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POP | Plateforme ouverte du patrimoineJeune Zephyr se balançant au-dessus de l'eau
Jeune Zephyr se balançant au-dessus de l'eau

Référence de la notice
01370003682
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
23 août 2006
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Sabine Marie-Anne ; Bardin Dominique
Crédits photographiques
© Jay
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
D 1982-12-P ; RF 2695 (Louvre)
Domaine
Dénomination
Titre
Jeune Zephyr se balançant au-dessus de l'eau
Précisions sur l'auteur
PRUD'HON : Cluny, 1758 ; Paris, 1823
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1814
Genèse
commande ; objet en rapport
Historique
Au Salon de 1814, [...] la réputation de Prud'hon était désormais établie. Le 'Jeune Zéphyr', tableau nouveau, reçut autant d'éloges que de reproches de la critique, parfois chez les mêmes auteurs, mais rencontra la faveur du public et surtout fit 'sensation parmi les artistes'. La séduction du tableau s'imposa à la postérité. En 1855, Delécluze, pourtant peu sensible à Prud'hon, y voit son chef-d'oeuvre et son entrée au Louvre fut vivement souhaitée par les amateurs, lors de la vente Sommariva fils de 1839, puis lorsqu'il se trouvait dans la fameuse collection Valpinçon. Paradoxalement, il ne devait y parvenir qu'après son double en grisaille, légué en 1914 avec la collection Schlichting, et le quitta cinquante ans plus tard, pour enrichir le musée de Dijon qui possédait jusqu'alors surtout des portraits d'hommes par l'artiste. [...] Une fois encore reconnue l'origine corrégienne du modelé lumineux , des passages fondus, on observera [...] ce que la composition doit, pour l'idée générale, à l''Amour vainqueur' du Caravage, que l'on pouvait voir en 1812 à Paris, avec la collection Giustiniani. Malgré la sveltesse du 'Zéphyr' de Prud'hon, son naturalisme a été relevé, non sans exagération, par Bürger (1860) : 'Drôle d'idée, pour un poète, d'avoir fait du Zéphire un gros garçon, réel et charnu. Pourvu que la branche n'aille point casser sous son poids...', et Ziem (éd. 1994) parle de 'ce Zéphyr colosse'... Ce n'est pas là pourtant l'impression dominante que laisse ce tableau : mais la plupart des commentateurs épiloguent sur le plus ou moins de pesanteur ou de tension que l'artiste, à tort ou à raison selon les points de vue, a donné à sa figure. En fait, Prud'hon dérange les catégories académiques en ce qu'il sait marier la grâce de l'idée mythologique, le vent d'Ouest Zéphyr, dont les ailes de papillon, seule couleur du tableau avec son écharpe de gaze d'un bleu plus clair, le reflet du pied dans l'eau, disent la légèreté, et la présence physique d'un corps souple d'adolescent. 'Quant aux reproches que l'on croit devoir me faire, de rendre la nature plus séduisante qu'on ne la suppose, je répondrai que, loin de l'embellir, tous les efforts de l'art ne peuvent atteindre aux charmes de cette belle nature', écrivait Prud'hon en 1822 (Clément, 1872, pp. 431-432). On peut ici encore confronter l'artiste à ses contemporains. Ce Zéphyr lumineux (ici encore, est-ce un nocturne ?) renvoie à celui qui, dans l''Endymion' de Girodet (1791, Louvre), écarte les feuillages pour livrer passage au rayon de lune. Et, sans doute en raison d'une commune référence à l''Amour vainqueur' du Caravage, il rappelle également le tableau de David, 'L'Amour et Psyché' (1817, Cleveland), dont un dessin remonte à 1813, et qui appartint également à Sommariva. Abondamment gravé au XIXe siècle, le 'Jeune Zéphyr' a notamment inspiré le poète anacréontique P.-J. René Denne-Baron. (Notice de Sylvain Laveissière, extraite de 'Prud'hon ou le rêve du bonheur', Paris, New York, 1997-1998) ; Sans doute le tableau commandé avant le 25 février 1813 par G.B. Sommariva voir aussi : Jeune Zephyr se balançant au-dessus de l'eau (4925) Etude, Jeune Zephyr se balançant au-dessus de l'eau (935) D'après ; en rapport avec : Prud'hon, Jeune Zéphyr..., Paris
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts