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POP | Plateforme ouverte du patrimoineL'incrédulité de saint Thomas
L'incrédulité de saint Thomas

Référence de la notice
00130004400
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
11 juin 2013
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
DORNERT Mireille
Crédits photographiques
© FUSSLER, © PLISSON, © BERTOLA
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
CE 6476 ; 77.R.2009.0109 (N° récolement)
Domaine
Titre
L'incrédulité de saint Thomas
Précisions sur l'auteur
BALDUNG : Schwäbisch Gmünd, 1484 ; Strasbourg, 1545
École (pays)
Allemagne
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1512 ; 1513
Historique
La feuille, représentant la conversion de l'incrédule Thomas, relève d'une construction très rigoureuse sur un papier à fond coloré, vraisemblablement le plus important dessin en clair-obscur de la fin des années strasbourgeoises de l'artiste et de ses débuts à Fribourg-en-Brisgau, vers 1512-1513. Thomas, au centre de l'image, vu de profil et tourné vers la droite, se trouve agenouillé sur un ' coussin ' rembourré grâce aux plis de son manteau. La force de cette figure géométrique simple - une pyramide - vient étayer l'être de lumière transcendante, le Christ ressuscité, qui se tient debout, face au spectateur, la hampe de la bannière de la victoire dans la main gauche. Un lourd manteau drapé recouvre tout son côté gauche, et notamment le genou légèrement plié qui suggère un contrapposto, tandis que le côté droit, presque entièrement dénudé, est livré au spectateur et à l'apôtre. Celui-ci, délicatement guidé par la main du Christ, plonge deux doigts tendus, selon un geste proche du Rédempteur bénissant les êtres, dans la blessure infligée par le soldat Longinus qui, d'un coup de lance, avait transpercé le flanc droit du Christ pour s'assurer de sa mort. Thomas lui-même a besoin de ce geste concret pour croire à la résurrection de Jésus. Aussi, saisi par la réelle présence du Seigneur resplendissant de lumière, Thomas, tout ébloui, lâche-t-il sa propre lance en tentant de se protéger les yeux de la main gauche. Ce dessin, où le caractère trempé de l'apôtre est mis en évidence autant que la virilité de cet être de chair, offre un contraste impressionnant avec l'apparition presque désincarnée du Christ, dont la corporéité est suggérée avec une remarquable économie de moyens : quelques traits noirs ou des rehauts de blanc, posés çà et là, mais sans qu'il soit véritablement question de modelé plastique. L'inscription ' Une bonne année nouvelle ' indique qu'il s'agit d'un dessin donné en cadeau à l'occasion du nouvel an, mais, le sujet se rapportant à saint Thomas, dont l'anniversaire a lieu le 21 décembre, il est possible que l'oeuvre ait été offerte pour marquer les fêtes de fin d'année, Noël et nouvel an. En revanche, le bord inférieur de la feuille ayant été coupé, la date inscrite a posé des difficultés de déchiffrage entre un ' 2 ' et un ' 3 '. Les analyses stylistiques les plus récentes incitent à pencher pour le tournant de l'année 1512-1513. (Anny Claire Haus)
Localisation
Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins