Description historique
Découverte vers 1997-1999 dans un grenier du château du Grand Mesnil appartenant au centre hospitalier général d'Orsay en même temps qu'un autre tableau de même facture. Cette uvre est demeurée en possession de l'hôpital jusqu'en décembre 2009, date à laquelle il a été donné à la commune. En revanche, les modalités de son arrivée au château du Grand Mesnil nous demeurent encore inconnues. Tableau attribué à l'entourage de Carlo Maratta (1625-1713). Ce tableau a de longue date été attribué au peintre italien Carlo Maratta ; il n'en demeure pas moins une réalisation de très belle facture ; l'uvre a été depuis 2006 plutôt évaluée comme une production d'un suiveur du peintre (attribution confirmée en 2008, par Stéphane Loire, conservateur au musée du Louvre). La rareté des peintures italiennes du XVIIe siècle constitue en soi un facteur d'intérêt. L'ensemble présente, comme dans le cas de La Sainte famille (PM91002846), une structure triangulaire inversée, et les deux uvres semblent avoir été créées pourformer une sorte de diptyque. Carlo Maratta ou Maratti, originaire de Camerano, fut un peintre de compositions religieuses, portraits, aquarelles, également graveur et dessinateur. Elève d'Andrea Sacchi à son arrivée à Rome en 1636, il resta dans son entourage jusqu'en 1645, copiant les grandes oeuvres de Raphaël et de Carrache, et d'une manière générale, influencé par les grands peintres de Parme et de Bologne tels que le Guerchin et Giovanni Lanfranco ; après un bref retour dans sa ville natale de 1645 à 1650, il revint à Rome pour y devenir progressivement le peintre favori du Saint Siège, qui lui commanda d'importants travaux : nommé surintendant des Chambres du Vatican par Innocent XI, il restaura notamment les fresques de Raphaël au Vatican et la Farnesina vers 1702-1703. Cette reconnaissance officielle fut suivie par sa nomination comme premier peintre de Louis XIV. Baptisé Carluccio della Madona en raison du succès de ces tableaux représentant la Vierge, il exécuta majoritairement des tableaux de chavalet et peu de fresques. Entre autres oeuvres remarquables : les retables à Monterotondo pour Taddeo Barberini, à Camerano, à Rome, les grandes décorations du palais Altieri et San Pietro au Vatican à Rome, pour le dôme d'Urbino. Du fait de sa réputation auprès des cours et grands de son époque, son atelier romain fut extrêmement prolifique et il eut de nombreux élèves et assistants. A noter que le thème de l'Education de la Vierge ne fait pas partie des scènes fréquentes chez Maratta, à l'inverse de la Sainte Famille, dont on retrouve de très nombreuses versions dans les plus grands musées d'Europe et du monde. Cette iconographie de l'Education de la Vierge demeure aussi peu fréquente en Essonne, à l'exception des verrières, de quelques groupes sculptés et objets épars dont un tableau conservé dans l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Verrières-le-Buisson et daté du XVIIe siècle. Si l'on compare cette oeuvre aus autres oeuvres de ou attribuées à Maratta ou à son entourage ou ses suiveurs, on ne peut en ignorer la qualité et la fidélité de style et d'esprit : l'élégance des personnages, l'harmonie des coloris.