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POP | Plateforme ouverte du patrimoineMarcus Curtius
Marcus Curtius

Référence de la notice
00130068147
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
11 juin 2013
Date de mise à jour
23 février 2026
Crédits photographiques
© BERTOLA
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
77.006.0.32 ; 77.R.2009.0112 (N° récolement)
Domaine
Titre
Marcus Curtius
Précisions sur l'auteur
CRANACH : Kronach, 1472 ; Weimar, 1553 ; nationalité : Allemande
École (pays)
Allemagne
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1506 ; 1507
Historique
Lucas Cranach s'est servi d'un modèle italien de plaque en bronze attribuée à Giovanni delle Opere ou delle Corniole, et aborde pour la première fois un sujet de l'Antiquité. Il reprend l'élégant petit temple de style Renaissance ainsi que les groupes de personnages, mais les fait apparaître de manière inversée. Au lieu de signifier, comme sur la plaquette, la rupture du rocher ou de la terre sous le temple, Cranach place sans ambages une scène à deux niveaux, dans un paysage qui fait partie de son environnement. Il y élève un édifice dont il n'a manifestement pas saisi l'organisation architectonique et qui prend ainsi l'allure d'un pavillon ouvert auquel il manquerait la partie arrière. Devant le monument et tournant le dos au spectateur, le jeune Marcus Curtius est censé disparaître dans la crevasse qui, d'après la légende, s'est formée dans la terre au forum romain, mais dont la taille réduite rend impossible l'ensevelissement du personnage avec armes et monture. Cranach illustre ici une scène tirée de la légende romaine. À l'instar de Mucius Scaevola, de Marcus Attilius Regulus ou de Titus Manlius, Marcus Curtius est un héros romain qui non seulement fut courageux, mais sacrifia sa vie. Une crevasse dangereuse s'était en effet formée sur le forum à Rome. Or, selon un oracle, la crevasse ne se fermerait que si Rome était prête à sacrifier son plus grand bien. Marcus Curtius, interprétant ce bien suprême comme le courage du guerrier, se précipita en armes avec son cheval dans la crevasse. Il y perdit la vie, mais le sacrifice opéra et produisit l'effet escompté en sauvant la Ville éternelle de la colère des dieux. La mort sacrificielle de Marcus Curtius fut considérée dès le XIIIe siècle comme le symbole de la mort du Christ. Cette inspiration directe d'après un modèle de la Renaissance italienne est restée unique dans l'oeuvre de Cranach l'Ancien. (Anny Claire Haus)
Localisation
Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins