Précisions sur les inscriptions
Au centre : D. O. M. S. MICHAELI MONTANO PETROCORENSI PETRIF GRIMUND DIN REMUNDI PRON. EQUITI TROQUATO CIVIROMANO CIVITATIS BITURIGUM VIVISCORUM EXMAIORI VIRO AD NATURAE GLORIAM NATO QUOIUS MORUM SUAVITUDO INGENII ACUMEN EX TEM MPORALIS. FACUNDIA ET INCOMPARABILE IUDICIUM SUPRA HUMANAM SORTEM AESTIMATA SUNT. QUI AMICOS USU REGES MAXUMOS ET TERRAE GALLIAE PRIMORES VIROS IPSOS ETIAM, SEQUIORUM PARTIUM PRAESTITES TAMEN ETSI PATRIARUM IPSE LEGUM ET SACRORUM AVITORUM RETINENTI SSIMUS SINE QUOIUSQUAM OFFENSA SINE PALPO AUT PIPULO UNIVERSIS POPULATIM GRATUS UTQUE ANTIDHAC SEMPER ADVERSUS OMNIS DOLO RUM MINACIAS MOENITAM SAPIENTIAM LABRIS ET LIBRIS PROFESSUS ITA IN PROCINCTU FATI CUM MORBO PERTINACITER INIMICO DIUTIM VA LIDISSUME CONCLUCTATUS TANDEM DICTA FACTIS EXAEQUANDO POLCRAE VITAE POLCRAM PAUSAM CUM DEO VOLENTE FECIT. , traduction : ' A Michel de Montaigne, périgourdin, fils de Pierre, petit-fils de Grimond, arrière petit-fils de Raymond, chevalier de Saint Michel, citoyen Romain, ancien maire de la cité des Bituriges Vivisques, homme né pour être la gloire de la nature et dont les amours douces, l'esprit fin, l'éloquence toujours prête et le jugement incomparable ont été jugés supérieurs à la condition humaine, qui eut pour amis les plus grands rois, les premiers personnages de France, et même les chefs du parti de l'erreur, bien que très fidèlement attaché lui-même aux lois de la patrie et à la religion de ses ancêtres, n'ayant jamais blessé personne, incapable de flatter ou d'injurier, il reste cher à tous indistinctement, et comme toute sa vie il avait fait profession d'une sagesse à l'épreuve de toutes les menaces de la douleur, ainsi arrivé au combat suprême, après avoir longtemps et courageusement lutté avec un mal qui le tourmenta sans relâche, mettant d'accord ses actions et ses préceptes, il termine, Dieu aidant, une belle vie par une belle fin. Traduction de Reinhold Dezeimeris, 1861 ; A gauche : Dans un médaillon : FRANCISCA / CHASSANEA / AD LUCTUM / PERPETUOM / HEV. RELICTA / MARITO DOLCIS / SIVO UNIVIRA / UNIUGO ET BENE / MERENTI / MOERENS / P C ., traduction : Françoise de La Chassaigne, laissée en proie hélas à un deuil perpétuel, a érigé ce monument à la demande de ce mari regrettable et regretté. Il n'eut pas d'autres épouses ; elle n'aura pas d'autres époux. ; Sous le couvercle : Dans un médaillon : VIXIT ANN / LIX MENS VII / DIES XI OBIIT / ANNO SALV CI / I VIIIC IBID. / SEPT., traduction : Il vécut 59 ans 7 mois et 11 jours, il mourut l'an de grâce 1592 aux ides de septembre. ' ; Au centre : : HPION OSTIS IDWN HDOYNOMATOYMON EPWTAS MWN QANE MWNTANOS , PRAUEO QAMBOPAQEIN. OYK EMATAYTADEMAS , GENOSEU GENESOLBOS ANOLBOS PROSTASIAI DUNAMEIS PAITNIAQNHTA TUCHS. OU SOFOS ELLHNWN OGDOOS OU TETRITOS AUSONIWN ALLEIS PANTWN ANTAXIOSALLWN THS TEBAQEY SOFIHS ANQESITEUEPIHS OS, KAI CRISTOS EBEI XUNWSA DIDAGMATIS KEYIN THN PURRWNEI HN ELLADA DEILEFQONOS EILE KAI AUSONIHN FQONERHN DERIN AUTOS EPISKWN TAXIN EP' OURANIDWN PATRIDA MEYANEBHN. , traduction : ' Qui que tu sois, qui en voyant cette tombe et mon nom, demande : Montaigne est-il donc mort ? Cesse de t'étonner : corps, noblesse, félicité menteuse, dignités, crédits, jouets périssables de la fortune, rien de cela n'était mien. Rejeton divin, je suis descendu du ciel sur la terre des Celtes, non point huitième sage de la Grèce, ni troisième de l'Ausonie, mais unique, égalant à moi seul tous les autres, et par la profondeur de ma sagesse, et par les charmes de mon langage, moi qui au dogme du Christ alliai le scepticisme de Pyrrhon. La jalousie s'empara de la Grèce ; elle s'empara de l'Ausonie, mais j'arrêtai moi-même cette rivalité jalouse en remontant vers ma patrie, en reprenant mon rang au milieu des esprits célestes. ' Traduction de Reinhold Dezeimeris, 1861.
Description
Cénotaphe de Michel de Montaigne (1533-1592), célèbre écrivain et philosophe, auteur des 'Essais' et maire de Bordeaux de 1581 à 1585. Le gisant montre un homme en armure, soulignant ainsi son appartenance à la noblesse. L'hommage rendu à l'humaniste est présent dans les deux longues épitaphes l'une en latin, l'autre en grec. Le gisant reste d'allure quasiment médiévale. Le soubassement funéraire est richement orné d'éléments dans le goût de la Renaissance tardive et de l'art maniériste. Les rinceaux et volutes de feuillages de la partie inférieure supposent la main d'un ornemaniste de talent. Les armoiries de Montaigne prennent place sous les épitaphes.