude et de pérennité de la scène. La composition construite en V concentre tous les regards sur la Vierge, dont les traits sont fort proches des autres Vierges peintes par Maratta dans différentes uvres ; la tranquillité de son visage contraste presque avec la gravité du visage de sa mère et l'attitude prostrée de son père, la tête dans la main gauche, comme pour insister sur la conscience qu'elle a seule de son destin unique. La mise très modeste des personnages, vêtus comme des gens du peuple, épouse la volonté de mettre en exergue tout à la fois le réalisme et le caractère éternel du symbole représenté.
H = 74 ; la = 58,5
Altérations
Support fragilisé, couche picturale présentant un réseau généralisé de craquelures, avec des soulèvements et des pertes de matière concentrées sur les bordures.
17e siècle
Découverte vers 1997-1999 dans un grenier du château du Grand Mesnil appartenant au centre hospitalier général d'Orsay en même temps qu'un autre tableau de même facture. Cette uvre est demeurée en possession de l'hôpital jusqu'en décembre 2009, date à laquelle il a été donné à la commune. En revanche, les modalités de son arrivée au château du Grand Mesnil nous demeurent encore inconnues. Tableau attribué à l'entourage de Carlo Maratta (1625-1713). Ce tableau a de longue date été attribué au peintre italien Carlo Maratta ; il n'en demeure pas moins une réalisation de très belle facture ; l'uvre a été depuis 2006 plutôt évaluée comme une production d'un suiveur du peintre (attribution confirmée en 2008, par Stéphane Loire, conservateur au musée du Louvre). La rareté des peintures italiennes du XVIIe siècle constitue en soi un facteur d'intérêt. L'ensemble présente, comme dans le cas de La Sainte famille (PM91002846), une structure triangulaire inversée, et les deux uvres semblent avoir été créées pourformer une sorte de diptyque. Carlo Maratta ou Maratti, originaire de Camerano, fut un peintre de compositions religieuses, portraits, aquarelles, également graveur et dessinateur. Elève d'Andrea Sacchi à son arrivée à Rome en 1636, il resta dans son entourage jusqu'en 1645, copiant les grandes oeuvres de Raphaël et de Carrache, et d'une manière générale, influencé par les grands peintres de Parme et de Bologne tels que le Guerchin et Giovanni Lanfranco ; après un bref retour dans sa ville natale de 1645 à 1650, il revint à Rome pour y devenir progressivement le peintre favori du Saint Siège, qui lui commanda d'importants travaux : nommé surintendant des Chambres du Vatican par Innocent XI, il restaura notamment les fresques de Raphaël au Vatican et la Farnesina vers 1702-1703. Cette reconnaissance officielle fut suivie par sa nomination comme premier peintre de Louis XIV. Baptisé Carluccio della Madona en raison du succès de ces tableaux représentant la Vierge, il exécuta majoritairement des tableaux de chavalet et peu de fresques. Entre autres oeuvres remarquables : les retables à Monterotondo pour Taddeo Barberini, à Camerano, à Rome, les grandes décorations du palais Altieri et San Pietro au Vatican à Rome, pour le dôme d'Urbino. Du fait de sa réputation auprès des cours et grands de son époque, son atelier romain fut extrêmement prolifique et il eut de nombreux élèves et assistants. A noter que le thème de l'Education de la Vierge ne fait pas partie des scènes fréquentes chez Maratta, à l'inverse de la Sainte Famille, dont on retrouve de très nombreuses versions dans les plus grands musées d'Europe et du monde. Cette iconographie de l'Education de la Vierge demeure aussi peu fréquente en Essonne, à l'exception des verrières, de quelques groupes sculptés et objets épars dont un tableau conservé dans l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Verrières-le-Buisson et daté du XVIIe siècle. Si l'on compare cette oeuvre aus autres oeuvres de ou attribuées à Maratta ou à son entourage ou ses suiveurs, on ne peut en ignorer la qualité et la fidélité de style et d'esprit : l'élégance des personnages, l'harmonie des coloris.
Propriété de la commune
Inscrit au titre objet
2010/06/11 : inscrit au titre objet
Commission départementale des objets mobiliers : 21/05/2010.
Brejon de Lavergnée, Arnaud, Musées de France. répertoire des peintures italiennes du XVIIe siècle, Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1988.
Documentation de la conservation des antiquités et objets d'art de l'Essonne : dossier documentaires sur les tableaux d'Orsay
Dossier individuel