Ministère
de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoinePortrait de Claude-François Attiret
Portrait de Claude-François Attiret

Référence de la notice
01370002499
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
23 août 2006
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Creuzet Laurent ; Bardin Dominique
Crédits photographiques
© Jay
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
CA 380 ; 380 (Cat. 1883) ; 265 (Cat. peint. françaises 1968)
Domaine
Dénomination
Titre
Portrait de Claude-François Attiret
Précisions sur l'auteur
LENOIR : Paris, 1729 ; Paris, 1791 ; nationalité : Française
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1770
Genèse
oeuvre en rapport
Historique
Bien reconnaissables sont les traits réguliers du visage avenant aux larges pommettes vermeilles de bonne santé et le sourire, ici finement retenu. Surtout, dans la vivacité du regard se lisent intelligence et droiture. Perruque poudrée, catogan de ruban noir, délicate harmonie du gilet gris galonné d'or : Claude-François a belle allure. Une élégance de bon aloi qui sied à la reconnaissance de son talent. La formule de Lenoir, non exempte de connotation sociologique, est à mi-chemin entre le portrait officiel d'artiste, le morceau de réception à l'Académie royale et le portrait de notable. Les outils du sculpteur, fermement en mains, sont aussi les instruments de sa promotion sociale. Si l'on admet que l'âge du modèle est d'environ quarante ans, l'exécution de son portrait pourrait se situer vers 1768-1770 ou peu après ; nous n'avons en effet trouvé aucune mention précisant les circonstances de la commande (Eugène Fyot, 'Claude-François Attiret, Statuaire', La Revue de Bourgogne, 15 janvier 1923, XIIIe année, n° 1, p. 10). Nous supposons qu'elle survint au moment où, remarié à Dijon avec Denise Petit qui lui donnera sept enfants, Claude-François y acquiert la bienveillance et la considération de l'élite éclairée ; de nombreuses commandes, officielles et privées, lui sont dès lors confiées en Bourgogne et bientôt en Franche-Comté, principalement à Dole. Aussi est-il possible qu'Attiret ne soit pas alors resté indifférent au somptueux 'Portrait de Jean-Baptiste Pigalle', son maître et ami (pastel, Inv. 30.860 ; Geneviève Monnier, 'Musée du Louvre, Cabinet des Dessins, Pastels XVIIe et XVIIIe siècles', Paris, 1972, n° 103, repr.), exécuté en 1770 par Marie-Suzanne Roslin comme morceau de réception et présenté au Salon de 1771. Entre le sculpteur et le peintre Lenoir des liens de cordiale confraternité avaient pu se tisser au sein de l'Académie de Saint-Luc, à Paris : adjoint à Recteur lorsqu'en 1776 disparaît cette institution, Attiret y avait été reçu le 28 février 1760, Lenoir le 13 septembre de la même année ; tous deux y furent successivement adjoint à Professeur puis Professeur et participèrent aux expositions de l'hôtel d'Aligre en 1762, 1764 et 1774. Le coût du tableau dut aussi justifier le choix en faveur de Lenoir dont les prétentions financières, accordées à l'honorable talent, étaient évidemment moindres que celles de portraitistes plus brillants recherchés surtout à Paris. Avisé, Lenoir avait su, comme Attiret lui-même, se faire apprécier en province d'une clientèle cultivée et prospère ; à Orléans puis à Bordeaux. Agréé à l'Académie royale en 1779, il pourra prendre, avec le titre de peintre du roi, la direction de l'Ecole gratuite de Peinture de Besançon le 24 mars 1786 et jusqu'à fin 1789 : en remplacement du portraitiste suisse Jean-Melchior Wyrsch (1732 - 1798), rappelé dans son pays et sur la recommandation de Jean-Baptiste Pierre (1714 - 1789), puissant Premier peintre du roi, à l'Intendant de la province de Franche-Comté, Marc-Antoine Lefèvre de Caumartin-Saint-Ange (voir Auguste Castan, 'Musées de Besançon, Catalogue des Peintures, Dessins, Sculptures et Antiquités', 7e éd., Besançon, 1886, n° 327, p. 120-121 et n° 795, p. 218-219 ; voir également Auguste Castan, 'L'ancienne école de peinture et de sculpture de Besançon 1756 - 1791, histoire, notices, annales', Mémoires de la Société d'Emulation du Doubs, 6e série, III, Besançon, 1888 [1889], p. 49-266). Moins connu que ceux de l'acteur Lekain, interprète préféré de Voltaire (Paris, coll. de la Comédie-Française et musée Carnavalet), ce protrait d'Attiret, sensible et distingué, demeure l'une des belles réussites de Lenoir, portraitiste réputé surtout pour ses pastels. (Notice de Catherine Scheck extraite du catalogue de l'exposition 'Claude-François Attiret', Dole, 2005) ; voir aussi : Portrait du sculpteur Attiret (CA 698)
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts