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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLégende de Joseph : Joseph interprète ses songes devant Jacob
Légende de Joseph : Joseph interprète ses songes devant Jacob

Référence de la notice
00130101386
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
30 juillet 2014
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
SIFFER Florian
Crédits photographiques
© Mathieu Bertola, Service photographique des Musées de Strasbourg
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
77.002.0.93 ; 77.R.2011.0277 (N° récolement)
Domaine
Titre
Légende de Joseph : Joseph interprète ses songes devant Jacob
Précisions sur l'auteur
LEYDE : Leyde, 1494 ; Leyde, 1533 ; nationalité : Flamand, Néerlandais
École (pays)
Pays-Bas
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1512
Historique
Joseph interprète ses songes devant Jacob, planche 1 de la suite de ' L'Histoire de Joseph ' A côté de certaines gravures avec des scènes tirées de la Passion du Christ, Lucas de Leyde a créé en 1512 un cycle en cinq parties racontant la Légende de Joseph (Livre de Moïse, 37-41). La planche que nous avons là représente l'ouverture de la suite de gravures : Joseph, le fils préféré, raconte à son père Jacob deux songes qui lui auraient révélé qu'il était d'un rang plus élevé que ses plus jeunes frères. Lucas ne prend pas en considération la suite de l'histoire où les frères animés par l'envie et le désir de vengeance vendent Joseph à une caravane en route pour l'Egypte; il reprend le fil de l'histoire directement avec les événements qui ont lieu à la cour du pharaon, où Joseph repousse l'amour de l'épouse de Putiphar et se trouve pour cela accusé par la femme voulant se venger d'avoir fauté avec elle. Jeté en prison suite à cette accusation, Joseph y rencontre deux hauts dignitaires de la cour eux aussi tombés en disgrâce, l'échanson et le boulanger en chef dont il interprète les rêves de façon prophétique. La dernière scène montre Joseph devant le pharaon qui a eu vent de son talent d'interprète des songes. La prophétie des sept années grasses et des sept années maigres à venir conduit le pharaon à confier par gratitude la destinée du peuple égyptien à Joseph en le plaçant à sa tête. Cette variante au burin avait été précédée dans l'oeuvre de jeunesse de Lucas par une peinture qui montrait La femme de Putiphar accusant Joseph, sans doute réalisée vers 1510-1511 (Rotterdam, Musée Boymans-van-Beuningen). La série de gravures est remarquable par sa nouvelle conception de l'espace qui répartit l'action dans une suite bien structurée de cases dans lesquelles l'espace est mis en perspective; elle se distingue par là de l'organisation plane de la profondeur dans la peinture de Rotterdam. Ce modèle fit aussi école plus tard dans les loges du Vatican où La légende de Joseph fut réalisée par des peintres de l'école de Raphaël (Dacos 1986, VII 1-4, p. 178-181). Mais l'espace constitue seulement le fond devant lequel l'artiste donne libre cours à son goût pour les descriptions variées de caractères isolés. Simultanément, il privilégiait ainsi aussi la mise en oeuvre d'un riche réseau de références à des gestes rhétoriques pour souligner la parole dite, ce que Lucas de Leyde n'eut de cesse d'ériger en moyen pictural décisif au service de son art narratif. (Michael Matile)