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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineAbraham renvoyant Hagar
Abraham renvoyant Hagar

Référence de la notice
00130101384
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
29 juillet 2014
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
SIFFER Florian
Crédits photographiques
© Mathieu Bertola, Service photographique des Musées de Strasbourg
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
77.002.0.58 ; 77.R.2011.0279 (N° récolement)
Domaine
Titre
Abraham renvoyant Hagar
Précisions sur l'auteur
LEYDE : Leyde, 1494 ; Leyde, 1533 ; nationalité : Flamand, Néerlandais
École (pays)
Pays-Bas
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1516
Historique
La naissance tardive d'Isaac, fils d'Abraham et de Sara, qui passa longtemps pour stérile, déclencha un conflit d'héritage insoluble. Sous la pression de sa femme, et suite à un signe divin, Abraham fut obligé de chasser la servante Hagar et leur fils commun Ismaël au profit de la succession d'Isaac. Lucas de Leyde avait déjà choisi ce sujet pour une de ses toutes premières gravures sur cuivre aux alentours de 1506 (B. 17). Dans cette première version d'un format plus grand, il travaille déjà sur le schéma, si souvent suivi plus tard, de différents niveaux d'action auxquels correspondent différentes couches d'espaces dans la composition. Cette manière de procéder permet de raconter un récit en images sur plusieurs niveaux. La première version des débuts de son activité artistique montre aussi bien Sara, la femme d'Abraham et son fils - le renvoi par Abraham tenant lieu de scène principale - que l'apparition de l'ange et le sauvetage de Hagar et Ismaël à l'arrière-plan. Cette composition rappelle la façon de procéder d'Albrecht Dürer dans sa gravure sur cuivre, Hercule à la croisée des chemins de 1498-1499. Pour la seconde version, Lucas garde aussi ces mêmes éléments, telles la construction au milieu qui bouche la vue sur le paysage, et la scène dans le désert à l'arrière-plan. Mais cette version a gagné en acuité du point de vue psychologique : la séparation d'Abraham et de Hagar est mise en vedette comme un événement, non sans être finement dramatisée par l'ébauche de tous les côtés sensibles de la tension et de l'affliction. Le geste de tristesse d'Hagar avait déjà été utilisé par lui auparavant dans la gravure de Saint Georges avec la princesse (B. 121). On peut le mettre en relation avec un répertoire traditionnel de figures exprimant leurs affects que Martin Schongauer avait établi avec la série typologique Les vierges sages et les vierges folles (Lehrs 83). Ce n'est sans doute pas par hasard que Lucas de Leyde conçut le paysage derrière Hagar comme pierreux et hostile, tandis que l'autre moitié de la planche consacrée à Abraham montre une campagne fertile et une ville à l'arrière-plan. Ces deux moitiés de paysage décrivent à leur façon les deux décisions qui s'offrent à Abraham (Lucas van Leyden & his contemporaries 1983, cat. 6, p. 50-52). L'histoire s'inscrit ainsi dans le paysage, tout comme le 'paysage moralisé' reflète et interprète à son tour ce qui se passe dans l'image. (Michael Matile)
Localisation
Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins