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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLa Passion sur cuivre : La Résurrection
La Passion sur cuivre : La Résurrection

Référence de la notice
00130068261
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
10 juin 2013
Date de mise à jour
23 février 2026
Crédits photographiques
© BERTOLA
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
77.006.0.43 ; 77.R.2009.0061 (N° récolement) ; B 3 - 18 B 17
Domaine
Dénomination
Titre
La Passion sur cuivre : La Résurrection
Précisions sur l'auteur
Dürer : Nuremberg, 1471 ; Nuremberg, 1528 ; nationalité : Allemande
École (pays)
Allemagne
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1512
Historique
En 1507, environ dix ans après l'ambitieux programme de l'Apocalypse (1496-1498 ; quinze planches) et parallèlement à la réalisation des onze bois de la Grande Passion sur bois (1497-1511), Dürer se lance dans un nouveau projet, la Passion sur cuivre, où il va explorer le même thème en usant d'un médium différent. Son achèvement en 1513 s'explique vraisemblablement par la mise en oeuvre, de 1509 jusqu'à la publication en 1511, d'un vaste cycle de trente-sept xylographies consacrées elles aussi aux ultimes souffrances du Christ et intitulé la Petite Passion sur bois. Les seize épreuves de la Passion sur cuivre étant chacune datée, montrent une nouvelle fois qu'elles ne sont pas traitées selon l'ordre chronologique des événements. Ainsi, à son retour d'Italie, en 1507, Dürer grave la Déploration et en 1508, l'Agonie au Jardin des Oliviers et l' Arrestation du Christ, deux scènes nocturnes révélatrices du changement profond qui s'est opéré dans le style graphique de Dürer. L'année 1508, en effet, est marquée par l'intégration de ce que Panofsky a appelé le ' ton moyen '. En 1509 et en 1511, il aborde respectivement les thèmes de l'Homme de Douleur debout à la colonne et de la Crucifixion. L'année suivante, 1512, sera en revanche consacrée à dix burins, tandis qu'une dernière gravure, sans lien réel avec la Passion, Saint Pierre et saint Jean à la porte du Temple, datée 1513, ne semble pas avoir fait l'unanimité quant à son appartenance à la série. L'ensemble, à l'inverse de la Petite Passion sur bois, a été publié sans texte, ce qui indique une intention tout autre de la part de l'artiste. Le sens du rythme dans la construction scénographique et le rôle de la lumière, focalisée sur le ou les protagonistes de chaque scène, grâce aussi à une utilisation percutante du clair-obscur, à seule fin de renforcer encore les effets dramatiques, au fond, tous ces éléments mettent en évidence le talent exceptionnel de Dürer à ' donner à voir ' le drame intime de la Passion, peut-être précisément en raison de cette économie de moyens. Evitant le ton précieux tout en procédant avec minutie dans le moindre détail, chaque composition se distingue par l'élégance de son graphisme : cette suite, en fait, s'adresse à des amateurs éclairés, des fins connaisseurs plutôt qu'à de fervents dévots. La Passion sur cuivre et la Passion verte conservée à l'Albertina de Vienne ont partie liée. Cette dernière, ainsi surnommée en raison du papier vert qui lui sert de support, regroupe, suite à une perte, un ensemble de onze dessins datés 1504 (plume, pinceau, lavis noirs et rehauts de blanc), qui révèlent des clairs-obscurs accomplis, dont il reste encore les quinze études préparatoires. La Passion verte n'a cessé de soulever des questions, et même, certains points n'ont pas été élucidés définitivement : à quelle fin notamment ont-ils été conçus et réalisés ces onze dessins au clair-obscur si achevé ? La critique autorisée s'accorde à dire qu'il s'agit vraisemblablement d'une suite réalisée par Dürer en personne, avec l'aide éventuelle de son atelier, mais toujours sous sa direction. Toujours est-il que ces dessins restés à l'état de projet, ont pu constituer en quelque sorte une réserve où le maître avait toute liberté de se servir, notamment quand il débuta la Passion sur cuivre, ce qui s'est traduit, d'une part, par de grandes similitudes de scènes entre les deux séries, et de l'autre, par l'utilisation magistrale du clair-obscur fondant l'intensité dramatique de l'ensemble du cycle gravé. (Anny Claire Haus)
Localisation
Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins